Soutien au vaccin contre la fièvre jaune

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Les campagnes de vaccination contre la fièvre jaune soutenues par Gavi dans 14 pays africains ont protégé plus de 98 millions de personnes

Le vaccin antiamaril a été introduit dans les systèmes de vaccination de routine de 17 pays d’Afrique

Les pays soutenus par Gavi qui ont connu des flambées de fièvre jaune ont reçu plus de 45 millions de doses provenant de la réserve d’urgence

Yellow fever Nigeria

Le Nigéria, où la fièvre jaune est endémique, a introduit le vaccin dans le système de vaccination de routine et a organisé des campagnes de vaccination avec le soutien de Gavi. Crédit : Gavi/2013/Adrian Brooks.

Le vaccin antiamaril est très efficace : une dose unique confère une immunité à long terme, probablement même à vie, à 99% des sujets vaccinés.

Depuis 2001, Gavi a investi plus de $US 300 millions dans la lutte contre la fièvre jaune, principalement dans les pays africains où se concentre la grande majorité des décès dus à la maladie. L’Alliance du Vaccin finance l’introduction du vaccin dans le calendrier de la vaccination de routine, une réserve d’urgence et des campagnes de vaccination préventives.

Le soutien de Gavi est étroitement aligné sur la Stratégie mondiale «Éliminer les épidémies de fièvre jaune» (EYE) de l’OMS, qui vise à coordonner les activités de lutte contre la maladie au niveau international.

DES CAMPAGNES PRÉVENTIVES QUI SAUVENT DES VIES

Depuis 2011, des campagnes de prévention soutenues par Gavi ont été organisées dans 14 pays en Afrique. Elles ont protégé plus de 98 millions de personnes au Bénin, au Burkina Faso, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Ghana, en Guinée, au Libéria, au Mali, au Nigéria, en République centrafricaine, au Sénégal, en Sierra Leone, au Soudan et au Togo.

Les campagnes de vaccination contre la fièvre jaune ainsi que les programmes de vaccination de routine bénéficiant du soutien de Gavi ont permis d’éviter plus de 500 000 décès depuis 2010. Les campagnes ont sensiblement réduit le risque de flambées de fièvre jaune en Afrique, abaissant la charge de morbidité en moyenne de 27% parmi les 12 pays « à haut risque ».

Aucun épisode de fièvre jaune n’a été enregistré en 2016 dans les pays d’Afrique de l’Ouest où des campagnes ont été menées. Néanmoins, l’urbanisation rapide et les changements environnementaux modifient la géographie de la fièvre jaune et le virus touche maintenant des zones auparavant considérées comme non endémiques. De récentes épidémies de fièvre jaune qui se sont propagées hors de l’Afrique soulignent la menace mondiale que continue de poser cette maladie. 

VACCINATION DE ROUTINE DANS 17 PAYS – MAIS LA COUVERTURE RESTE FAIBLE

En dépit du succès des campagnes de masse, des obstacles demeurent. Bien que l’Alliance du Vaccin ait aidé 17 pays à introduire le vaccin antiamaril dans la vaccination de routine, seuls quatre de ces pays affichaient des taux de couverture de 80% ou plus en 2016. Cinq pays ont enregistré une couverture inférieure à 60%.

Ainsi, au Nigéria, où la fièvre jaune est endémique, la couverture de la vaccination de routine était d’à peine 51% en 2016.

LA RÉSERVE D’URGENCE RÉPOND AUX FLAMBÉES ÉPIDÉMIQUES

Entre 2006 et 2016, et avec le soutien de Gavi, le Groupe international de coordination (GIC) a déployé plus de 40 millions de doses de vaccin antiamaril dans le monde pour répondre à des flambées de la maladie. Le GIC inclut des représentants de l’OMS, de l’UNICEF, de Médecins sans frontières ainsi que de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Les pays peuvent recevoir un soutien financier pour couvrir les campagnes de vaccination d’urgence qui font appel à la réserve.

