Soutien au vaccin inactivé antipolio

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Le programme relatif au vaccin antipoliomyélitique inactivé est mis en œuvre à une vitesse sans précédent

Fin 2016, plus de 40 millions d’enfants avaient été vaccinés avec le soutien de Gavi

Premier enfant à être vacciné avec le VPI au Népal - premier pays à introduire ce vaccin.

En septembre 2014, le Népal a été le premier pays à introduire le vaccin antipoliomyélitique inactivé avec le soutien de Gavi. Crédit : UNICEF Népal/2014.

L’Alliance du Vaccin collabore avec l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite en vue de soutenir l’un des déploiements les plus rapides de l’histoire de la vaccination : l’introduction d’au moins une dose du vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) dans le calendrier de la vaccination de routine de tous les pays bénéficiant du soutien de Gavi.

Le Népal est le premier pays à avoir introduit le vaccin avec le concours de Gavi en septembre 2014, à peine dix mois après le début du programme. Un soutien au VPI a été approuvé pour tous les 71 pays éligibles. Fin 2016, 53 d’entre eux avaient achevé avec succès leur introduction.

Le rythme et l’échelle de ces introductions, associés aux difficultés techniques liées à l’augmentation de la capacité de production, ont abouti à de graves limitations de l’approvisionnement. Les fabricants n’ont pu livrer que 50% seulement de l’approvisionnement prévu en 2016. En conséquence, 18 pays ont dû retarder l’introduction du vaccin alors que 15 autres se voyaient contraints d’interrompre leurs programmes existants.

Le Groupe stratégique consultatif d’experts sur la vaccination (SAGE) de l’OMS a conseillé aux pays d’envisager de passer à des doses fractionnées du VPI. Cette approche, adoptée par le Bangladesh, l’Inde et Sri Lanka, assure une protection tout en réduisant le risque de rupture des stocks de vaccins.

La couverture du VPI dans les pays bénéficiant du soutien de Gavi a plus que triplé, passant d’à peine 12% en 2015 à 39% en 2016.

Retrait progressif du vaccin antipoliomyélitique oral

Pour éliminer le risque de cas de poliomyélite dérivés d’une souche vaccinale, le Plan stratégique pour l’éradication de la poliomyélite et la phase finale prône le retrait progressif du vaccin antipoliomyélitique oral (VPO) d’ici à 2019, une étape essentielle vers l’élimination de la maladie. Ce processus a commencé en avril 2016, avec le retrait synchronisé au niveau mondial du VPO trivalent, qui contient le virus de type 2, et le remplacement par le VPO bivalent, qui comprend uniquement les poliovirus de type 1 et 3.

Afin de réduire au minimum les risques associés à ce changement, l’OMS a recommandé à tous les pays d’introduire au moins une dose de VPI dans leur calendrier de vaccination de routine avant la transition. Le VPI confère une protection contre les trois types de poliovirus.

Néanmoins, du fait des problèmes d’approvisionnement, 21 pays, tous exposés à un faible risque d’épisode de poliomyélite, n’ont pas pu introduire le VPI avant le changement de vaccin. La priorité a été accordée aux pays risquant le plus des flambées de poliovirus 2 dérivés d’une souche vaccinale après le retrait du VPO trivalent, afin de s’assurer qu’ils n’étaient pas parmi ceux qui étaient touchés par les pénuries.

Le SAGE a également recommandé que les pays envisagent de vacciner les enfants qui n’ont pas été immunisés depuis le changement de vaccin, puisqu’ils ne sont pas actuellement protégés contre le poliovirus de type 2. Gavi soutient les pays qui décident d’appliquer ces recommandations.

Des prix plus abordables

Après un appel d’offres de 2014 pour le VPI, le vaccin est disponible pour les pays soutenus par Gavi au prix extrêmement modique de €0,75 par dose. Les pays à revenu intermédiaire peuvent acheter le vaccin par le truchement de l’UNICEF à un prix allant de €1,49 à €2,40 la dose.

La poliomyélite est encore endémique dans trois pays

Il n’existe aucun traitement de la poliomyélite, mais un vaccin permet de la prévenir

Invalidante et potentiellement mortelle

La poliomyélite est une infection virale extrêmement contagieuse qui touche principalement les enfants de moins de cinq ans. Elle peut entraîner une paralysie et même la mort.

