• Introduction

    A retenir du rapport de situation 2015 de l’Alliance du Vaccin

    Depuis 2011, une stratégie quinquennale a guidé la mission de Gavi pour sauver la vie des enfants et pour protéger la santé des populations en augmentant l'accès à la vaccination.

    Dans cette édition de notre rapport de situation, nous
    nous tournons vers la dernière année de la période
    2011-2015 pour faire le bilan des progrès de Gavi
    en matière d’objectifs: les succès et les défis.

     

    QUESTIONS-RÉPONSES AVEC LES DIRIGEANTS DE GAVI

    Seth Berkley, Directeur exécutif de Gavi et Ngozi Okonjo-Iweala, Présidente du Conseil d’administration, reviennent sur une période charnière qui a vu le plus de changements depuis la création de Gavi, et exposent ce que cela peut signifier pour la prochaine période stratégique.


    Dr Seth Berkley, Directeur exécutif

    Seth QandA

    Quelles sont, pour Gavi, les grandes leçons de sa stratégie 2011-2015 ?  

    Seth :  

    Cette dernière période a été consacrée en grande partie à la lutte contre les deux maladies les plus meurtrières chez les enfants, la pneumonie et la diarrhée. Entre 2011 et 2015, nous avons étendu l’utilisation des vaccins qui protègent contre chacune de ces maladies et dépassé notre objectif quant au nombre de lancements.

    Un ou plusieurs de ces vaccins - contre le pneumocoque, contre le rotavirus et le vaccin pentavalent - ont été ajoutés aux calendriers de vaccination systématique dans 14 pays de plus qu’initialement prévu. En 2015, l’Inde a achevé l’introduction du vaccin pentavalent, ce qui est particulièrement encourageant. Par ailleurs, l’accès à la vaccination systématique a été accéléré dans les pays bénéficiant du soutien de Gavi, essentiellement grâce à nos activités de façonnage du marché.

    Le prix moyen pondéré de la vaccination d’un enfant avec les trois vaccins, pentavalent, contre le pneumocoque et contre le rotavirus, a chuté de 43% depuis le début de la période stratégique. Il est possible maintenant de vacciner un enfant avec l’ensemble des vaccins universellement recommandés par l’OMS pour ce que coûtaient autrefois juste ces trois vaccins. C’est un progrès extraordinaire.

    Que peut-on en retenir au moment où nous passons de Gavi 3.0 à Gavi 4.0 ?  

    Seth : Nous avons bien réussi le lancement des vaccins, mais nous n’avons pas atteint la couverture que nous espérions. Cela tient en partie à des retards dans le démarrage, mais aussi à la difficulté d’atteindre les enfants dans les zones à haut risque. Trop d’enfants n’ont toujours pas accès à la vaccination. Cela ne veut pas dire que nous n’avons pas progressé ; la couverture vaccinale a atteint un record historique.

    Mais un enfant sur cinq n’est toujours pas vacciné ; pour atteindre cet enfant, nous devons vraiment axer nos efforts à la fois sur la couverture vaccinale et sur l’équité, notamment en continuant à miser sur les systèmes de santé qui constituent la base de la pyramide de santé primaire. C’est de cela qu’il s’agit pour Gavi 4.0.

    Qu’est-ce que cela implique pour l’avenir et pour les défis qui restent à relever ?  

    Seth : Ce que fait l’Alliance du Vaccin en aidant les pays à renforcer leurs programmes de vaccination, c’est essentiellement les aider à accroître leurs capacités. Il s’agit de permettre aux systèmes de santé de prendre en charge des vaccins plus complexes, comme le vaccin polio inactivé (VPI) et le vaccin contre la méningite, et de les aider à mieux faire face aux épidémies.

    Cette aide à la préparation et à la réponse aux urgences sanitaires prendra probablement une place croissante dans les activités de Gavi, étant donné que le changement climatique, la croissance démographique et la densification urbaine associés au problème croissant de la résistance aux médicaments modifient le comportement des maladies infectieuses et menacent notre capacité à les prévenir.

    Au cours de la période stratégique 2011-2015, la mobilisation contre les épidémies a été plus importante que prévu, notamment avec Ebola, mais aussi avec le choléra, la rougeole et la fièvre jaune. L’expérience des nouveaux mécanismes de financement utilisés par Gavi a été mise à profit pour innover avec les vaccins contre le virus Ebola. L’accroissement de la couverture vaccinale jouera également un rôle important dans la préparation aux épidémies en permettant de les prévenir et de s’assurer que les systèmes sont en place et à même de riposter rapidement.

    C’est pourquoi notre Conseil d’administration a adopté en 2015 une nouvelle stratégie de lutte contre la rougeole qui place le renforcement de la vaccination systématique au centre d’une approche plus globale visant à éliminer cette maladie hautement infectieuse. Face à la croissance des menaces mondiales pour la sécurité sanitaire, des systèmes solides et une couverture élevée en vaccination systématique deviendront encore plus indispensables.


    Ngozi Okonjo-Iweala, Présidente du Conseil d’administration de Gavi

    Ngozi QandA

    Quelle est l’importance de la volonté politique pour le succès à long terme de Gavi ?  

    Ngozi: Les enfants représentent les forces vives des pays ; c’est pourquoi la protection de leur santé doit être une priorité pour tous les gouvernements. Les ministres de la santé le savent déjà, mais à l’avenir, Gavi doit impliquer d’autres dirigeants politiques comme les ministres des finances, et les convaincre de faire de la prévention des maladies infantiles une priorité nationale.

    Pour assurer à la vaccination un financement durable, chaque budget national doit comporter une ligne budgétaire pour les vaccins. En tant qu’ancienne ministre des finances je sais que c’est possible si l’on démontre l’intérêt économique de la vaccination. Nous devons expliquer non seulement que les vaccins peuvent être abordables, mais qu’ils constituent un investissement qui, pour chaque dollar investi, rapporte immédiatement 16 dollars US en réduction de dépenses de santé.

    De cette façon, et en illustrant comment les vaccins peuvent aider les gouvernements à atteindre leurs objectifs économiques et leurs objectifs de développement, on peut réussir à faire inscrire la vaccination à l’ordre du jour de tous les pays.

    Quels sont les signes qui montrent que les pays sont en train de s’approprier leurs programmes de vaccination ?  

    Ngozi: Tous les pays veulent au fond pouvoir subvenir eux- mêmes à leurs besoins, et le modèle novateur proposé par Gavi est unique dans le sens où il leur offre précisément cette possibilité – c’est d’ailleurs une des raisons qui ont fait que je me suis engagée. En 2015, notre modèle opérationnel a prouvé sa raison d’être quand quatre pays ont pu progressivement se passer entièrement du soutien de Gavi.

    Avec près de vingt autres pays qui devraient suivre dans les cinq prochaines années, c’est une nouvelle page qui s’ouvre dans l’histoire de l’Alliance du Vaccin – et bon nombre de signes indiquent que les pays sont prêts à prendre en main leurs programmes de vaccination. Au cours des cinq dernières années, 14 pays ont assumé le financement d’au moins un de leurs programmes soutenus par Gavi. De plus, les pays participent davantage à leurs programmes de vaccination : le cofinancement à la fin de la période stratégique 2011-2015 était de 47% supérieur à ce qui avait été prévu en 2010.

    Que signifient ces changements à long terme pour le modèle de Gavi ?  

    Ngozi: Cela signifie que Gavi n’aura plus à intervenir dans de nombreux pays dans la mesure où ils prendront en main la gestion de leurs programmes de vaccination de façon durable. Cela permettra à Gavi de se concentrer sur les pays restants, encore très fragiles, ce qui représente un dé encore plus grand. A l’avenir, l’approche sera de plus en plus centrée sur les pays. L’introduction du cadre d’engagement pour les partenaires (PEF, pour Partners’ Engagement Framework) qui englobe nos partenaires principaux, dont l’OMS et l’UNICEF, permettra de mieux adapter notre soutien aux besoins particuliers de chaque pays grâce à une présence permanente dans les pays, financée par Gavi.


