Au Laos, plus de 1,5 million d’enfants vont être vaccinés contre l’encéphalite japonaise grâce au soutien de Gavi

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Les premières doses de vaccin financées par Gavi permettront au Laos de mener à bien sa campagne de vaccination contre la maladie transmise par le moustique

Lao PDR to protect more than 1.5 million children from Japanese encephalitis

Un garçon reçoit le vaccin contre l’encéphalite japonaise sous le regard de la Directrice exécutive adjointe de Gavi, Anuradha Gupta et du Premier ministre adjoint du Laos S.E. le Dr Phankham Viphavanh
Crédit : Gavi/2015/Bart Verweij

Vientiane, 1er avril 2015 - Le Laos est devenu aujourd’hui le premier pays à bénéficier du soutien de Gavi, l’Alliance du Vaccin, pour protéger ses enfants contre l’encéphalite japonaise. Les premières doses de vaccin financées par Gavi ont été administrées aux enfants ce matin lors d’un événement qui s’est déroulé à Vientiane, la capitale du pays.

Le soutien de l’Alliance du vaccin permettra initialement au Laos de mener une campagne nationale de vaccination contre la maladie, qui est transmise par les moustiques et peut entraîner une invalidité grave voire la mort, en touchant plus de 1,5 million d’enfants âgés de un à quinze ans. À compter de 2016, le pays disposera de financements nationaux pour introduire le vaccin contre l’encéphalite japonaise dans son calendrier de vaccination systématique. Cela signifie que tous les enfants nés au Laos se verront administrer le vaccin dès l’âge de neuf mois en même temps que les autres vaccins recommandés.

Dans le cadre de cette campagne de vaccination contre l’encéphalite japonaise menée au Laos, l’Alliance du Vaccin fournit pour la première fois les fonds nécessaires pour permettre à un pays d’utiliser un vaccin fabriqué en Chine. Ceci a été rendu possible grâce à la décision prise par l’Organisation mondiale de la Santé de préqualifier le vaccin, qui a été mis au point par l’Institut des produits biologiques de Shanghaï (CDIBP) en 2013 – une première pour une firme chinoise.

Les premières doses du vaccin contre l’encéphalite japonaise financées par Gavi ont été administrées aujourd’hui à l’occasion d’un événement qui s’est déroulé à Vientiane, et auquel ont pris part S.E. le Dr Phankham Viphavanh, Vice-Premier ministre du Laos, Anuradha Gupta, Directrice exécutive adjointe de Gavi, le Dr Juliet Fleischl, représentante de l’OMS au Laos et Mme Hongwei Gao, représentante de l’UNICEF dans le pays.

« L’encéphalite japonaise a des répercussions terribles sur les victimes », a déclaré Anuradha Gupta. « Elle a en outre des conséquences dévastatrices sur les familles qui, livrées à elles-mêmes, voient souvent mourir leurs enfants ou devenir paralysés, et sont incapables de s’en occuper. Il est encourageant de voir que le Laos a mis en œuvre des mesures concrètes afin de protéger ses enfants des conséquences désastreuses de cette maladie, et je suis heureuse que Gavi soit à même d’offrir son soutien ».

L’encéphalite japonaise a des répercussions terribles sur les victimes ... Il est encourageant de voir que le Laos a mis en œuvre des mesures concrètes afin de protéger ses enfants des conséquences désastreuses de cette maladie  

Anuradha Gupta, Directrice exécutive adjointe de Gavi

Juliet Fleischl s’est félicitée de la décision du gouvernement du Laos d’introduire le vaccin contre l’encéphalite japonaise dans le pays. « Protéger les enfants du Laos contre cette maladie à prévention vaccinale pour laquelle aucun traitement spécifique n’est disponible constitue une nouvelle étape vers la réalisation de l’OMD 4 », a-t-elle déclaré. Le Dr Fleischl a par ailleurs rappelé que l’OMS travaillera en étroite collaboration avec le ministère de la Santé pour s’assurer que toutes les tranches de la population bénéficient de ces avantages tout en garantissant l’équité des services.

« L’UNICEF tient à remercier le Laos pour son engagement en faveur des enfants dans le cadre de cette campagne de vaccination à grande échelle », a pour sa part indiqué Mme Hongwei Gao, représentante de l’UNICEF dans le pays. « L’UNICEF est très heureux de prendre part à cet effort de collaboration en fournissant des services d’achat et d’appui technique pour la logistique et les vaccins qui protégeront les enfants vivant dans des zones isolées et difficilement accessibles ».

Selon l’OMS, la transmission de l’encéphalite japonaise est endémique dans 24 pays des régions de l’Asie du Sud-Est et du Pacifique occidental, ce qui représente près de trois milliards de personnes exposées au risque. Les enfants sont les plus vulnérables à l’encéphalite japonaise; la plupart des adultes sont naturellement immunisés après avoir été en contact avec l’infection pendant l’enfance.

Il n’existe aucun remède à l’encéphalite japonaise. La prise en charge s’attache à apporter un soutien aux patients pour les aider à surmonter l’infection.

Bien que la plupart des infections par le virus de l’encéphalite japonaise soient bénignes, dans environ 1 cas sur 250, elles entraînent une maladie grave se caractérisant par l’apparition brutale d’une forte fièvre, de céphalées, d’une raideur à la nuque, d’une désorientation, d’un coma, de convulsions, d’une paralysie spastique et de la mort (le taux de létalité pouvant atteindre 30 % des cas symptomatiques).

Un examen récent des données publiées a permis d’estimer à près de 70 000 le nombre de cas cliniques d’encéphalite japonaise chaque année dans le monde, avec quelque 20 000 décès.

