Les ministres africains promettent d’améliorer l’accès aux vaccins

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La première Conférence sur la vaccination en Afrique jamais organisée, s'est achevée avec une déclaration signée qui promeut l'utilisation des vaccins sur le continent africain

Addis-Abeba, Éthiopie, 25 février 2016 – En Afrique, un enfant sur cinq n’a pas accès aux vaccins nécessaires, de  base et d’importance vitale. Cette situation a poussé les ministres africains de la Santé et les autres ministres concernés à prendre l’engagement de placer la vaccination en première ligne des efforts destinés à réduire la mortalité, la morbidité et les incapacités chez les enfants.

Les ministres africains réunis dans le cadre de la toute première Conférence ministérielle sur la vaccination en Afrique, qui s’est tenue les 24 et 25 février 2016 à Addis-Abeba (Éthiopie), ont signé une déclaration qui préconise l’utilisation des vaccins afin de protéger les personnes de tous âges contre les maladies évitables par la vaccination. La déclaration invite notamment les pays à résorber le déficit de la vaccination d’ici 2020. Organisée conjointement par les bureaux régionaux de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique (AFRO) et pour la Méditerranée orientale (EMRO) et la Commission de l’Union africaine (CUA), cette conférence est la toute première réunion ministérielle centrée exclusivement sur la nécessité de veiller à ce que tous les enfants du continent africain puissent avoir accès aux vaccins d’importance vitale.

Nos enfants représentent notre ressource la plus précieuse, et, pourtant, un enfant sur cinq ne reçoit pas tous les vaccins dont il a besoin pour survivre et grandir en bonne santé, et des millions d’entre eux sont vulnérables à des maladies évitables par la vaccination 

Dr Kesetebirhan Admasu, ministre éthiopien de la Santé

« Nos enfants représentent notre ressource la plus précieuse, et, pourtant, un enfant sur cinq ne reçoit pas tous les vaccins dont il a besoin pour survivre et grandir en bonne santé, et des millions d’entre eux sont vulnérables à des maladies évitables par la vaccination », a regretté le Dr Kesetebirhan Admasu, ministre éthiopien de la Santé. « Cette situation n’est pas acceptable. La vie des enfants africains compte. Nous devons œuvrer ensemble pour que les engagements pris à Addis-Abeba se traduisent en actes concrets. »

Un nouveau rapport publié au cours de la conférence dresse un tableau mitigé de l’accès aux vaccins, des systèmes de délivrance et de l’équité dans le domaine de la vaccination en Afrique. La couverture de la vaccination systématique a très nettement augmenté partout sur le continent depuis 2000 ; la mortalité rougeoleuse a régressé de 86 % entre 2000 et 2014, et l’introduction des nouveaux vaccins a enregistré un succès éclatant. En revanche, un enfant sur cinq n’a pas toujours pas reçu tous les vaccins les plus élémentaires dont il a besoin ; trois maladies critiques – rougeole, rubéole et tétanos néonatal – restent endémiques ; et de nombreux pays sont dotés de systèmes de santé fragiles qui laissent les programmes de santé vulnérables aux chocs.

La Déclaration d’Addis-Abeba sur la vaccination doit être présentée aux chefs d’État africains

En juin 2016, Son Excellence Hailemariam Desalegn, Premier ministre de l’Éthiopie, pays hôte de la conférence, présentera la Déclaration d’Addis-Abeba sur la vaccination aux chefs d’État africains réunis dans le cadre du 26e Sommet de l’Union africaine. Le soutien des chefs d’État amplifiera la dynamique dans les pays et permettra d’accélérer les efforts de mobilisation de ressources au profit des programmes nationaux de vaccination.

La Déclaration d’Addis-Abeba engage les pays non seulement à accroître les investissements financiers nationaux dans les vaccins convenus au titre de la vaccination systématique, mais aussi à introduire les nouveaux vaccins. En effet, il a été démontré que les avantages économiques de la vaccination surpassent largement les coûts encourus pour produire les vaccins. Au demeurant, des recherches récentes établissent que les avantages liés à la prévention de la maladie et de la perte de productivité sont 16 fois plus élevés que l’investissement consenti dans la production des vaccins.

« Nous convenons tous que les vaccins représentent l’une des solutions les plus rentables aux problèmes de santé dans le monde. L’investissement dans les programmes de vaccination permettra aux pays africains d’engranger un avantage économique considérable », a relevé le Dr Ngozi Okonjo-Iweala, présidente du Conseil de Gavi et ancienne ministre des Finances du Nigéria. « Si nous pouvons assurer l’accès aux vaccins d’importance vitale à tous les enfants africains, quel que soit leur lieu de naissance, nous aurons saisi une occasion en or de préparer un avenir plus prospère pour les communautés partout sur notre continent. »

Au moment où s’achève la conférence, la dynamique s’amplifie pour que les pays accordent la priorité à la vaccination

Nous convenons tous que les vaccins représentent l’une des solutions les plus rentables aux problèmes de santé dans le monde. L’investissement dans les programmes de vaccination permettra aux pays africains d’engranger un avantage économique considérable 

Dr Ngozi Okonjo-Iweala, présidente du Conseil de Gavi

La conférence ministérielle a réuni des centaines de responsables politiques, d’experts techniques et de défenseurs de la vaccination issus d’Afrique et du monde entier. Elle a offert aux décideurs politiques africains et autres parties prenantes une plateforme permettant : de célébrer les succès obtenus dans l’élargissement de la couverture vaccinale ; d’étudier les stratégies susceptibles de régler les problèmes rencontrés dans le domaine de la vaccination ; de renforcer l’appropriation nationale en vue du financement durable de la vaccination ; et de plaider pour que toutes les parties prenantes tiennent leur engagement à soutenir la demande de vaccination.

« La conférence ministérielle a atteint son objectif d’unir des responsables issus de toute l’Afrique autour de la nécessité d’atteindre chaque enfant pour lui administrer tous les vaccins dont il ou elle a besoin », a indiqué le Dr Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique. « Dès à présent, nous amplifierons la dynamique enclenchée à Addis-Abeba, nous devrons rendre compte de la suite donnée à nos engagements, et nous nous efforcerons de combler une fois pour toute le déficit de la vaccination. »

« Avec un savant dosage de volonté politique, de ressources financières et de savoir-faire technique, l’Afrique sera en position de réaliser un grand bond qualitatif en matière de couverture vaccinale », a souligné le Dr Ala Alwan, Directeur régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale. « Ce jour marque le point de départ d’un voyage qui nous conduira jusqu’à la ligne d’arrivée, celle-ci étant d’administrer à chaque enfant tous les vaccins dont il ou elle a besoin. »

 

>100 millions

Depuis 2011, les campagnes soutenues par Gavi ont permis de protéger plus de 98 millions de personnes dans 14 pays. Nous avons également aidé 17 pays à introduire le vaccin contre la fièvre jaune dans leur programme de vaccination systématique, et à vacciner ainsi plus de 100 millions d’enfants.

OMS/UNICEF et Gavi, l’Alliance du Vaccin, 2017

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