     

    Gavi, l’Alliance du Vaccin, est un partenariat international qui réunit les secteurs public et privé avec l’objectif commun de permettre un accès équitable aux vaccins pour tous les enfants.

     

    S’appuyant sur les forces de chacun de ses membres, Gavi regroupe la demande des pays, garantit un financement prévisible à long terme, et négocie les prix des vaccins afin que les générations d’enfants des pays en développement puissent bénéficier des vaccins fondamentaux.

    Nous avons défini quatre objectifs stratégiques pour mener à bien notre mission :

    • 1. DES ENFANTS EN BONNE SANTE

      L’objectif vaccination : Accélérer l’adoption et l’utilisation des vaccins nouveaux ou sous- utilisés en renforçant le processus décisionnel des pays et en facilitant leur introduction

    • 2. DES SYSTÈMES SAINS

      L’objectif systèmes de santé : Augmenter l’efficacité des services de vaccination en renforçant les systèmes de santé

    • 3. DES FINANCEMENTS SAINS POUR LA VACCINATION

      L’objectif financement : Accroître la prévisibilité des financements internationaux et améliorer la viabilité à long terme des financements nationaux pour la vaccination

    • 4. DES MARCHÉS SAINS

      L’objectif façonnage des marchés : Assurer la disponibilité des vaccins adéquats à un prix abordable pour les pays en développement

     

    Voir graphique plus en détail dans le rapport complet  

     
  • Notre Mission

    → En avance sur nos trois objectifs
    Gavi a dépassé les objectifs de mission pour la période 2011-2015

    Notre troisième période stratégique s’est achevée en décembre 2015. Nos résultats sont présentés pour chacun des trois objectifs de mission sous forme de graphique assortis d’une analyse.

    En détail dans la version complète →  

     
    INDICATEURS RELATIFS À NOTRE MISSION

    Réduction de la mortalité infantile

    Dans les pays soutenus par Gavi, la mortalité infantile moyenne est passée de 76 à 63 décès pour 1000 naissances viables entre 2010 et 2015, ce qui correspond à un taux de réduction sans précédent de 3,6% par an. L’accélération du nombre d’introductions de nouveaux vaccins au cours des dernières années ainsi que l’augmentation de la couverture pour les vaccins existants ont participé à la réduction substantielle des taux de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans.

    Taux de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans

    dans les pays éligibles au soutien de Gavi (pour 1 000 naissances viables)

    KPI  

    Sources : Groupe inter-agences des Nations Unies pour l’estimation de la mortalité infantile, Division de la population ; Perspectives de la population mondiale

    Décès futurs évités

    Entre début 2011 et n 2015, Gavi a aidé les pays à prévenir plus de 4 millions de décès futurs et a ainsi dépassé son objectif qui était de 3,9 millions de décès évités pour la période quinquennale. De plus, les campagnes de vaccination contre la rougeole menées entre 2013 et 2015 avec le soutien de Gavi ont sans doute permis d’empêcher plus de 300 000 décès dus à des maladies évitables par la vaccination. Depuis sa création en 2000, Gavi a ainsi contribué à éviter plus de 8 millions de décès dans les pays en développement.

    Nombre de décès évités

    (millions)

    KPI  

    Source : Modélisation effectuée conjointement par Gavi, l’Alliance du Vaccin et la Fondation Bill & Melinda Gates

    Enfants immunisés

    Fin 2015, 277 millions d’enfants supplémentaires avaient été vaccinés avec des vaccins financés avec l’aide de Gavi par rapport à fin 2010. Ce qui signifie que l’Alliance du Vaccin a dépassé son objectif de vacciner 243 millions d’enfants supplémentaires au cours de la période 2011-2015 pour l’ensemble de nos programmes de vaccination systématique. Depuis notre création en 2000, nous avons aidé les pays à vacciner près de 580 millions d’enfants.

    Nombre d’enfants vaccinés

    (millions)

    KPI  

    Source : OMS/UNICEF, Estimations nationales de la couverture vaccinale, Division de la population de l’ONU ; Perspectives de la population mondiale

  • L'OBJECTIF VACCINS

    → Gavi dépasse ses objectifs d’introduction de vaccins pour 2015

     

    Nous avons achevé la période 2011-2015 en dépassant nos objectifs quant au nombre d’introductions nationales des vaccins pentavalent, contre le pneumocoque et contre le rotavirus. Néanmoins, les taux de couverture de ces trois vaccins demeurent en-dessous de nos objectifs. Ce retard devrait être rattrapé au cours des prochaines années, les pays en développement les plus peuplés ayant prévu d’introduire le vaccin contre le pneumocoque, le vaccin contre le rotavirus ou les deux. Il est encourageant de constater que l’Inde, qui comptabilise près d’un tiers de la cohorte des naissances de Gavi, a achevé l’introduction du vaccin pentavalent dans tout le pays en 2015.

    En soutenant plus de 200 introductions de vaccins en cinq ans, nous avons aidé les pays à renforcer leur capacité à administrer davantage de vaccins. Gavi fournit un soutien à pratiquement tous les vaccins universellement recommandés par l’OMS dans les deux premières années de vie, ainsi que le vaccin VPH qui s’administre à l’adolescence.

    Au début de la période stratégique, nous financions en moyenne un programme de vaccination dans chacun des pays soutenus par Gavi ; cinq ans plus tard, ce chiffre a pratiquement quadruplé.

    En 2015, Gavi a également tiré les leçons de l’introduction de deux vaccins essentiels : le vaccin contre le virus du papillome humain (VPH) et le vaccin rougeole-rubéole. Notre nouvelle stratégie contre la rougeole et la rubéole relance la lutte contre ces deux maladies infectieuses en renforçant notamment la couverture vaccinale de routine. Maintenant que nous abordons la nouvelle période stratégique, nous allons non seulement soutenir l’introduction de ces vaccins mais aussi faire en sorte qu’ils soient ancrés solidement dans des systèmes nationaux de vaccination renforcés.

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    LANCEMENT DE VACCINS ET NOUVELLES CAMPAGNES DE VACCINATION SOUTENUS PAR GAVI EN 2015

    Source : Gavi, l’Alliance du Vaccin, 2016 ; Nations Unies, Division de la Population, Département des affaires économiques et sociales, Perspectives de la population mondiale

    Indicateurs relatifs à la vaccination

    Le vaccin contre le pneumocoque

    Les pays continuent à reconnaître l’importance du vaccin contre le pneumocoque dans la prévention de l’une des maladies les plus meurtrières chez les enfants – la pneumonie. En 2015, huit nouveaux pays ont introduit le vaccin dans leur programme de vaccination systématique, portant à 51 le nombre total de pays ayant introduit le vaccin au cours de la période stratégique 2011- 2015, ce qui est bien au-dessus de l’objectif de 45. Au total, 54 pays ont bénéficié de notre aide pour introduire le vaccin contre le pneumocoque depuis qu’il fait partie de notre portefeuille. Parmi les pays qui l’ont introduit en 2015 gurent le Bangladesh, qui a introduit simultanément le vaccin polio inactivé, et le Népal qui a poursuivi l’introduction du vaccin même après le tremblement de terre dévastateur dont il a été victime.

    L’OMS estime qu’à ce jour 76 millions d’enfants ont été protégés contre les infections à pneumocoque avec le soutien de Gavi. Seuls 15 des pays éligibles au financement de Gavi doivent encore faire la demande d’aide pour l’introduction du vaccin contre le pneumocoque.

    Tout aussi encourageant que les introductions réussies du vaccin pentavalent, l'adoption du vaccin contre le pneumocoque par 8 pays en 2015 ont fait passer son taux de couverture à 35% 2015 – mais il manque toujours cinq points de pourcentage pour atteindre l’objectif quinquennal.

    Néanmoins, dans certains pays qui ont introduit les deux vaccins, pentavalent et antipneumococcique, les taux de couverture pour les trois doses de vaccin contre le pneumocoque restent inférieurs à ceux des trois doses de vaccin pentavalent – bien qu’ils aient le même calendrier. Cela se traduit par l’échec de Gavi à atteindre ses objectifs en matière de couverture vaccinale pour la période 2011-2015, échec que l’on peut attribuer à des problèmes d’approvisionnement dans les premières années du programme et au retard pris dans l’introduction du vaccin dans des pays à forte population comme le Bangladesh et le Nigéria.

