Soutien au vaccin antirotavirus

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L’objectif d’introduction pour la période 2011-2015 a été atteint 12 mois avant la date prévue

Rotavirus Ghana

En 2012, le Ghana est devenu le premier pays à introduire simultanément les vaccins antirotavirus et antipneumococciques, grâce au soutien de Gavi. Pour ce faire il a fallu accroître la capacité nationale de la chaîne du froid, bien former les agents de santé et communiquer clairement. Photo: Gavi/2012/Doune Porter.

NOMBRE RECORD D’INTRODUCTIONS

Gavi, l’Alliance du Vaccin, s’est fixée parmi ses principaux objectifs d’accélérer dans les pays qui en ont le plus besoin, l’accès aux vaccins antirotavirus qui protègent contre les diarrhées infantiles les plus sévères et les plus mortelles.

Gavi comptait soutenir l’introduction du vaccin antirotavirus dans 33 pays d’ici fin 2015. Cet objectif a cependant été dépassé 12 mois avant la date prévue, en 2014, lorsque 16 pays l’ont ajouté avec le soutien de Gavi à leurs calendriers de vaccination systématique. Ces introductions d’un seul vaccin ont été les plus importantes de l’histoire de Gavi au cours d’une année calendaire. Niger et Togo ont tous deux renforcé cet élan en introduisant simultanément les vaccins antirotavirus et antipneumococciques. Le Ghana avait, quant à lui, fait figure de pionnier en 2012 en utilisant ces deux vaccins simultanément.

Du fait du nombre important de pays ayant introduit le vaccin antirotavirus en 2014, les niveaux de couverture ont plus que doublé par rapport à 2013. Néanmoins, Gavi reste en deçà de ses objectifs de couverture annuels pour la période 2011-2015 en raison de l’insuffisance des introductions dans les pays très peuplés. De nombreux grands pays prévoyant d’introduire ce vaccin dans un avenir proche, l’Alliance du Vaccin poursuit sa collaboration avec les fabricants afin de veiller à ce que l’approvisionnement permette de satisfaire la demande des pays.

Nombre de pays ayant introduit les vaccins antirotavirus à ce jour

 

Taux de couverture des vaccins antirotavirus dans les pays éligibles au soutien de Gavi

 

Le rotavirus est la principale cause de diarrhée infantile sévère et de mortalité infantile par diarrhée du monde entier

PREMIÈRE CAUSE DE DIARRHÉE INFANTILE SÉVÈRE ET MORTELLE

On estime à 760 000 le nombre d’enfants de moins de cinq ans qui décèdent d’une maladie diarrhéique chaque année, ce qui représente 12 % des décès des moins de cinq ans dans les pays soutenus par Gavi. Dans le monde, environ 37 % des hospitalisations dues à la diarrhée chez les enfants de moins de cinq ans sont attribuables au rotavirus. Il est possible d’éviter plus de 2,4 millions de décès d’enfants d’ici 2030 en accélérant l’accès aux vaccins qui sauvent des vies dans les pays soutenus par Gavi1.

La quasi-totalité des enfants dans le monde souffriront d’une infection à rotavirus avant leur troisième anniversaire. Même si celle-ci touche les enfants de tous les pays, plus de 95 %2 des décès surviennent dans les pays à faible revenu d’Afrique et d’Asie, où l’accès au traitement est insuffisant voire inexistant.

Les enfants souffrent en général d’une infection à rotavirus avant l’âge de 9 mois, et ce virus peut se transmettre aux membres de la famille et à d’autres personnes avec lesquelles ils sont en contact étroit. Outre la diarrhée liquide aiguë, les symptômes comprennent des vomissements, de la fièvre et des douleurs abdominales. Dans les cas graves, il est nécessaire d’administrer de toute urgence aux enfants des solutions intraveineuses, sinon ils risquent de mourir de déshydratation.

Contrairement à d’autres types de diarrhée, il n’est pas possible d’éviter la propagation du rotavirus par une eau plus salubre ou un assainissement amélioré. Ce virus est si contagieux et si résistant qu’une meilleure hygiène n’a que peu d’effet sur la prévention de l’infection. Qui plus est, le rotavirus ne se guérit pas avec des médicaments comme les antibiotiques. On peut le traiter par des soins de santé appropriés, mais ceux-ci font souvent défaut dans les pays soutenus par Gavi. La vaccination reste donc le meilleur moyen de prévenir la morbidité et la mortalité dues au rotavirus.

Map of the global burden of rotavirus diarrhoeal disease

Rotavirus global disease burden  

LES VACCINS ANTIROTAVIRUS SAUVENT DES VIES ET PERMETTENT D'EPARGNER DE L’ARGENT

L’OMS recommande d’ajouter les vaccins antirotavirus à tous les programmes nationaux de vaccination, en particulier dans les pays d’Asie du Sud et du Sud-Est et d’Afrique subsaharienne.

Une étude réalisée dans 116 pays a montré que la vaccination contre le rotavirus est rentable et permet de réduire considérablement la charge de morbidité, en particulier dans les pays à faible revenu et les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure où la mortalité infantile est élevée. Les chercheurs ont constaté que, sans la vaccination contre cette infection, il y aurait eu en 2010 :

  • 23 millions de patients non hospitalisés ;
  • 3,3 millions de patients hospitalisés ;
  • plus de 290 000 décès ;
  • 987 millions de dollars (US$) de frais de traitements3.