Beaucoup de personnes infectées ne présentent pas de symptômes, mais excrètent pourtant le virus, transmettant ainsi l’infection à d’autres. Dans les zones où les conditions d’assainissement sont mauvaises, le virus se propage aisément par l’eau ou les aliments contaminés.

Une infection sur 200 entraîne une paralysie irréversible, en général des jambes. Parmi les personnes paralysées, 5 à 10% meurent lorsque leurs muscles respiratoires cessent de fonctionner.

Activités mondiales d’éradication de la poliomyélite

Seul un vaccin peut prévenir la poliomyélite puisqu’il n’existe aucun traitement. Il faut administrer plusieurs doses qui confèrent habituellement une protection à vie.

Quand l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite a été lancée en 1988, la poliomyélite était endémique dans 125 pays et paralysait près d’un millier d’enfants par jour. Grâce aux efforts internationaux et à la vaccination, les cas de poliomyélite ont baissé de 99% depuis lors, passant de quelque 350 000 cas chaque année à 37 cas notifiés en 2016.

Aujourd’hui, plus de 16 millions de personnes marchent, alors qu’elles auraient pu être paralysées par le poliovirus. L’Inde, autrefois épicentre mondial de la poliomyélite, n’a pas enregistré de cas de la maladie depuis janvier 2011. La poliomyélite reste endémique seulement dans certaines régions de trois pays : l’Afghanistan, le Nigéria et le Pakistan.

DERNIÈRE ÉTAPE POUR ÉLIMINER LA POLIOMYÉLITE

Tant qu’un seul enfant, où que ce soit, reste infecté, tous les autres, dans tous les pays, risquent de contracter la poliomyélite. Pendant la période 2009-2011, la moitié des cas de poliomyélite étaient due à la faiblesse des systèmes de vaccination et de santé, ainsi qu’aux problèmes d’accessibilité et de sécurité.1 Ces dix dernières années, la poliomyélite s’est propagée des zones d’endémie vers plus de 20 pays qui étaient exempts de la maladie.

Aujourd’hui, le Pakistan et l’Afghanistan supportent la charge des cas de poliovirus sauvage, mais, ainsi que l’ont montré des épisodes de la maladie en Ukraine et au Mali, un système de santé défaillant et la persistance de faibles taux de couverture vaccinale peuvent rapidement anéantir les progrès.

En mai 2013, l’Assemblée mondiale de la Santé a adopté le nouveau Plan stratégique pour l’éradication de la poliomyélite et la phase finale 2013-2018, qui demande aux pays d’introduire au moins une dose du vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) et de commencer à retirer progressivement le vaccin antipoliomyélitique oral (VPO).

Tous les pays ont remplacé avec succès le VPO trivalent par le VPO bivalent en avril 2016, retirant la composante de type 2 du vaccin puisque le poliovirus sauvage de type 2 a déjà été éradiqué. Cette mesure débouchera à son tour sur le retrait complet du vaccin oral à base de virus vivant atténué, ce qui est nécessaire pour éliminer le risque d’épisodes de poliomyélite associés au vaccin.

L’introduction du VPI est une étape fondamentale pour gérer les risques potentiels associés à ce retrait progressif. L’ajout du VPI aux programmes de vaccination de routine renforcera l’immunité et aidera à prévenir l’apparition de nouvelles flambées dérivées du VPO.

Atteindre les derniers 1% des cas de poliomyélite ressemble à un marathon : les derniers mètres sont souvent les plus difficiles et exigent les efforts les plus ciblés ; pourtant, ce sont peut-être les plus gratifiants.

D’après une étude de 20102, l’éradication de la poliomyélite pourrait procurer un bénéfice net d’au moins $US 50-50 milliards aux pays les plus pauvres du monde, principalement grâce à la suppression des coûts de traitement et aux gains de productivité.

Le poliovirus sauvage reste endémique en Afghanistan, au Nigéria et au Pakistan. L’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite a repoussé, de 2018 à 2020, le délai fixé pour faire disparaître la maladie. Conformément à cette prolongation, Gavi continuera à soutenir le VPI jusqu’en 2020.

L’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite est un partenariat public-privé dirigé par les gouvernements nationaux et placé sous l’égide de l’OMS, du Rotary International, des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis d’Amérique et de l’UNICEF. Son objectif est d’éliminer la poliomyélite dans le monde entier.