    Notre nouvelle mission 2016-2020 étant axée sur l’augmentation de la couverture vaccinale et de l’équité, les partenaires de l’Alliance du Vaccin s’activent pour arriver à maintenir et augmenter durablement les taux de couverture vaccinale pour le pneumocoque. Ils s’efforcent notamment de maintenir la stabilité de l’approvisionnement en vaccin, d’offrir un soutien adapté à ceux qui doivent encore l’introduire, et de faire en sorte que les programmes, une fois en place, soient durablement viables.

    Il est encourageant de constater que le Conseil d’administration de Gavi a approuvé la nouvelle stratégie pour l’Inde, qui alloue des financements dans le but de promouvoir l’introduction du vaccin contre le pneumocoque dans l’ensemble du pays.

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    Nombre de pays ayant introduit le vaccin

    Vaccin contre le pneumocoque

    KPI  

    Source : Gavi, l’Alliance du Vaccin, 2016

    Coverage (%)

    Vaccin contre le pneumocoque, 3e dose

    KPI  

    Source : OMS/UNICEF : Estimations nationales de la couverture vaccinale, 2016

    Le vaccin pentavalent

    L’année 2015 a été le témoin de progrès appréciables par rapport à notre objectif de couverture vaccinale avec le vaccin pentavalent. Avec son introduction par l’Uttar Pradesh, le vaccin cinq-en-un était en place dans tous les états indiens en décembre. Nous avons toutefois manqué de 9% notre objectif de couverture vaccinale de 77%, mais la mise en place du vaccin en Inde – pays dont la cohorte de naissance est la plus importante au monde avec 26 millions de nouveau-nés chaque année – devrait faire sensiblement augmenter les taux de couverture d’ici la fin de l’année 2016.

    Dès la fin de l’année 2014, soit 12 mois plus tôt que prévu, et 15 ans après la décision d’assurer à tous les pays en développement l’accès aux vaccins DTC, Hib et hépatite B, l’Alliance a atteint son objectif d’introduire le vaccin pentavalent dans la totalité des 73 pays soutenus par Gavi.

    L’infection par l’hépatite B est responsable de maladies aiguës ou chroniques comme le cancer du foie et la cirrhose qui causent des centaines de milliers de décès chaque année, tandis que la bactérie Hib provoque des méningites, des pneumonies et des septicémies.

    La réussite exemplaire du vaccin pentavalent illustre l’efficacité de notre modèle de partenariat public-privé. Alors que l’OMS et l’UNICEF aident les pays à décider de façon éclairée quand et comment introduire le vaccin, la Division des approvisionnements de l’UNICEF s’attache à répondre à la demande annuelle de 200 millions de doses. Avec l’augmentation du nombre de fournisseurs, qui est passé d’un seul en 2000 à sept en 2016, la capacité de production a été multipliée par 10, et le prix moyen pondéré du vaccin pentavalent a chuté de 44% durant la période stratégique en cours.

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    Nombre de pays ayant introduit le vaccin

    Vaccin pentavalent

    KPI  

    Source : Gavi, l’Alliance du Vaccin, 2016

    Coverage (%)

    Vaccin pentavalent, 3e dose

    KPI  

    Source : OMS/UNICEF : Estimations nationales de la couverture vaccinale, 2016

    Le vaccin contre le rotavirus

    L’introduction du vaccin contre le rotavirus dans trois nouveaux pays a permis de dépasser notre objectif 2011-2015 de 33 introductions, avec une marge confortable de quatre. Néanmoins, l’Alliance du Vaccin a achevé sa période stratégique avec un retard de 11 points de pourcentage sur ses objectifs de couverture vaccinale annuelle, essentiellement du fait de problèmes d’approvisionnement qui se sont produits jusqu’en 2014.

    L’année 2015 a vu peu de nouvelles demandes de soutien pour le vaccin rotavirus. Cela s’explique par différents facteurs comme le fait que certains pays n’étaient pas éligibles au soutien de Gavi (leur taux de couverture vaccinale DTC3 étant trop faible ou le pays étant en phase de transition vers l’auto financement) ou qu’ils ont donné la priorité à d’autres vaccins.

    Mais l’introduction du vaccin prévue dans plusieurs pays très peuplés devrait améliorer les taux de couverture à partir de 2018. La République démocratique du Congo, l’Inde, le Nigéria et le Pakistan qui à eux quatre comptabilisent près de la moitié des naissances dans les pays soutenus par Gavi, devraient tous introduire le vaccin contre le rotavirus. L’année 2015 a bien démarré avec l’introduction du vaccin au Tadjikistan dans les délais prévus. En 2014, l’introduction avait été retardée dans plusieurs pays, leurs systèmes de vaccination n’étant pas suffisamment équipés ou préparés.

    Gavi recommande aux pays d’intégrer cette vaccination aux autres interventions efficaces en termes de coûts contre la diarrhée, comme l’allaitement au sein, une bonne nutrition, le lavage des mains au savon, l’accès à l’eau potable et à l’assainissement et le recours aux sels de réhydratation orale, aux antibiotiques et à la supplémentation en zinc.

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    Nombre de pays ayant introduit le vaccin

    Vaccin contre le rotavirus

    KPI  

    Source : Gavi, l’Alliance du Vaccin, 2016

    Coverage (%)

    Vaccin contre le rotavirus, 3e dose

    KPI  

    Source : OMS/UNICEF : Estimations nationales de la couverture vaccinale, 2016

    TANZANIE :
    LA COUVERTURE VACCINALE À LA CROISÉE DES CHEMINS

    Questions-réponses avec Dre Dafrossa Cyrily Lyimo
    Gé̀rante du Programme de vaccination et de développement des vaccins de Tanzanie

     

    Dre Dafrossa Cyrily Lyimo gère le Programme de vaccination et de développement des vaccins de Tanzanie depuis 2009. Elle a débuté sa carrière il y a près de 30 ans comme médecin généraliste dans un hôpital municipal avant de s’orienter vers la gestion des services de santé. Nous avons parlé avec Dre Dafrossa de la situation en matière de vaccination dans son pays et de sa vision de l’avenir.  

    Gavi: Quelle est la situation en matière de couverture vaccinale en Tanzanie ?  

    Dre Dafrossa Cyrily Lyimo (DCL): Elle est bonne en général. En 2015, nous avions une couverture de 98% avec la troisième dose de vaccin pentavalent. La couverture avec ce vaccin a augmenté dans tous les districts.

    Quel a été le tournant décisif pour le programme national de vaccination ?  

    DCL: C’était en 2001-2002, au moment où la Tanzanie a obtenu le soutien de Gavi, et où notre gouvernement a augmenté son cofinancement.

    Quels sont vos succès les plus remarquables ?  

    DCL: L’introduction simultanée des vaccins contre le pneumocoque et contre le rotavirus en 2013, l’amélioration de la couverture vaccinale systématique et l’obtention de la certification de l’élimination de la poliomyélite en Tanzanie par le Comité régional africain de certification. Et en 2012, nous avons rejoint les pays ayant éliminé le tétanos néonatal.

    Quels sont les plus grands obstacles ?  

    DCL: La Tanzanie est un pays immense, aussi le plus difficile est d’arriver à trouver un équilibre entre assurer la viabilité durable des programmes de vaccination et atteindre un maximum d’enfants. Le fait que notre pays comporte un certain nombre de zones difficiles à atteindre, avec des populations nomades, ne nous aide pas. Nous avons également dû faire face à des problèmes de transport pour distribuer les vaccins et le matériel, à un manque de ressources humaines et à des barrières sectorielles. De ce fait, la couverture vaccinale est faible et uctuante dans certains districts. Le manque de nancement pour mettre en place le nécessaire ne nous facilite pas la tâche.

    Vous êtes arrivés à obtenir une couverture vaccinale élevée sur le plan national ; à votre avis, cela tient à quoi ?  