Pour plus de détails, visitez le site : www.who.int/csr/disease/yellowfev/global_partnership/en/.   

Les flambées de fièvre jaune continuent en dépit de l’existence d’un vaccin efficace depuis les années 30

Le centre géographique de la maladie se déplace de l’Afrique de l’Ouest à l’Afrique centrale et orientale

JUSQU’À 60 000 DÉCÈS DUS À LA FIÈVRE JAUNE CHAQUE ANNÉE

Avant la mise au point d’un vaccin salvateur dans les années 30, le virus de la fièvre jaune était responsable d’épidémies dévastatrices dans les grandes villes d’Afrique, des Amériques et d’Europe.

Ces 20 dernières années, la conjonction de plusieurs facteurs, notamment la baisse de l’immunité de la population, l’émigration rapide vers les centres urbains, le changement climatique, le déboisement et la prolifération des moustiques vecteurs, a provoqué une résurgence de la fièvre jaune. La maladie est endémique dans 47 pays ou régions d’Afrique (34) et d’Amérique centrale et du Sud (13). On estime que la fièvre jaune infecte de 840 000 à 1,7 million de personnes en Afrique chaque année, avec pour conséquence de 84 000 à 170 000 cas de la maladie et de 29 000 à 60 000 décès.1 

L’urbanisation rapide a exacerbé ce problème car elle concentre des personnes, dont beaucoup n’ont pas été vaccinées, dans des endroits où prospère le virus de la fièvre jaune. Les villes constituent un terrain propice au développement des larves de moustiques, car l’eau stagne dans des réservoirs, des récipients et des pneus. La surpopulation des logements accélère encore la propagation du virus.

CHARGE DE MORBIDITÉ

La fièvre jaune est une maladie hémorragique virale aiguë transmise par les moustiques. Lorsque des moustiques infectés entrent en contact avec des personnes non vaccinées, ils peuvent causer des épidémies dévastatrices. Le taux de mortalité peut atteindre 50% parmi les malades les plus gravement atteints.

Un vaccin sûr, abordable et efficace permet d’éviter la fièvre jaune. Une injection protège un individu au moins pendant 35 ans, et peut-être à vie.

Il est impossible d’éliminer la fièvre jaune, mais le risque d’épidémie peut être substantiellement réduit en vaccinant au moins 70% de la population à risque. Pour y parvenir, Gavi soutient la vaccination de routine et les campagnes préventives dans les pays éligibles.

RISQUE AFRICAIN

La récente résurgence de la fièvre jaune est particulièrement prononcée en Afrique centrale et de l’Ouest. Dans ces régions, les campagnes de vaccination de masse organisées dans les années 30 à 60 avaient réussi à éliminer le virus jusqu’au début des années 90.

Cette tendance inquiétante a commencé en Afrique équatoriale avec une épidémie survenue au Cameroun en 1990, qui s’est ensuite progagée dans la région. En 2005, du fait de l’incapacité à vacciner des cohortes de naissances successives dans le cadre de la vaccination de routine, on recensait près de 200 000 cas de fièvre jaune et plus de 50 000 décès dans les 12 pays d’Afrique de l’Ouest les plus à risque.

Aujourd’hui, ce virus menace particulièrement 900 millions de personnes dans plus de 47 pays où il est endémique : 34 en Afrique et 13 en Amérique centrale et du Sud. Les modifications des modes migratoires et les changements environnementaux influent sur la géographie de la fièvre jaune. Les flambées se produisent désormais dans des zones traditionnellement considérées comme non endémiques.

Les nouvelles formes de propagation épidémiologique de la maladie sont responsables de plusieurs épisodes dans des régions, jadis considérées à faible risque, de l’Angola, du Cameroun, du Congo, de la Côte d’Ivoire, de l’Éthiopie, de l’Ouganda, de la République centrafricaine, de la République démocratique du Congo et du Tchad.

