Décisions du conseil d'administration : Systèmes de santé, stratégie d'achat, et projets pilotes de vaccination contre le paludisme

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Lors de son premier Conseil d’administration le Dr Ngozi Okonjo-Iweala a appelé d’autres bailleurs de fonds à s’engager comme Gavi en faveur des projets pilotes de vaccination contre le paludisme.

Genève, le 23 juin 2016 – Gavi, l’Alliance du Vaccin est prête à s’impliquer dans le financement des projets pilotes de vaccination contre le paludisme de l’OMS. La décision prise ce jour par le Conseil d’administration de Gavi prévoit un soutien de près de 27,5 millions de dollars US pour la première phase des projets pilotes, sous réserve que d’autres organisations s’engagent de manière similaire.

Les projets pilotes permettront de se faire une idée, en situation réelle, de la façon dont le vaccin antipaludique RTS,S développé par GSK pourrait être mis en œuvre en Afrique, étant donné que trois des quatre doses du vaccin seront administrées en dehors du calendrier vaccinal normal de l’enfant. Ces projets permettront également de mieux évaluer la capacité du vaccin à réduire la mortalité du paludisme, responsable actuellement de près de 440 000 décès annuels.

L’OMS finalise actuellement la conception des projets pilotes et sélectionnera trois sites en Afrique pour commencer la mise en place de la vaccination selon les recommandations conjointes du Groupe stratégique consultatif d’experts (SAGE) sur la vaccination et du Comité de pilotage de la politique de lutte antipaludique (MPAC).

« Gavi est prête à jouer pleinement son rôle et à aider à prendre toute la mesure des perspectives et aussi des défis que représente la mise en œuvre en situation réelle du tout premier vaccin contre le paludisme, » a déclaré le Dr Ngozi Okonjo-Iweala, Présidente du Conseil d’administration de Gavi. « Étant donné le lourd tribut que paie l’Afrique au paludisme, il est essentiel de comprendre l’impact que peut avoir ce vaccin au niveau de la population : c’est ce qu’ont si puissamment énoncé les Ministres de la santé africains représentés au Conseil d’administration, » a-t-elle ajouté. « Nous lançons un appel pour que d’autres viennent se joindre à nous avec des financements suffisants pour permettre de réaliser les projets pilotes. »

« D’après les éléments dont nous disposons aujourd’hui, un vaccin contre le paludisme pourrait réduire significativement la mortalité due au paludisme en Afrique, » a reconnu le Dr Seth Berkley, Directeur exécutif de Gavi. « Lors des essais de phase III, le vaccin RTS,S a montré une efficacité de 39% dans la prévention des cas cliniques de paludisme, mais pour pouvoir évaluer vraiment l’intérêt de ce vaccin dans la lutte contre le paludisme, en association avec les autres interventions disponibles, il est nécessaire de mesurer l’impact du vaccin en situation réelle. »

« Depuis des décennies, la recherche d’un vaccin contre le paludisme est le Saint-Graal de la médecine moderne » a ajouté le Dr Pedro Alonso, Directeur du Programme mondial de lutte antipaludique de l’OMS. « L’initiative de Gavi nous aidera à financer la mise en place de programmes pilotes avec une première génération de vaccin antipaludique qui pourrait permettre de sauver des dizaines de milliers de vies en Afrique. »

Gavi est prête à jouer pleinement son rôle et à aider à prendre toute la mesure des perspectives et aussi des défis que représente la mise en œuvre en situation réelle du tout premier vaccin contre le paludisme 

Dr Ngozi Okonjo-Iweala, Présidente du Conseil d’administration de Gavi

Le vaccin antipaludique RTS,S a obtenu en 2015 un avis favorable de l’Agence européenne des médicaments et devrait recevoir la préqualification de l’OMS avant le début des programmes pilotes. Associé aux moyens existants de prévention et de lutte antipaludique, le vaccin RTS,S a permis de prévenir 39% des cas de paludisme chez les enfants vaccinés avec quatre doses lors des essais effectués en Afrique. D’après les études de modélisation, le vaccin pourrait avoir un impact très important et permettre de sauver la vie d’un enfant chaque fois que l’on en vaccine 200.

Le Conseil d’administration a souligné qu’il était important de concevoir les projets pilotes sous forme de collaborations et qu’il fallait trouver d’autres donateurs pour compléter les besoins de financement. Le Conseil a également souligné que la décision d’aujourd’hui ne signifiait pas qu’il s’engageait à financer par la suite le vaccin antipaludique, ni d’autres programmes pilotes similaires pour d’autres vaccins, et qu’il était important de rendre compte régulièrement de l’avancement de ces essais.