    DCL: Je dirais que c’est grâce à la volonté du gouvernement et à l’engagement de partenaires tels que Gavi, l’OMS, l’UNICEF, l’Initiative Clinton pour l’accès à la santé et le Programme de survie maternelle et infantile. Ce qui a également contribué au succès, c’est le fait que le programme ait eu une direction forte au niveau national et infranational, et que nous disposions d’une stratégie très claire, d’une planification minutieuse ainsi que d’une chaîne du froid et d'une infrastructure satisfaisantes.

    Dans quelle mesure l’important soutien politique, et en particulier l’implication personnelle de l’ancien président Kikwete, ont-ils joué un rôle dans la réussite de la vaccination en Tanzanie ?  

    DCL: L’ancien président Kikwete a joué un rôle essentiel à plusieurs niveaux. Il a accueilli la cérémonie d’ouverture du Forum des partenaires de Gavi en 2012. Il a engagé son gouvernement à se procurer les vaccins classiques et à cofinancer les vaccins de Gavi, et il a lancé le One Plan for Reproductive and Child Services (Plan unique pour les services de santé reproductive et infantile) qui a permis d’améliorer la santé maternelle et infantile. Sous sa direction, la Tanzanie est arrivée à réduire la mortalité infantile, en grande partie grâce à la vaccination.

     

    Alors que la couverture vaccinale nationale est élevée, certaines communautés comme les tribus Massaï sont difficiles à atteindre. Comment la Tanzanie s’y prend-elle pour régler ce problème ?  

    DCL: Nous cherchons à comprendre la culture des nomades pour être sûrs de les atteindre et pouvoir leur proposer des services de vaccination. Il convient pour cela de développer une stratégie efficace, de diffuser des messages adaptés et d’organiser régulièrement des réunions de santé primaire.

    Comment est-ce que Gavi peut aider la Tanzanie à s’assurer que chaque enfant soit vacciné, quel que soit l’endroit où il vit ?  

    DCL: Gavi peut nous aider à recueillir les données nécessaires et à accéder aux communautés difficiles à atteindre. Gavi peut également nous aider à relier les données des registres d’état civil et de vaccination et à trouver des solutions innovantes pour établir une identification unique et cartographier les mouvements de notre population nomade.

    Comment voyez-vous la situation de la Tanzanie dans cinq ans, en ce qui concerne la couverture vaccinale et l’équité ?  

    DCL: J’espère que nous aurons réussi à pérenniser notre niveau national élevé de couverture vaccinale tout en améliorant nos performances chez les populations difficiles à atteindre et dans les districts dont les résultats sont moins bons. Nous espérons tout particulièrement atteindre l’objectif mondial d’élimination de la rougeole et de la rubéole et contribuer à créer un monde exempt de poliomyélite.

    Pourquoi faites-vous tout cela ?  

    DCL: Tout d’abord et avant tout, j’aime les enfants. Je suis moi-même maman de quatre enfants. Au début des années 1960, mes parents ont fait tout leur possible pour que je sois vaccinée. Je voudrais que tous les enfants nés en Tanzanie puissent bénéficier de la même protection. Et à l’époque où je travaillais comme médecin dans un service de pédiatrie, tous les jours des enfants mouraient de maladies évitables par la vaccination, par exemple de diarrhée, de pneumonie, de diphtérie, de rougeole et de tétanos. Il y avait des vaccins, mais le problème était d’y avoir accès. Maintenant que j’ai l’occasion d’agir, je veux faire tout ce que je peux pour que les enfants puissent bénéficier de vaccins efficaces et des différents services de prévention.

  • L’objectif systèmes de santé

    → La stratégie 2016-2020 est davantage centrée sur les pays
    La nouvelle approche a pour objectif d’améliorer l’accès à la vaccination et de le rendre plus équitable, en donnant la priorité aux pays qui ont à affronter les plus grands défis

    → L’orientation stratégique sur le renforcement des chaînes d’approvisionnement donne déjà des résultats
    Gavi met en place des plateformes pour l’équipement de la chaîne du froid et finance la formation de gestionnaires de la chaîne d’approvisionnement

    → Taux de couverture vaccinale : stagnation des progrès
    Même si la couverture par le vaccin DTC3 a augmenté de trois points de pourcentage entre 2011 et 2015, nous n’avons pas atteint notre objectif global

     

    Gavi et ses partenaires ont fait des progrès notables dans le domaine de l’accès aux vaccinations de routine dans de nombreux pays en développement, y compris ceux où les conditions sont particulièrement difficiles. Depuis 2010, la couverture vaccinale de base dans les pays soutenus par Gavi est passée de 78% à 81% malgré une augmentation importante de la population.

    Ce niveau d’accès sans précédent signifie que le nombre d’enfants vaccinés est plus important que jamais. Rien qu’en 2015, plus de 65 millions d’enfants ont été vaccinés avec l’aide de Gavi.

    Mais comme les zones où il reste des enfants non vaccinés sont les plus difficiles à atteindre, la progression de la couverture a ralenti au cours de la période 2011-2015, et nous n’avons pas réussi à atteindre nos objectifs quinquennaux en matière d’amélioration de la couverture vaccinale et d’équité.

    Dans les pays soutenus par Gavi, près d’un enfant sur cinq ne reçoit toujours pas la totalité des doses des vaccins essentiels.

    Une approche « standard » ne permettra pas d’atteindre ces enfants. En 2015, nous avons commencé à jeter les bases d’un nouvel axe stratégique visant à améliorer la couverture vaccinale et l’équité. Un nouveau modèle de soutien au renforcement des systèmes de santé et de vaccination, qui sera appliqué à partir de 2016, orientera les investissements vers les segments qui en ont le plus besoin – les communautés et les populations les plus pauvres et les plus difficiles à atteindre.

    Plus d'informations sur l'objectif systèmes de santé →  

    Le soutien de Gavi au renforcement des systèmes de santé : principaux domaines d’intervention

     
    65 millions
    D’ENFANTS IMMUNISÉS AVEC DES VACCINS SOUTENUS PAR GAVI EN 2015
    PRÈS D’UN ENFANT SUR CINQ N’A PAS REÇU LA TOTALITÉ DES VACCINS ESSENTIELS  
    Indicateurs relatifs aux systèmes de santé

    Couverture par le DTC3(%)

    Le taux de couverture avec trois doses de vaccin contenant les valences diphtérie-tétanos-coqueluche (DTC3) est un indicateur standard qui permet d’évaluer la solidité des programmes nationaux de vaccination. En 2015, la couverture vaccinale avec les vaccins DTC3 – parmi lesquels le vaccin pentavalent – a atteint 81% dans les pays soutenus par Gavi. Alors que nous n’avons pas atteint notre objectif de 84% de couverture vaccinale dans les 73 pays, notre stratégie 2016-2020 sera axée sur l’amélioration de la couverture vaccinale que nous chercherons à rendre plus équitable.

    KPI  

    Source : OMS/UNICEF : Estimations nationales de la couverture vaccinale, 2016

    ÉQUITÉ EN MATIÈRE DE COUVERTURE VACCINALE (%)

    La comparaison de la couverture du DTC3 des 20% les plus pauvres de la population des pays soutenus par Gavi par rapport à celle des 20% les plus riches permet d’évaluer dans quelle mesure la pauvreté joue un rôle dans l’accès à la vaccination. Le pourcentage de pays atteignant le seuil minimum d’équité, qui était de 51% en 2010, est de 57% en 2014.

    KPI  

    Source : Enquêtes DHS et MICS ; autres enquêtes utilisant des méthodes comparables quand aucune enquête DHS ou MICS n’a été réalisée

    ÉCART ENTRE DTC1 ET DTC3 (%)

    Le pourcentage d’enfants qui reçoivent la première dose de vaccin contenant le DTC, mais pas la troisième, reflète le nombre d’enfants qui n’ont pas reçu la série complète de vaccins. En 2015, la différence de couverture entre DTC1 et DTC3 dans les pays soutenus par Gavi a été ramenée à 6 points de pourcentage, ce qui correspond à notre objectif pour 2015, et montre que la capacité des pays à administrer la série complète de vaccins s’améliore.