Face à un risque accru de flambées urbaines à grande échelle de la fièvre jaune, l’OMS a révisé sa stratégie de lutte à long terme, en collaboration avec Gavi et d’autres partenaires. Cette stratégie souligne l’importance du Règlement sanitaire international pour prévenir la propagation du virus à travers les frontières et met aussi l’accent sur la nécessité de renforcer la surveillance pour détecter, confirmer et traiter en temps voulu les cas de fièvre jaune. Elle est étroitement alignée sur les stratégies de vaccination contre la fièvre jaune financées par Gavi.

PÉNURIE DE VACCINS

Quatre laboratoires fabriquent le vaccin antiamaril. Pourtant, les demandes des campagnes préventives de masse et la réponse aux épidémies ont gravement mis à mal les approvisionnements. En 2016, les doses destinées à des campagnes préventives ont souvent été prélevées pour traiter les flambées épidémiques. Par conséquent, les réserves d’urgence ont atteint un niveau dangereusement faible et les campagnes de prévention ont parfois dû être retardées. Ainsi, le Nigéria et le Soudan auraient dû organiser une campagne il y a trois ou quatre ans.

La nouvelle stratégie de lutte contre la fièvre jaune de l’OMS aide à aborder les problèmes relatifs à la sécurité de l’approvisionnement. La situation de l’offre devrait s’améliorer à partir de 2017.


1 http://www.who.int/csr/disease/yellowfev/YellowFeverBurdenEstimation_Summary2013.pdf

Gavi prodigue un soutien pour la vaccination de routine, les campagnes dans les pays exposés à un risque élevé et les réserves d’urgence en cas d’épidémie de fièvre jaune

Le vaccin antiamaril fait partie des vaccins prioritaires que Gavi soutient depuis sa création en 2000. L’Alliance du Vaccin souhaite ainsi protéger les populations à risque et réduire la nécessité d’une riposte d’urgence.

SOUTIEN FINANCÉ PAR GAVI

Campagnes préventives

Les pays éligibles peuvent recevoir un soutien aux campagnes préventives avec un schéma de vaccination à dose unique, ainsi que des fournitures associées. Les pays bénéficiant d’un soutien destiné aux campagnes préventives n’ont pas droit à une subvention à l’introduction du vaccin. Néanmoins, Gavi verse jusqu’à $US 0,65 par personne dans la population visée par la campagne pour aider à couvrir les coûts opérationnels (ce qui prend en charge près de 80% du coût total estimé). Les pays doivent financer le solde des frais opérationnels.

Pays qui bénéficient d’un soutien approuvé pour le vaccin antiamaril

 

Introduction dans le système de vaccination de routine

L’OMS recommande à tous les pays à risque d’introduire le vaccin dans leur programme national de vaccination de routine.

Gavi offre un soutien pour un schéma de vaccination à dose unique, ainsi que les fournitures d’injection associées. Les pays qui utilisent le vaccin pour la première fois peuvent aussi demander une subvention d’introduction versée une seule fois. Il appartient au gouvernement du pays ou à ses partenaires de financer le solde des coûts occasionnés par l’introduction du vaccin.

Réserve mondiale pour les urgences

Les pays éligibles au soutien de Gavi peuvent compter sur la réserve mondiale de vaccins antiamarils, à utiliser lors de flambées épidémiques représentant une situation d’urgence. La réserve est gérée par le Groupe international de coordination (GIC) pour l’approvisionnement en vaccins. Les pays peuvent recevoir des fonds pour financer les campagnes de vaccination d’urgence utilisant la réserve, ainsi qu’un soutien relatif aux coûts opérationnels jusqu’à hauteur de $US 0,65 par personne dans la population cible.

En décembre 2016, le Conseil d’administration a approuvé une nouvelle approche pour faciliter un accès rapide aux vaccins pendant les flambées de la maladie. Dans le cadre de cette nouvelle approche, Gavi souscrit des engagements financiers à long terme pour consolider sa réponse à la fièvre jaune.

Près de 640 millions

Depuis 2000, le soutien de Gavi a permis de vacciner près de 640 millions d’enfants.

OMS/UNICEF 2017

Autres chiffres...

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