Soutien au vaccin contre l’encéphalite japonaise

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La RDP lao est devenue le premier pays à mener une campagne contre l'EJ grâce au soutien de Gavi en 2015

1,6 million d'enfants vaccinés à la fin de 2015

Les rizières en Asie du Sud-Est sont des nids pour les moustiques porteur du virus de l’encéphalite japonaise.

Si les rizières se trouvant dans toute l’Asie du Sud-Est offrent au regard de magnifiques paysages, ce sont aussi des nids confortables pour les moustiques porteurs du virus de l’EJ. Photo : PATH/2013.

En avril 2015, la République démocratique populaire lao (RDP lao) est devenue le premier pays à mener une campagne de lutte contre l'encéphalite japonaise (EJ) soutenue par Gavi – 18 mois à peine après que l'OMS a ajouté un vaccin anti-EJ, mis au point par l’Institut des produits biologiques de Chengdu, à la liste des vaccins préqualifiés que les agences des Nations Unies  peuvent acheter.

L'OMS préqualifiait un vaccin produit en Chine pour la toute première fois. Après le succès de la campagne de rattrapage, la RDP lao a ajouté le vaccin anti-EJ à son calendrier de vaccination systématique. Jusqu'à présent, 1,6 million d'enfants ont été vaccinés grâce au soutien de Gavi.

En juin 2016, le Conseil d'administration de Gavi a décidé de cofinancer les programmes nationaux de vaccination systématique contre l'encéphalite japonaise en plus de financer des campagnes de rattrapage. Gavi accroît ainsi son soutien à ce vaccin qui sauve des vies tout en aidant la région à prendre les mesures nécessaires pour réduire à long terme la charge de morbidité due à l'EJ.

Népal, Cambodge, Vietnam et Myanmar ont, eux aussi, adressé une demande de soutien, qui leur a été accordée. Des campagnes y sont prévues en 2016 et en 2017. L'Alliance a tiré parti des atouts de chacun de ses partenaires pour accélérer l'accès au vaccin anti-EJ, d'une longue durée de fabrication. L'OMS, la Division des approvisionnements de l'UNICEF, PATH et la Fondation Bill & Melinda Gates jouent tous un rôle capital en veillant à ce que les pays disposent de ce vaccin en quantité suffisante.

Transmise par le moustique, l’encéphalite japonaise est la principale cause d’encéphalite virale en Asie

On estime de 20 à 30 % les taux de létalité et jusqu’à 30 % des survivants souffrent de handicaps permanents

Si hors d’Asie, l’encéphalite japonaise (EJ) reste relativement peu connue, plus de trois milliards de personnes vivent dans des zones où cette maladie virale représente un risque. L’encéphalite japonaise est surtout répandue dans les communautés rurales pauvres de huit pays pouvant bénéficier d’un soutien de Gavi en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique occidental.

LA MALADIE

Souvent appelée « fièvre cérébrale », l’EJ se manifeste d’abord par des symptômes grippaux, puis évolue en une infection cérébrale qui tue jusqu'à 30 % des personnes infectées. D'après l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le nombre de décès se situe entre 13 600 à 20 400 chaque année selon les estimations. Néanmoins, la sensibilisation à cette maladie étant faible, il se peut que ces chiffres se situent en deçà de l’impact réel. En 2005, une flambée dévastatrice d’encéphalite japonaise a coûté la vie à près de 2 000 personnes en Inde et au Népal, principalement des enfants. 

Les effets néfastes de l’encéphalite japonaise sur les survivants sont méconnus. Dans les situations les plus graves, on estime que dans 30 % des cas il y a des séquelles neurologiques permanentes (ce taux est plus élevé encore chez les enfants).

TRANSMISSION PAR LES MOUSTIQUES

Les échassiers comme les hérons et les aigrettes qui affluent vers les rizières sont des hôtes de ce virus, tout comme les porcins souvent élevés dans des zones rurales. Les moustiques le transmettent ensuite aux humains.

L’encéphalite japonaise ne se transmet pas d’une personne à l’autre.

UNE MALADIE À PRÉVENTION VACCINALE

Il n’existe aucun traitement spécifique de l’encéphalite japonaise. La meilleure stratégie de lutte consiste à prévenir cette maladie par des vaccins efficaces et relativement peu coûteux.