    KPI  

    Source : OMS/UNICEF : Estimations nationales de la couverture vaccinale, 2016

    COUVERTURE AVEC LA PREMIÈRE DOSE DE VACCIN CONTRE LA ROUGEOLE (%)

    Les enfants sont généralement vaccinés contre la rougeole à l’âge de 9 mois – après le DTC3 mais avant l’âge d’un an. La couverture avec la première dose de vaccin contre la rougeole, que Gavi ne finance pas actuellement, permet donc d’évaluer la capacité des services de santé à vacciner les enfants au-delà des premiers mois de vie. Alors que la couverture pour le DTC3 a augmenté ces dernières années, la couverture pour la première dose de vaccin contre la rougeole administrée en routine a stagné à 78%. Gavi n’a pas déterminé d’objectif de couverture vaccinale pour le vaccin contre la rougeole.

    KPI  

    Source : OMS/UNICEF : Estimations nationales de la couverture vaccinale, 2016

    YÉMEN :
    FONCTIONNER
    DANS L’ADVERSITÉ

    Dr Osama Mere
    Représentant intérimaire de l’OMS au Yémen

     

    Le Dr Osama Mere, né à Damas, a obtenu son diplôme de l’école de médecine de l’université de Damas en 1990. Pendant cinq ans, il a été à la tête de la Santé infantile et responsable national du Programme élargi de vaccination (PEV) en Syrie. En 2015, il a été nommé représentant intérimaire de l’OMS au Yémen. Nous avons parlé avec lui de la façon dont Gavi a adapté son soutien au renforcement des systèmes de santé (RSS) pour que la vaccination puisse avoir lieu malgré le con it en cours au Yémen.  

    Gavi: Quels sont les principaux obstacles à la vaccination dans une zone de conflit comme le Yémen, Dr Mere ?  

    Dr Osama Mere (OM): Le principal problème, c’est de faire entrer les vaccins dans le pays. La liaison aérienne des Nations Unies via Djibouti est la seule possibilité, mais elle nécessite l’accord de la Coalition arabe. Heureusement, ils laissent passer les vaccins.

    Une fois les vaccins parvenus au Yémen, le défi est de les distribuer à travers le pays. Dans trois ou quatre districts, c’est très difficile à cause du conflit en cours. Mais malgré tout, on réussit à faire arriver le vaccin dans des endroits comme la ville de Taiz qui est pratiquement sous siège.

    Quel soutien recevez-vous de l’Alliance du Vaccin au Yémen ?  

    OM: Gavi nous aide à vaincre le principal obstacle, le coût des vaccins. En 2015, le problème était que le gouvernement n’avait pas d’argent. Le prix du transport des vaccins jusqu’aux enfants qui en ont besoin, c’est-à-dire le transport lui-même plus les salaires, a également augmenté. Gavi nous a aidés à couvrir ces frais.

    Comment le soutien au RSS a-t-il été adapté pour faire face aux problèmes particuliers rencontrés au Yémen ?  

    OM: Sans le RSS, il aurait été très difficile de faire face à la situation. C’est le seul financement dont nous disposions. Gavi a été extrêmement exible. Ils ont admis qu’il nous fallait agir, faire un travail de proximité et distribuer les vaccins.

    Pourriez-vous décrire comment le soutien de Gavi est actuellement utilisé au Yémen et quels sont les résultats ?  

    OM: En 2015, nous avons obtenu une couverture vaccinale de 67% pour le DTC3, avec des activités de proximité financées essentiellement par Gavi, notre principale source de financement. Au lieu des quatre tournées habituelles, on en a fait cinq. Ces activités de proximité ont été menées comme des campagnes. On a loué un millier de voitures et on les a envoyées sur le terrain pendant cinq jours avec des personnes qualifiées, grâce aux fonds de Gavi.

    Dans chaque tournée de terrain, en travaillant de huit heures du matin à cinq heures du soir, on a pu effectuer 6 000 vaccinations, voire plus, en couvrant les villages les plus reculés et en allant dans des endroits où il n’y avait même pas l’électricité, ce qui nous a obligés à utiliser des générateurs et l’énergie solaire. Voilà, avec cinq tournées sur le terrain on a fait 30 000 vaccinations. Un grand succès malgré tout.

    Nos collaborateurs ont aussi pu prodiguer des conseils sur la nutrition, les maladies infantiles et la santé reproductive.

     

    Pourriez-vous préciser les approches innovantes que vous avez utilisées au Yémen pour atteindre les communautés vivant près des lignes de front ?  

    OM: Le Groupe de travail du Programme élargi de vaccination (PEV), principal responsable des activités de vaccination durant la crise, a suivi de très près les zones qui avaient besoin d’une attention particulière. Ils ont approché les autorités et les communautés locales, qui ont été très efficaces pour accroître l’accessibilité.

    Quelle est l’importance du soutien politique pour le succès de la vaccination au Yémen ?  

    OM: Toutes les autorités des deux camps ont été très coopératives. Le vice-ministre de facto a participé à la plupart des réunions hebdomadaires du Groupe de travail du PEV aux côtés des représentants de l’OMS et de l’UNICEF. Le pays tout entier s’est efforcé de faciliter la tâche des services de vaccination. Mais il faut reconnaître que cela n’a pas été assorti du moindre financement pour les vaccins. Pour cela, on a dû s’appuyer sur Gavi et sur l’Organisation des Nations Unies.

    A quels obstacles votre organisation est-elle encore confrontée quand il s’agit de maintenir et augmenter la couverture vaccinale au Yémen ?  

    OM: Ce qu’il faut faire, c’est revitaliser les centres de santé, et en particulier les départements de vaccination. Nous devons maintenir la qualité des services de vaccination en formant du nouveau personnel – formation de base et gestion efficace des vaccins – et nous assurer qu’ils bénéficient d’une supervision. Il nous faut également garantir l’approvisionnement en vaccins et leur distribution correcte et appropriée dans le pays.

    Mais le principal, c’est de bien respecter les cinq tournées de terrain chaque année, en partant de microplans très précis.

    Quelles sont les forces du modèle de Gavi et comment ce modèle a-t-il aidé l’Alliance du Vaccin à travailler au Yémen ?  

    OM: Le plus important, c’est que les fonds soient disponibles localement pour le Ministre de la santé du Yémen et qu’on puisse s’en servir avec une certaine souplesse. Cela dépend donc de la flexibilité de Gavi, qui est très appréciée au Yémen. C’est bien que le RSS vérifie que les fonds soient bien utilisés et qu’il suive attentivement les activités.

    Pour finir, pouvez-vous nous dire quel a été votre plus grand succès ?  

    OM: Le maintien de la couverture vaccinale systématique au Yémen en 2015 en dépit du conflit armé et de l’instabilité politique. Tous les nouveaux vaccins offerts par Gavi ont été introduits au Yémen, y compris le vaccin pentavalent, les vaccins contre le pneumocoque, le rotavirus, la rougeole et la rubéole et le vaccin polio inactivé.

  • L’objectif financements

    → Quatre pays s’affranchissent du soutien de Gavi
    Le Bhoutan, le Honduras, la Mongolie et le Sri Lanka s’affranchissent en douceur de l’aide de Gavi

    → Les donateurs s’engagent pour la nouvelle période stratégique
    Les promesses de dons recueillies lors de la conférence de Berlin dépassent les objectifs ; alors que s’achève la période 2011-2015, tous les engagements ont été tenus

    → Les partenariats avec le secteur privé s’inscrivent dans la durée
    La collaboration avec le secteur privé apporte un soutien financier en espèces, des compétences et des innovations qui aident Gavi à accomplir sa mission

     

    Depuis toujours, nous pensons que la vaccination doit à terme atteindre l’autosuffisance. Dès son lancement en 2000, le soutien de Gavi est axé sur l’investissement progressif des pays dans leurs programmes de vaccination. Notre modèle de financement a donc été conçu de façon à inciter les pays à prendre en main leurs programmes et à permettre leur pérennisation après l’arrêt de notre soutien financier. Fin 2015, à peine sept ans après les premières contributions des pays pour le cofinancement des vaccins soutenus par Gavi, notre modèle de nancement est pleinement fonctionnel.