Parmi ceux qui survivent, de 20 à 30 % gardent des problèmes intellectuels, comportementaux ou neurologiques permanents, comme une paralysie, des convulsions récurrentes ou l’incapacité de parler.

L’utilisation du vaccin contre l’encéphalite japonaise financé par Gavi marque une étape importante pour le CDIBP mais aussi un certain nombre de partenaires mondiaux œuvrant dans le domaine de la santé, dont Gavi, le Programme PATH et la Fondation Bill & Melinda Gates, dans le but de mettre au point un vaccin efficace et à coût abordable contre la maladie.

En 2005, à la suite d’une sévère épidémie d’encéphalite japonaise qui a tué près de 2 000 personnes en Inde et au Népal, le Programme PATH s’est attaché à évaluer le potentiel des vaccins contre la maladie qui étaient plus faciles à administrer et plus rentables que ceux qui étaient couramment utilisés. Leurs recherches ont révélé que le CDIBP avait déjà mis au point un vaccin sûr, efficace et à coût abordable qui avait été administré à près de 200 millions de personnes en Chine.

PATH a travaillé en collaboration avec le fabricant, l’OMS et les ministères de la Santé sur des essais cliniques qui viendront enrichir une collection de données évolutives permettant de documenter la sécurité et l’efficacité du vaccin. Un prix spécifique pour le secteur public de la santé a par ailleurs été négocié avec le CDIBP pour faire en sorte que les pays pauvres aient accès à des vaccins abordables.

Protéger les enfants du Laos contre cette maladie à prévention vaccinale pour laquelle aucun traitement spécifique n’est disponible constitue une nouvelle étape vers la réalisation de l’OMD 4 

Dr Juliet Fleischl, représentante de l’OMS au Laos

PATH a également aidé le CDIBP à obtenir la préqualification de l’OMS, une étape importante qui permettra aux pays en développement les plus exposés au risque d’avoir accès au vaccin. Le vaccin et le CDIBP ont été soumis à des inspections rigoureuses afin de veiller à ce qu’ils répondent aux normes internationales de qualité, de sécurité et d’efficacité. A cet effet, le CDIBP a bénéficié d’un soutien technique et financier comprenant le financement et la construction d’une nouvelle unité de fabrication dans le but d’assurer un approvisionnement de bonne qualité, approprié, stable et à coût abordable en vaccins.

« Depuis des années, PATH et ses partenaires préparent le terrain pour aider les pays à planifier l’introduction du vaccin contre l’encéphalite japonaise, et aujourd’hui son accès généralisé, en vue de protéger les enfants vulnérables contre cette maladie mortelle », a déclaré le Dr Kathleen Neuzil, directrice du programme mondial pour l’accès aux vaccins de PATH. « Ces efforts destinés à étendre l’utilisation du vaccin et à garantir un approvisionnement durable et de qualité ont permis de faire vacciner près de 221 millions d’enfants dans les régions endémiques. Désormais, grâce au soutien de Gavi, nous pourrons vacciner des millions d’enfants supplémentaires ».

L’an dernier, grâce au soutien de PATH et à un financement de la société Microsoft, le Laos a lancé une campagne de vaccination contre l’encéphalite japonaise dans deux nouvelles provinces avec pour objectif de faire vacciner 170 000 enfants en deux semaines.

Suite à la décision de l’OMS d’approuver l’utilisation généralisée du vaccin, Gavi a accordé des financements aux pays exposés à un risque d’encéphalite japonaise. Jusqu’à présent, deux pays (le Laos et le Cambodge) ont vu leurs demandes de soutien à l’introduction du vaccin contre l’encéphalite japonaise approuvées.

Le soutien de Gavi en faveur de la campagne de vaccination contre l’encéphalite japonaise menée au Laos signifie que l’Alliance du vaccin finance désormais les programmes de vaccination couvrant 15 antigènes. Depuis 2000, Gavi apporte son soutien aux pays les plus pauvres de la planète pour les aider à faire vacciner un demi-milliard d’enfants supplémentaires et ainsi sauver près de sept millions de vies.

Gavi est financée par des gouvernements (Australie, Brésil, Canada, Danemark, France, Allemagne, Inde, Irlande, Italie, Japon, Arabie Saoudite, Luxembourg, Pays-Bas, Norvège, République populaire de Chine, République de Corée, Russie, Afrique du Sud, Espagne, Qatar, Sultanat d’Oman, Suède, Royaume-Uni, Etats-Unis d’Amérique), la Commission européenne, le Fonds de l’OPEP pour le développement international (OFID), la Fondation Bill & Melinda Gates, Son Altesse Cheikh Bin Zayed Al Nahyan, ainsi que des partenaires privés et institutionnels (Absolute Return for Kids, Anglo American plc., la Fondation A&A, la Children’s Investment Fund Foundation, Comic Relief, la Fondation ELMA pour les vaccins et la vaccination, JP Morgan, le Comité koweitien de la jeunesse, la Fondation « la Caixa », LDS Charities, la Fondation Lions Clubs International, UPS et Vodafone.

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Toutes les 2 minutes

Une femme meurt toutes les deux minutes d’un cancer du col de l’utérus – ce qui représente 266 000 décès chaque année. Plus de 85% de ces décès surviennent dans des pays en développement. Si les tendances actuelles se maintiennent et si rien ne change en matière de prévention et de lutte, les décès par cancer du col de l’utérus pourraient dépasser les décès maternels. Les vaccins contre le VPH sont capables de prévenir près de 90% des cas de cancer du col de l’utérus.

OMS

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