Nouvelle étude : les vaccins permettent non seulement d'éviter les maladies, mais aussi de prévenir la pauvreté

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Une nouvelle étude montre que la vaccination dans les pays les plus pauvres du monde devrait permettre de sauver des millions de personnes de l'extrême pauvreté en éliminant l’une de ses principales causes : les dépenses de santé

Health Affairs study

Les vaccins devraient empêcher la paupérisation d’environ 24 millions de personnes d'ici à 2030.
Crédit: Gavi/2011/Christine McNab.

Genève, le 5 février 2018 – Selon l’étude publiée aujourd'hui dans le magazine Health Affairs, les vaccins devraient permettre non seulement de sauver des millions de vies, mais aussi d’empêcher la paupérisation de 24 millions de personnes vivant dans certains des pays les plus pauvres du monde d'ici à 2030.

L'étude publiée par une équipe de chercheurs de Harvard associée à de nombreux partenaires dont Gavi, l’Alliance du Vaccin, porte sur la modélisation de l'impact sanitaire et économique de la vaccination contre dix maladies dans 41 pays en développement. Selon cette étude, l’administration de ces vaccins entre 2016 et 2030 devrait permettre de prévenir 36 millions de décès.

« Les vaccins permettent de sauver des vies. Mais ce n’est pas tout. Ils ont aussi un impact économique énorme sur les familles, les communautés et l’économie des pays », a déclaré le Dr Seth Berkley, Directeur exécutif de Gavi, l’Alliance du Vaccin. « Les enfants en bonne santé ont plus de chances d'aller à l'école et de devenir par la suite des membres productifs de la société, et leurs familles n’ont pas à assumer de dépenses de santé, souvent rédhibitoires, entraînées par la maladie. Comme le montre cette importante étude, cela suffit pour sauver des millions de personnes des affres de l'extrême pauvreté. Pour que la réalité donne raison aux chiffres avancés, nous devons maintenant redoubler d'efforts afin que chaque enfant, quel que soit son lieu de naissance, ait accès aux vaccins vitaux. »

Les dépenses de santé imprévues font basculer chaque année environ 100 millions1 de personnes dans la pauvreté : les frais médicaux s’avèrent ainsi l’une des principales causes du passage des familles au-dessous du seuil de 1,90 dollar par jour, défini comme seuil de pauvreté par la Banque mondiale.

C’est pour l’hépatite B que l’impact de la vaccination sur la réduction de la pauvreté devrait être le plus important, en permettant à 14 millions de personnes d’éviter la paupérisation liée aux frais engendrés par la maladie. La vaccination contre la rougeole et contre la méningite A devrait également réduire considérablement la paupérisation, en évitant, selon les estimations, 5 millions de cas de pauvreté liés à la rougeole et 3 millions liés à la méningite A. La vaccination contre le rotavirus devrait par ailleurs permettre de prévenir 242 000 cas de pauvreté. Selon les projections, c’est le vaccin contre la rougeole qui devrait, et de loin, permettre de prévenir le plus grand nombre de décès, soit 22 des 36 millions de décès évitables par la vaccination dans les pays à revenu faible et intermédiaire entre 2016 et 2030.

D’après cette étude, plus d'un quart des décès évités grâce à la vaccination se situeraient dans les 20% les plus pauvres de la population. Les chercheurs ont donc conclu que l’introduction des vaccins dans les régions les plus pauvres permettrait d’obtenir le maximum d’impact sur la réduction du nombre de décès et du nombre de personnes contraintes à la pauvreté par les dépenses de santé. L'étude souligne qu’un investissement soutenu dans la vaccination pourrait contribuer largement à la réalisation des objectifs de développement durable et de la couverture sanitaire universelle.

Gavi soutient actuellement des programmes de vaccination dans les 41 pays inclus dans l'étude, soit au total une population de 1,52 milliard d'habitants. Les pays ont été sélectionnés sur la base des données disponibles des enquêtes démographiques et de santé. Les chercheurs ont formulé leurs conclusions après avoir estimé la répartition des décès évités par la vaccination pour chaque maladie et simulé le revenu mensuel des ménages pour chaque groupe de revenu.

Une autre étude, réalisée en 2016 par l'Université Johns Hopkins et également publiée dans Health Affairs avait déjà révélé que chaque dollar dépensé dans la vaccination permet d’économiser 16 dollars en frais de santé, perte de salaire et perte de productivité dus à la maladie. Compte tenu des avantages plus larges de l’allongement de la vie en bonne santé, le retour sur investissement passe à 44 dollars US par dollar dépensé.

L'étude a été menée par des chercheurs de la Harvard T.H. Chan School of Public Health avec la collaboration de chercheurs de l’Erasmus School of Economics, de l’Université de Washington, la London School of Hygiene and Tropical Medicine, la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, l’Imperial College de Londres, l’Institut de recherche en santé de Kaiser Permanente Washington, la Fondation Bill et Melinda Gates, et Gavi, l'Alliance du Vaccin. L'étude a été financée par la Fondation Bill & Melinda Gates.


1 Publiée à l'origine dans Health Affairs le 5 Février 2018 cette étude faisait référence de manière inexacte à "150 millions de personnes" basculant dans la pauvreté, plutôt qu’ à "100 millions". Ce communiqué de presse a donc été mis à jour le 7 février 2018.

 

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