    Les pays font d’énormes progrès dans la prise en charge du coût de leurs vaccins, ce qui témoigne de leur détermination à investir dans la vaccination et de l’utilité de l’aide fournie par l’Alliance du Vaccin aux pays qui se préparent à se passer de son soutien. Pour le modèle de financement de Gavi, l’année 2015 a été celle de l’épreuve de vérité, et donne un aperçu de ce que l’on peut attendre pour les années à venir. Quatre pays – le Bhoutan, le Honduras, la Mongolie et le Sri Lanka – ont commencé à financer eux-mêmes la totalité des vaccins qu’ils avaient introduits avec le soutien de Gavi, alors que près d’une vingtaine d’autres pays se préparent à faire de même d’ici 2020.

    Le soutien prévisible à long terme des donateurs représente une autre pierre angulaire du modèle de financement de Gavi ; il apporte aux pays la confiance et la sécurité dont ils ont besoin pour introduire de nouveaux vaccins. En donnant des prévisions sur la demande future, nous permettons aux fabricants de mieux planifier leur production et de fournir les vaccins à un prix plus abordable pour les pays en développement. Avec une plus grande couverture vaccinale, les populations sont en meilleure santé et plus productives, ce qui augmente leur prospérité économique. De ce fait, les pays sont mieux à même de prendre en charge la totalité du financement de leurs programmes de vaccination.

    Plus d'informations sur l'objectif financements →  

    Gavi : un modèle dynamique de mobilisation des ressources

    • Grand élan de la part des donateurs

      Montants promis par les donateurs (milliards US$)

    • Davantage de cofinancement

      Montants des cofinancements (millions US$)

    • Baisse du prix des vaccins, davantage de vaccins

      Coût de la vaccination complète d’un enfant avec les vaccins pentavalent, pneumocoque et rotavirus (tarif pour l’ensemble, US$)

    • Davantage d’introductions de vaccins, des populations en meilleure sante

      Nombre d’introductions de vaccins nouveaux ou sous-utilisés (pentavalent, pneumocoque, rotavirus)

    • Augmentation du revenu national brut moyen

      RNB moyen par habitant dans les pays soutenus par Gavi (US$)

    • Davantage de pays s’affranchissent du soutien de Gavi

      Cohorte annuelle des naissances des pays en voie de s’affranchir ou affranchis du soutien de Gavi (millions)

     
    Indicateurs relatifs au financement

    Une année emblématique pour le cofinancement

    2015 a été notre année la plus réussie en termes de cofinancements, l’apogée des progrès remarquables réalisés par les pays au cours de la période stratégique 2011-2015. A la fin de l’année, 14 pays avaient complètement pris en charge le financement de 20 programmes de vaccination auparavant soutenus financièrement par Gavi. Quatre de ces pays – le Bhoutan, le Honduras, la Mongolie et le Sri Lanka – se sont affranchis du soutien de Gavi le 1er janvier 2016. Au total, la contribution des pays pour les programmes soutenus par Gavi en 2015 s’est élevée à 113 millions de dollars US – soit trois fois plus qu’en 2010.

    Malgré l’obligation croissante de cofinancement, davantage de pays ont payé leur contribution dans les temps en 2015 : 85% contre 75% en 2014, ce qui correspond à une réduction de 40% du nombre de pays en défaut de paiement, qui est passé de 17 en 2014 à 10 en 2015. Ces progrès reflètent la détermination des pays à investir dans les vaccins et l’importance du soutien et du suivi fournis par Gavi et ses partenaires au cours de la période de transition. Malgré ces progrès, nous n’avons pas atteint notre objectif ambitieux de 100% des paiements au titre de cofinancement dans les délais.

    Comme il apparaît ci-dessous, le montant total dépensé par les pays pour les vaccins cofinancés par Gavi est en augmentation. Le montant dépensé par enfant pour la vaccination dans les pays soutenus par Gavi a augmenté de 47% entre 2013 et 2014, passant de 4,30 dollars US à 6,30 dollars US. Les chiffres pour 2015 seront disponibles en octobre 2016.

    Consulter les mises à jour sur tous les programmes soutenus par Gavi dans la version complète →  

    Investissement des pays pour la vaccination (par enfant)

    Dépense moyenne par enfant (US$)

    KPI

    Source : Formulaire de rapport conjoint OMS/UNICEF sur la vaccination ; rapports annuels Gavi ; Prévision de la demande de Gavi ; données PNUD.

    Paiement du cofinancement dans les délais

    Pourcentage de pays

    KPI

    Source : UNICEF, Division des approvisionnements, Fonds renouvelable de PAHO et factures des achats effectués directement par les pays.

    Notre base de financement : les financements prévisibles à long terme de nos donateurs

    À la fin de l’année, Gavi avait obtenu le financement intégral de la période stratégique 2011-2015, tous les engagements financiers ayant été payés – ce qui représente une prouesse pour une agence multilatérale de développement.

    Fin 2015, les fonds cumulés reçus par Gavi depuis sa création en 2000 se montaient à 12 milliards de dollars US. Ce montant comprend les contributions des gouvernements des pays donateurs, de la Commission européenne, de la Fondation Bill & Melinda Gates et du secteur privé.

    La plupart des promesses de financement pour cette période étaient sous forme d’engagements pluriannuels. Avec un financement à long terme, les pays en développement peuvent planifier leurs programmes de vaccination en toute confiance et les fabricants, assurés de la demande, sont incités à investir dans la production et à réduire le prix des vaccins. Grâce à cette solide assise financière, Gavi peut se permettre une certaine exibilité pour répondre à l’urgence, comme l’introduction mondiale du vaccin polio inactivé ou l’épidémie dévastatrice d’Ebola.

    Les donateurs peuvent soutenir Gavi soit directement, soit par le biais de mécanismes de financement tels que la Facilité internationale de financement pour la vaccination (IFFIm), le Fonds de garantie de marché (Advance Market Commitment ou AMC) ou le Gavi Matching Fund. En 2015, le montant total des financements sous forme de contributions directes et en produits de ces trois mécanismes financiers innovants s’est élevé à 1,7 milliard de dollars US.

    Engagements financiers envers Gavi et l’IFFIm

    (millions US$)

    KPI

    Source : Gavi, l’Alliance du Vaccin, 2016

    Contributions directes en 2015 : près d’un milliard de dollars US provenant de 14 gouvernements donateurs

    En 2015, nous avons reçu près d’un milliard de dollars US de contributions directes de 14 gouvernements donateurs : Allemagne, Australiea, Canada, République de Corée, Etats- Unis d'Amérique, France, Inde, Irlande, Japon, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suède.

    La valeur cumulée des contributions directes reçues des gouvernements et de la Commission européenne depuis la création de Gavi en 2000 s’élève à 6,1 milliards de dollars US.

    a La contribution de l’Australie a été payée en 2014.

    Conventions de subventions signées par rapport à la totalité des engagements financiers

    (millions US$)

    KPI

    Source : Gavi, l’Alliance du Vaccin, 2016

    HONDURAS:
    LA TRANSITION
    VERS L’AVENIR

    Questions-réponses avec la Minister Yolani Batres, Secrétaire d'Etat au Bureau de la Santé du Honduras

     

    La ministre Yolani Batres a été nommée Secrétaire d'Etat au Bureau de la Santé du Honduras en janvier 2014. Contrôler, éliminer et éradiquer les maladies évitables par la vaccination et introduire de nouveaux vaccins sont depuis lors ses grandes priorités. Nous avons discuté avec la Docteure Batres, qui fait en outre partie du Conseil d’administration de Gavi, de l’émancipation de son pays du soutien de Gavi et de son avenir.  

    Gavi: Pouvez-vous décrire la situation actuelle du Honduras, Dre Batres ?  

    Dre Yolani Batres (YB): La situation économique du Honduras s’est améliorée. Maintenant, on nous considère de la même façon que le Mexique, le Brésil, la Colombie et l’Argentine. Mais comme ces pays ont plus de ressources que nous, nous sommes en quelque sorte désavantagés.

    Quel regard porte le Honduras sur le reste du monde ?  

    YB: Le Honduras est tourné vers l’extérieur. Si nous voyons qu’un autre pays fait quelque chose de remarquable, surtout dans le domaine de la santé, nous sommes toujours prêts à l’imiter.