1 Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite. Plan stratégique pour l’éradication de la poliomyélite et la phase finale 2013-2018, p 10.
2 Duintjer Tebbens RJ, Pallansch MA, Cochi SL, Wassilak SGF, Linkins J, Sutter RW, Aylward RB, Thompson KM. Economic analysis of the Global Polio Eradication Initiative. Vaccine 2011;29(2):334-343.

Gavi soutient la phase finale de la lutte antipoliomyélitique par l’introduction du vaccin antipoliomyélitique inactivé dans les programmes de vaccination nationaux

SOUTENIR LA PHASE FINALE DE LA LUTTE ANTIPOLIO

Afin de se joindre aux efforts de l’Initiative mondiale pour l’éradication de la polio (IMEP), Gavi met à profit son expérience en matière d’aide aux introductions de nouveaux vaccins afin de faciliter le lancement rapide du vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI). Les échéanciers sans précédent du Plan stratégique de l’IMEP pour l’éradication de la poliomyélite et la phase finale pourront ainsi être respectés.

Gavi aide à introduire le VPI avec des fonds de l’IMEP dans les pays pouvant bénéficier de son soutien et contribue à renforcer les programmes de vaccination systématique.

INTRODUCTION DU VPI

Gavi alloue aux pays introduisant le VPI une subvention unique en espèces, financée par l’IMEP, et visant à soutenir certains coûts supplémentaires liés à l’introduction de ce nouveau vaccin. Parmi ces activités peuvent figurer la formation des agents de santé, la mobilisation sociale, la microplanification, l’expansion ou la rénovation du matériel de la chaîne du froid, l’impression du matériel (fiches de vaccination, par exemple), l’assistance technique et la modification des systèmes de surveillance.

LE RENFORCEMENT DE LA VACCINATION SYSTÉMATIQUE

La vaccination systématique est l’interaction durable, fiable et en temps voulu entre le vaccin, ceux qui l’administrent et ceux qui le reçoivent de façon à faire en sorte que tous soient totalement immunisés contre des maladies à prévention vaccinale.

Le renforcement de la vaccination systématique est un pilier de la stratégie d’éradication de la polio. Une couverture élevée permettra d’offrir une base solide pour renforcer l’immunité de la population en vue de prévenir les flambées de polio et une assise durable pour l’introduction du VPI et d’autres vaccins qui sauvent des vies.

Dans les pays d’endémie, ce virus continue à sévir au sein des populations marginalisées où l’on ne trouve pas de services de vaccination et de santé en général, et où la surveillance et la gestion des systèmes de soins de santé primaire sont défaillants.

Néanmoins, ce poliovirus ne peut survivre longtemps à l’extérieur du corps humain. Sans personne non vaccinée à infecter, le virus de la polio disparaîtra. Par conséquent, le renforcement de la vaccination systématique est un facteur crucial pour interrompre efficacement toute transmission du poliovirus.

Gavi collabore avec l’IMEP et d’autres partenaires essentiels en vue de renforcer la vaccination systématique dans 10 pays cibles visés par la Stratégie pour la phase finale de la lutte antipoliomyélitique. On recense dans tous ces pays (Afghanistan, Angola, Éthiopie, Inde, Nigéria, Pakistan, RD Congo, Somalie, Soudan du Sud, Tchad) un nombre important d’enfants partiellement ou non vaccinés.

Les compétences techniques que l’IMEP développe depuis 1988 afin de soutenir et de renforcer des activités de vaccination plus larges constituent un avantage dans le cadre de ces efforts.

MAXIMISER, GÉRER, MOBILISER, SURVEILLER

Le renforcement de la vaccination systématique comprend :

  • la maximisation de la portée des vaccins par un système efficace d’approvisionnement et de mise en œuvre de la chaîne du froid, le repérage des groupes non desservis, la prestation de services efficients et le renforcement des capacités des agents de vaccination et des responsables ;
  • la gestion des programmes par un ferme appui politique et managérial, une planification efficace ainsi qu’un développement politique et stratégique ;
  • la mobilisation des populations afin desusciter la demande par l’engagement des soignants et de la communauté ; et
  • le suivi des résultats des programmes par la surveillance rigoureuse des maladies, l’analyse des données et l’évaluation.

Ensemble, la vaccination systématique et les instruments de lutte antipolio amplifient l’impact de chacun vers un monde sans polio et vers une meilleure santé globale.

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