La décision d’aujourd’hui concerne la première phase de l’étude pilote qui couvre la période de 2017 à 2020. Toute demande de financement pour la seconde phase des programmes pilotes devra être soumise à l’accord du Conseil d’administration de Gavi. Si les deux phases du programme pilote sont concluantes et si l’OMS recommande la mise en œuvre à grande échelle de la vaccination antipaludique, il conviendra de présenter une nouvelle demande de financement au Conseil d’administration de Gavi qui décidera de l’opportunité de financer de vastes campagnes de vaccination en Afrique.

Mise en œuvre de la stratégie 2016-2020 de l’Alliance du Vaccin

Le Conseil d’administration a également adopté deux éléments essentiels de l’approche de Gavi pour la mise en œuvre de la Stratégie 2016-2020 de l’Alliance.

Le premier élément concerne la Stratégie d’achat et d’approvisionnement, et permettra d’assurer la santé du marché des vaccins et des autres produits associés à la vaccination, au profit des pays bénéficiant de l’aide de Gavi et des pays qui transitionnent hors du soutien de Gavi. Cette stratégie se fonde sur l’expérience de Gavi et les succès de ces 15 dernières années, et notamment, au cours de la période stratégique 2011-2015, la réduction de 43% du coût de la vaccination complète d’un enfant avec les vaccins pentavalent, antipneumococcique et antirotavirus ; elle adopte une vision à long terme avec pour objectifs de façonner les marchés, de tirer parti de l’expertise d’un groupe de partenaires plus diversifiés et de nouer des contacts avec un ensemble plus large de producteurs.

Selon la Stratégie d’achat et d’approvisionnement, Gavi aura à jouer un rôle plus important dans l’innovation. En réunissant et en coordonnant les différents partenaires et notamment les producteurs de vaccin, les experts techniques et les programmes de partenariat pour le développement de produits, Gavi va créer une plateforme qui permettra de mettre en commun et de répondre aux besoins des pays, de définir les priorités dans l’innovation et d’informer les fabricants des décisions au niveau des investissements.

Deuxièmement, le Conseil d’administration a approuvé un nouveau mode d’encadrement du soutien financier de Gavi envers les pays. La structure du Soutien au renforcement des systèmes de santé et de vaccination (HSIS) permettra de s’assurer que les investissements de Gavi sont plus à même d’aider les pays à atteindre les enfants qui ne reçoivent toujours pas les vaccins essentiels. Le soutien de Gavi au renforcement des systèmes de santé et de vaccination s’inscrit dans l’engagement de l’Alliance du Vaccin envers les objectifs de développement durable et de couverture sanitaire universelle.

Ce nouveau cadre permet également de mieux aligner le soutien de Gavi sur les projets des différents pays et d’introduire une plus grande flexibilité leur permettant d’ajuster leurs programmes en fonction des nouvelles données. Ce cadre permet également d’associer de façon intégrée la planification et la budgétisation de tous les soutiens financiers, pour en améliorer l’efficacité et réduire les frais de transaction pour les pays.

 

Gavi est financée par des gouvernements [Afrique du Sud, Allemagne, Australie, Brésil, Canada, Danemark, Etats-Unis d’Amérique, Espagne, France, Inde, Irlande, Italie, Japon, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Qatar, République de Corée, République populaire de Chine, Royaume d’Arabie Saoudite, Royaume-Uni, Russie, Suède, et Sultanat d’Oman], la Commission européenne, la Fondation Alwaleed Philanthropies, le Fonds de l’OPEP pour le développement international (OFID), la Fondation Bill & Melinda Gates, Son Altesse Cheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan et Majid Al Futtaim, ainsi que des partenaires privés et institutionnels (Absolute Return for Kids, Anglo American plc., la Fondation A&A, la Fondation Children’s Investment Fund, Comic Relief, la Fondation ELMA pour les vaccins et la vaccination, la Fédération internationale des répartiteurs pharmaceutiques (IFPW), L’Alliance de la Jeunesse du Golfe, JP Morgan, la Fondation « la Caixa », LDS Charities, la Fondation Lions Clubs International, UPS et Vodafone).

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Rob Kelly

Rob Kelly
Gavi
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1 US$ = 18 US$

Selon une étude portant sur 73 pays soutenus par Gavi pendant la période 2011-2020 et publiée dans Health Affairs, chaque dollar investi dans la vaccination permet d’économiser 18 dollars sur les frais de santé et sur la perte de revenus et de productivité liée à la maladie. Si l’on considère les bénéfices supplémentaires que représentent l’allongement de l’espérance de vie et l’amélioration de la santé, le retour sur investissement passe à 48 dollars pour chaque dollar investi.

Ozawa S, Clark S, Portnoy A et al. Return on investment from childhood immunizations in low- and middle-income countries, 2011-20, Health Affairs 2016

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