Fin de l'épidémie de choléra au Soudan du Sud

L’épidémie, qui a duré 18 mois, a été déclarée officiellement terminée suite à la campagne de vaccination.

Administration du vaccin oral contre le choléra dans le cadre de la campagne de vaccination financée par Gavi au Soudan du Sud.
Crédit: OMS

Genève, le 7 février 2018 – Le ministère de la Santé du Soudan du Sud a annoncé aujourd'hui la fin de l’épidémie qui a frappé le pays, coûtant la vie à plus de 400 personnes.

Cette annonce fait suite à plusieurs campagnes de vaccination orale contre le choléra financées par Gavi et mises en œuvre au Soudan du Sud avec l’aide technique de l'Organisation mondiale de la Santé, du Programme alimentaire mondial, de MedAir et d'autres organismes. Ces campagnes ont permis de vacciner près d'un million de personnes en 2017.

« Cette bonne nouvelle, qui apporte la preuve de l’efficacité du vaccin, est un hommage à la bravoure et au travail acharné des vaccinateurs du Soudan du Sud, » a déclaré le Dr Seth Berkley, Directeur exécutif de Gavi, l’Alliance du Vaccin. « La campagne de vaccination de l'année dernière s’est trouvée confrontée à de nombreux obstacles – en matière de logistique et de sécurité - qui paraissaient insurmontables. Nous avons pourtant réussi à vacciner près d'un million de personnes dans un pays déchiré par les conflits, ce qui a permis de contenir la maladie. Nous pouvons, à juste titre, fêter ce succès, mais avec l’approche de la saison des pluies, alors que des centaines de milliers d'enfants n’ont toujours pas reçu les autres vaccins essentiels, ce n’est certainement pas le moment de relâcher nos efforts. »

L'épidémie a touché plus de 20 000 personnes et entraîné 436 décès entre la date de sa déclaration officielle, le 18 juin 2016, et le moment où le dernier malade a pu rentrer chez lui, le 18 décembre 2017. Depuis mars 2017, plus de 885 000 personnes exposées à un risque élevé de contracter le choléra ont été vaccinées, et près de 500 000 personnes ont reçu également une seconde dose de vaccin, plus tard dans l'année.

La campagne de vaccination faisait partie d'une approche intégrée incluant l’instauration d’une surveillance, la mise en place d’équipes d'intervention rapide chargées d’enquêter sur les cas de maladie et de riposter, l’approvisionnement en eau potable et la promotion des bonnes pratiques d'hygiène, ainsi que le traitement des patients atteints de choléra.

Avec 5,1 millions de personnes nécessitant une assistance médicale, le pays doit faire face à plusieurs urgences sanitaires complexes. Les conflits armés ont chassé de leur foyer près de 4 millions d’habitants. Près de 5 millions de personnes, soit plus de 40% de la population, souffrent d'insécurité alimentaire grave. Ces problèmes exercent des pressions énormes sur le système de santé du pays, alors que les infrastructures sanitaires ont besoin d’être encore renforcées.