    Depuis combien de temps le Honduras travaille-t-il avec Gavi ?  

    YB: Depuis 2004.

    Pouvez-vous décrire vos relations avec Gavi ?  

    YB: Gavi respecte notre politique, nos programmes et nos lois. Nous avons travaillé côte à côte et nous avons beaucoup appris. Maintenant nous nous sommes affranchis du soutien financier de Gavi, mais nous avons toujours la possibilité de pro ter de prix abordables pour les vaccins et de protéger ainsi notre population. Nous voulons également pouvoir acheter les nouveaux vaccins au même prix que Gavi.

    Dans cette transition, quels sont les défis spécifiques du Honduras ?  

    YB: Notre défi, c’était d’obtenir le niveau de couverture vaccinale le plus élevé possible et de le maintenir. Nous avons dû également négocier avec Gavi pour maintenir le prix des vaccins à leur niveau actuel et avoir la possibilité d’introduire de nouveaux vaccins.

    Qu’est-ce qui a permis au Honduras d’assurer cette transition ?  

    YB: Ce n’est pas un processus facile. Nous y sommes arrivés grâce à une planification rigoureuse et une bonne programmation. Par ailleurs, une nouvelle loi passée en 2013 garantit à tous les enfants l’accès gratuit aux vaccins. Mais il ne faut pas oublier que nous sommes un pays en développement et que nos finances sont limitées.

    Maintenant que le Honduras a réussi sa transition, quels conseils pourriez-vous donner aux pays qui sont sur le point de s’engager dans le même processus ?  

    YB: Tous les pays doivent avoir l’objectif d’acquérir durablement leur indépendance financière. Pour cela, le ministère des finances doit être impliqué le plus tôt possible. Il faut les inclure dans les discussions et vérifier qu’ils comprennent le rôle qu’ils ont à assumer. C’est essentiel.

    Il est nécessaire que le ministère de la santé planifie cette transition, des années et non pas des mois à l’avance. La période de transition peut être très longue et difficile.

     

    Comment voyez-vous l’avenir immédiat du Honduras ? Que faut-il faire tout de suite ?  

    YB: L’avenir se présente bien. Ce qu’il faut faire dans l’immédiat, c’est essayer de maîtriser le prix des vaccins, pas juste pendant cinq ans, mais pour plus longtemps. Il faut aussi que le Honduras ait les moyens d’acheter de nouveaux vaccins.

    Et quelle est votre vision à long terme pour le Honduras ?  

    YB: Je veux maintenir la couverture vaccinale au-dessus de 95% dans toutes les villes, tous les districts et toutes les zones rurales et continuer à utiliser les vaccins contre les maladies évitables.

    Selon vous, comment devraient travailler les autres pays en transition avec Gavi ?  

    YB: Comme je l’ai déjà dit, il faut suivre scrupuleusement le processus établi, négocier avec les ministères de la santé et des finances, impliquer les responsables les plus haut placés. Nous avons par exemple d’excellents rapports avec le Président Hernández. Il s’implique beaucoup et voudrait même ajouter encore d’autres vaccins, pour des maladies comme la dengue et le paludisme.

    Maintenant que le Honduras est arrivé à passer avec succès le cap de la transition, quelles relations votre pays entretient-il avec Gavi ?  

    YB: Elles sont très bonnes, pour moi personnellement et pour mon pays. Gavi écoute et respecte nos besoins, notre culture, nos lois et nos idées.

    Pourquoi faites-vous tout cela ?  

    YB: J’aime travailler sur la protection de la santé, sur les maladies évitables. En tant que médecin, je pense que les vaccins représentent les seuls outils que l’on puisse vraiment maîtriser et administrer en étant sûr qu’ils vont prévenir la maladie.

    J’ai eu la poliomyélite quand j’avais 11 ans. Aussi, je sais très bien ce qui peut arriver quand on vit en zone rurale et que l’on n’a pas accès aux vaccins. Je veux être sûre que cela n’arrive pas à d’autres enfants. Et j’aimerais que ceux qui vivent dans les pays riches se rendent compte des difficultés rencontrées dans un pays comme le Honduras.

    Mais par-dessus tout, je veux mettre à profit ce que l’on a atteint et offrir à mon pays des possibilités de croissance encore plus grandes.

    Pouvez-vous caractériser le Honduras en un mot ?  

    YB: L’humilité.

  • Façonner le marché des vaccins

    → Les principaux objectifs relatifs au façonnage du marché sont atteints ou dépassés
    Réduction importante du coût du vaccin pentavalent et des vaccins contre le pneumocoque et contre le rotavirus

    → Développement accéléré du vaccin Ebola
    Grâce à une collaboration étroite avec les partenaires, un nouveau vaccin Ebola pourra être utilisé en cas d’urgence à partir de mi-2016

    → Élargissement du champ d’activités de Gavi en matière de façonnage des marchés
    La nouvelle plateforme d’optimisation de l’équipement de la chaîne du froid élargit le modèle de façonnage des marchés au matériel associé à la vaccination

     

    Pour que tous les enfants puissent bénéficier des vaccins vitaux, il faut que le marché des vaccins fonctionne mieux pour les pays à faible revenu. Pour cela, il faut mettre en place des mécanismes qui permettent aux fabricants de planifier leur production en fonction de la demande exprimée, aux donateurs d’accroître leur retour sur investissement et surtout, aux pays en développement d’acheter les vaccins dont ils ont besoin à des prix accessibles et finalement de s’affranchir du soutien de Gavi.

    En 2015, Gavi a atteint ses objectifs de façonnage du marché en ce qui concerne le prix et la sécurité des approvisionnements pour de nombreux vaccins vitaux. Toutefois, des pénuries persistent, en particulier pour les vaccins contre la fièvre jaune, contre le choléra et pour les vaccins polio inactivés.

    La collaboration entre les partenaires de l’Alliance du Vaccin et les producteurs de vaccin a abouti au lancement, en janvier 2016, d’un fonds de garantie de marché pour le vaccin Ebola. Grâce à ce fonds, 300 000 doses de vaccin seront disponibles à partir de mi-2016 pour effectuer des essais cliniques et pour faire face aux situations d’urgence.

    Au cours de l’année 2015, le projet d’élargir les activités de Gavi en matière de façonnage des marchés s’est rapproché de son but. Pour la prochaine période stratégique quinquennale 2016-2020, nos objectifs dans ce domaine ne se limiteront plus aux vaccins et incluront les autres produits associés à la vaccination, comme l’équipement de la chaîne du froid.

    Plus de détails sur le façonnage des marchés →  

    Comment fonctionne la stratégie d’achat et d’approvisionnement de Gavi

     
     
    43%
    RÉDUCTION DU PRIX DES VACCINS PENTAVALENT, ROTAVIRUS & PNEUMOCOQUE EN 2010–2015

    2001  
    5 PRODUCTEURS DE VACCINS DANS 5 PAYS
    2015  
    16 PRODUCTEURS DE VACCINS DANS 11 PAYS  
    Indicateurs relatifs au marché

    ASSURER UN APPROVISIONNEMENT SUFFISANT ET CONSTANT

    Les efforts des partenaires de l’Alliance du Vaccin pour assainir le marché ont contribué à augmenter la concurrence et diversifier la base de fabricants. En 2001, Gavi n’avait que 5 fournisseurs ; fin 2015, 16 fabricants produisaient des vaccins préqualifiés, adaptés aux besoins des pays soutenus par Gavi.

    Pour mesurer la sécurité de l’approvisionnement en vaccins, l’Alliance du Vaccin utilise un indicateur fondé sur le nombre de produits proposés par les producteurs en réponse aux appels d’offre pour les vaccins que nous soutenons. Entre 2010 et 2015, ce nombre - exprimé en pourcentage de l’objectif fixé - est passé de 54% à 104%, signe que nous avons non seulement atteint notre objectif pour 2015, mais que nous l’avons dépassé.

    Une autre façon de quantifier la sécurité de l’approvisionnement consiste à faire état du nombre de vaccins qui n’ont pas été livrés comme convenu avec l’UNICEF. En 2015, trois vaccins polio inactivés n’ont temporairement pas pu être livrés comme prévu, de même que quatre vaccins pentavalents et un vaccin contre la fièvre jaune.