Certains pays pouvant bénéficier d’un soutien de Gavi ont déjà lancé des programmes de vaccination contre l’encéphalite japonaise, qu’ils soient systématiques ou qu’ils s’inscrivent dans le cadre de campagnes. Le soutien de Gavi permet aux pays de vacciner les enfants âgés de 9 mois à 14 ans dans le cadre de campagnes de rattrapage ou de la vaccination systématique.

CHARGE DE MORBIDITÉ

Cette maladie est endémique avec une répartition saisonnière dans des zones situées en Chine, dans le sud-est de la Fédération de Russie et en Asie du Sud et du Sud-Est. On constate une transmission tout au long de l’année dans les zones tropicales.

Parmi les facteurs de risque liés à l’EJ figure le fait de vivre à proximité de porcins ou de rizières irriguées.

Gavi appuie les campagnes de rattrapage et cofinance le vaccin contre l'EJ dans le cadre de la vaccination systématique

Etudiants à Vientiane, en République démocratique populaire lao, ayant reçu leur première dose de vaccin contre l’encéphalite japonaise.

Des étudiants à Vientiane, en République démocratique populaire lao (RDP), ayant reçu leur première dose de vaccin contre l’EJ. La RDP lao est devenue le premier pays à utiliser le soutien de Gavi pour protéger ses enfants de l’EJ. Photo: Bart Verweij

En 2014, Gavi a invité les pays à lui addresser une demande de soutien destiné à introduire le vaccin contre l’encéphalite japonaise (EJ). Les premières campagnes ont débuté en République démocratique populaire lao en 2015, les suivantes étant prévues au Népal et au Cambodge en 2016.

Conformément aux recommandations de l’OMS, Gavi soutient les campagnes de rattrapage contre l’encéphalite japonaise, et cofinance l'administration du vaccin dans le cadre de programmes de vaccination systématique. Les campagnes de rattrapage sont destinées à tracer la voie permettant aux pays d'introduire ce vaccin dans le système de vaccination systématique.

Ces campagnes ciblant les enfants âgés de 9 mois à 14 ans visent à en assurer la pérennité par l’ajout du vaccin anti-EJ aux programmes de vaccination systématique. Les enfants sont vaccinés là où ce vaccin est introduit dans le système de vaccination systématique.

PRÉQUALIFICATION

En 2011, le conseil d’administration de Gavi a recommandé de lancer un volet de financement visant à permettre aux pays de demander un soutien, en attendant la préqualification d’un vaccin adapté contre la maladie.

En octobre 2013, l’OMS a ajouté à sa liste de vaccins préqualifiés un vaccin contre l’EJ (« SA 14-14-2 ») et mis au point par l’Institut des produits biologiques de Chengdu en Chine – les agences des Nations Unies peuvent depuis l'acheter. C’est le premier fabriqué en Chine à être préqualifié par l’OMS, et c’est aussi le premier vaccin préqualifié contre l’encéphalite japonaise à être adapté à un usage pédiatrique.

Conscient de la charge de morbidité que représente l’encéphalite japonaise, PATH a collaboré avec l’Institut de Chengdu, l’OMS et des Ministres de la santé pour mener des essais cliniques visant à démontrer l’innocuité et l’efficacité de ce vaccin, produit à partir d’un virus vivant atténué. Une seule dose suffit.

PATH a également négocié avec le fabricant en vue d’obtenir un prix spécial destiné au secteur public et abordable pour les pays à faible revenu et certains pays à revenu intermédiaire exposés au risque de transmettre l’EJ, comme les Philippines.

L’OMS recommande la vaccination dans toutes les régions où la maladie représente un problème reconnu de santé publique. Il est prévu que d’autres vaccins préqualifiés et adaptés à un usage pédiatrique seront préqualifiés dans un avenir proche, offrant ainsi un plus large choix aux pays.

Comment solliciter un nouveau soutien

>2 million

Depuis sa création en 2013, le stock mondial de vaccin oral contre le choléra a servi à vacciner plus de 2 millions de personnes. En 2016, 8 pays – la République démocratique du Congo, Haïti, le Mozambique, le Malawi, le Niger, la Somalie, le Soudan du Sud et la Zambie – ont eu recours au stock d’urgence.

OMS/UNICEF et Gavi, l’Alliance du Vaccin, 2017

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