    Sécurité de l’approvisionnement

    Nombre de produits offerts en % de l’objectif quinquennal

    KPI  

    Source : Division des approvisionnements de l’UNICEF.

    Des coûts réduits

    Grâce à ses efforts proactifs pour façonner le marché, Gavi a réussi à faire baisser le prix des vaccins pour les pays dont le revenu est le plus faible de la planète. Le prix moyen pondéré de la vaccination complète d’un enfant avec le vaccin pentavalent et les vaccins contre le pneumocoque et contre le rotavirus – un de nos principaux indicateurs de performance – est passé à 20 dollars US en 2015, ce qui représente une diminution de 7% par rapport à 2014 et de 43% par rapport à 2010.

    Cela est dû en grande partie à la réduction du prix du vaccin contre le rotavirus, qui a chuté de 70% depuis 2010, et à la diminution du prix du vaccin pentavalent, qui a diminué de 44% durant la même période. Le prix moyen pondéré du vaccin contre le pneumocoque a diminué de 3% entre 2010 et 2015.

    Coût total de la vaccination complète d’un enfant avec les vaccins pentavalent, contre le pneumocoque et contre le rotavirus

    Prix pour l’ensemble des 3 vaccins (US$)

    KPI  

    Source : Offres des producteurs de vaccins partenaires de Gavi

    ÉTHIOPIE :
    APPROVISIONNEMENT
    ÉGALE PROGRÈS

    Liya Woldegiorgis, coordinatrice du Programme élargi de vaccination (PEV) au Ministère éthiopien de la sante

     

    L’Éthiopie, un des pays les plus pauvres de la planète, reçoit le soutien de Gavi pour sept vaccins vitaux. Liya Woldegiorgis est coordinatrice du Programme élargi de vaccination (PEV) au Ministère éthiopien de la santé depuis deux ans. Elle a une formation d’infirmière. Nous avons discuté avec elle du rôle vital de Gavi dans l’approvisionnement en vaccins essentiels.  

    Gavi: Quelle est aujourd’hui la situation en Éthiopie en ce qui concerne la vaccination ?  

    Liya Woldegiorgis (LW): Notre plus grand succès, c’est l’amélioration significative de la couverture vaccinale. L’engagement politique envers la vaccination, du ministère jusque dans les régions, augmente continuellement. Actuellement, conformément à notre plan stratégique quinquennal, nous nous concentrons sur l’équité et la qualité. Nous travaillons également à l’extension de la chaîne du froid et aux activités de renforcement des capacités.

    Notre plus grand défi, c’est d’arriver à intensifier la vaccination dans des endroits comme la région Somali où la couverture vaccinale est faible et les services de vaccination de mauvaise qualité.

    Pourriez-vous décrire le rôle de Gavi en Éthiopie ?  

    LW: Gavi est notre bailleur de fonds le plus important et le plus able depuis 16 ans. Outre la création d’un accès vital à la vaccination, Gavi joue un rôle significatif dans le renforcement de notre système de santé.

    Sans financement de Gavi, auriez-vous pu introduire de nouveaux vaccins ?  

    LW: Le gouvernement aurait été forcé de trouver une autre source de financement, ce qui aurait été pour le moins difficile. Il ne faut pas oublier qu’en travaillant avec Gavi, un autre avantage, c’est que l’on bénéficie des prix qu’ils négocient avec les fabricants.

    Pourriez-vous expliquer l’avantage que tire l’Éthiopie de l’introduction de nouveaux vaccins comme le pentavalent et le vaccin contre le virus du papillome humain (VPH) avec le soutien de Gavi ?  

    LW: Ces vaccins permettent de réduire la mortalité et la morbidité. De plus, le vaccin pentavalent qui protège contre cinq maladies en une seule injection permet de réduire le nombre total d’injections à pratiquer sur les enfants. Nous avons introduit avec succès le vaccin VPH dans le cadre de projets pilotes menés dans les districts de Gomma et d’Ahferom. Plus de 6 000 jeunes filles en ont bénéficié.

    Comment est-ce que Gavi vous a aidés à faire face aux épidémies de méningite dans votre pays ?  

    LW: Nous menons depuis 2013 des campagnes préventives de vaccination de masse contre la méningite A, en ciblant les personnes âgées de 1 à 29 ans. Avec le soutien technique et financier de Gavi, nous avons pu atteindre 60 millions de personnes considérées à haut risque d’être infectées.

    Pourriez-vous décrire votre rôle en tant que responsable du PEV pour l’Éthiopie ?  

    LW: J’ai coordonné l’élaboration de notre plan quinquennal et maintenant j’aide à le mettre en œuvre. Je suis impliquée dans toutes les activités du PEV comme l’introduction des nouveaux vaccins et la gestion de la logistique et j’en assure la supervision. Parmi mes autres tâches, j’ai des activités complémentaires de vaccination et je supervise le travail de développement effectué avec nos partenaires.

     

    Comment marche plus précisément l’approvisionnement en vaccins en Éthiopie ? Quels sont les étapes du processus et dans quelle mesure êtes-vous impliquée ?  

    LW: Pour les vaccins achetés par le gouvernement, le Ministre de la santé choisit en fonction du prix le plus intéressant. Une fois le budget approuvé, l’argent est transféré sur le compte du vendeur. Le vaccin arrive et l’agence d’approvisionnement en produits pharmaceutiques concernée est chargée de les répartir. Pour les vaccins soutenus par Gavi, c’est l’UNICEF qui gère l’approvisionnement.

    Comment est-ce que Gavi vous aide à réaliser l’objectif de vaccination complète de chaque enfant ?  

    LW: Gavi finance 80% du prix des vaccins que nous introduisons et nous aide à faire connaître leur utilité auprès de la population. Chaque fois que l’on utilise un vaccin vital, la communauté en voit les effets, ce qui augmente la demande. Gavi a joué un rôle fondamental en nous aidant à atteindre avec trois ans d’avance l’objectif du Millénaire pour le développement de l’ONU de réduction de la mortalité des enfants de moins de cinq ans.

    Nous savons que l’Éthiopie souhaite bénéficier du soutien de Gavi pour l’optimisation de l’équipement de la chaîne du froid. Pourquoi ?  

    LW: Pour de nombreuses raisons. Nous sommes un grand pays. Nous avons construit beaucoup de nouveaux établissements – 16 500 postes sanitaires, plus de 3 500 centres de santé et près de 400 hôpitaux. Ils ont tous besoin d’équipements modernes. Si nous avons accès à la plateforme, nous pourrons améliorer la qualité de nos services et augmenter la couverture vaccinale. Cela permettra d’améliorer la qualité des vaccins et de diminuer les ruptures de stock.

    L’Éthiopie a fait un travail considérable pour vacciner les groupes difficiles à atteindre comme les populations nomades. Pourquoi pensez-vous personnellement que c’est si important ?  

    LW: La vaccination est l’intervention de santé publique dont le rapport coût-efficacité est le plus important. Tous les enfants et toutes les communautés ont le droit de bénéficier de la vaccination.

    Comment voyez-vous l’avenir à court et moyen terme de la vaccination en Éthiopie ?  

    LW: Notre stratégie quinquennale concerne en priorité la conservation des acquis – le maintien de la couverture vaccinale actuelle, l’amélioration de la qualité et l’instauration de l’équité.

    Quel rôle voyez-vous pour Gavi dans ce programme ?  

    LW: Gavi continuera à apporter une énorme contribution, pas seulement financière : elle nous fournira aussi une aide technique et nous aidera à mener à bien l’amélioration de notre système de santé.

    Pourquoi faites-vous tout cela ?  

    LW: Pour de nombreuses raisons. Quand on travaille avec une communauté, on peut établir des contacts personnels avec la population et voir les résultats au cours des années. Je suis heureuse d’apporter ma pierre à l’édifice pour une communauté en bonne santé. Les activités axées sur la communauté sont vraiment impressionnantes. Voir les enfants en bonne santé me rend heureuse et donne un sens à ma vie.

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