On estime que, chaque année, l’emploi des vaccins antirotavirus dans les pays soutenus par Gavi pourrait prévenir 180 000 décès et 6 millions de consultations dans les dispensaires ou à l’hôpital, soit une économie de 68 millions de dollars (US$) par an, du fait des coûts de traitement évités.4 

Les pays ayant introduit les vaccins antirotavirus ont vu leur mortalité infantile diminuer de manière spectaculaire. Des études récentes montrent l’impact rapide et important des vaccins antirotavirus deux à cinq ans après leur introduction dans les programmes de vaccination nationaux. À titre d’exemple, les décès par diarrhée chez les jeunes enfants ont été réduits de 19 à 43 % en Bolivie, de 43 à 55 % au Mexique et de 57 à 64 % au Venezuela après introduction des vaccins antirotavirus5.


1 Source : Vaccine, Volume 30, Supplement 1, 27 avril 2012 : ‘Rotavirus vaccines for children in developing countries : Understanding the science, maximising the impact, and sustaining the effort’, Kathleen M. Neuzil, Umesh D. Parashar, A. Duncan Steele.

2 Source : Tate JE, Burton AH, Boschi-Pinto C, et. al. 2008 estimate of worldwide rotavirus-associated mortality in children younger than 5 years before the introduction of universal rotavirus vaccination programmes: a systematic review and meta-analysis. The Lancet Infectious Diseases. 2012;12(2):136–141.

3 Source : Palermina-Caicedo A, De la Hoz-Restrepo F, Alvis-Guzman N. Epidemiological and Economic Impact of Monovalent and Pentavalent Rotavirus Vaccines in Low and Middle Income Countries: A Cost-Effectiveness Modeling Analysis.The Pediatric Infectious Disease Journal, 28 avril 2015

4 Source : Atherly DE, Lewis KDC, Tate J, Parashar UD, Rheingans, RD. Projected health and economic impact of rotavirus vaccination in GAVI-eligible countries: 2011-2030. Vaccine. 2012;30(Suppl 1):A7–A14).

5 Source : Rotavirus vaccine impact. Site internet de PATH. Disponible à l’adresse suivante : http://sites.path.org/rotavirusvaccine/vaccine-impact-data/. Consulté le 18 août 2015.

Gavi offre aux pays en développement un soutien pour l’introduction des vaccins antirotavirus

SANS DELAI D'ATTENTE LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT REÇOIVENT LES NOUVEAUX VACCINS

L’Alliance du Vaccin a ouvert en 2007 un volet de financement visant à aider les pays qu’elle soutient en Amérique et en Europe à introduire les vaccins antirotavirus dans leurs programmes de vaccination systématique des nourrissons – un an seulement après l’introduction de ces vaccins dans les programmes de vaccination nationaux des États-Unis et d’autres pays industrialisés.

Gavi a élargi ce soutien au monde entier en 2009, après que l’OMS a recommandé d’introduire la vaccination universelle contre le rotavirus. Les pays à faible revenu d’Afrique et d’Asie, où surviennent la plupart des décès par rotavirus, ont ainsi pu introduire ce vaccin.

Les pays reçoivent une aide au financement du vaccin antirotavirus, mais aussi une subvention unique en espèces destinée à l’introduction des vaccins pour couvrir les frais supplémentaires.

Carte montrant le nombre de pays auxquels Gavi attribuera un soutien destiné à l’introduction du vaccin antirotavirus
 

 

ASSOCIER LA VACCINATION À D’AUTRES SERVICES DE SANTÉ

Le Groupe stratégique consultatif d’experts de l’OMS (SAGE) a souligné l’importance de la vaccination contre le rotavirus associée à une stratégie exhaustive de lutte contre les maladies diarrhéiques. 

En 2014, dans le cadre du Plan d’action mondial intégré pour prévenir et combattre la pneumonie et la diarrhée (GAPPD), le Bangladesh, l’Inde et la Zambie ont piloté des programmes exhaustifs visant à prévenir et à traiter la pneumonie et la diarrhée par une action coordonnée.

Outre la vaccination, celle-ci comprend l’allaitement maternel exclusif, une nutrition suffisante, le lavage des mains au savon, une eau salubre et un assainissement sûr, le traitement par une solution de réhydratation orale, des antibiotiques et du zinc. Ces trois pays ont élaboré au niveau du district et de l’État des plans de travail visant à prévenir et à combattre la pneumonie et la diarrhée.

L’INITIATIVE GAVI POUR l’INTRODUCTION ACCÉLÉRÉE DES VACCINS ET LE PROGRAMME CONCERNANT LES VACCINS ANTIROTAVIRUS

Gavi accorde aux pays à faible revenu un soutien financier destiné à l’introduction du vaccin antirotavirus, mais a aussi apporté des fonds au Programme « Vaccins antirotavirus » (RVP), partenariat entre PATH, l’OMS et les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) aux États-Unis. Objectif : accélérer l’introduction des vaccins antirotavirus dans les pays à faible revenu, qui attendent généralement jusqu’à 15 ans pour introduire les nouveaux vaccins.

Le RVP a mis en place une surveillance du rotavirus dans toutes les régions du monde, afin de recueillir des données sur la charge de morbidité due à cette infection, d’étudier les effets potentiels des vaccins et de démontrer leur rapport coût-efficacité. Le RVP a également élaboré un argumentaire en faveur de l’investissement ainsi qu’une prévision stratégique de la demande sur lesquels s’est appuyé Gavi lorsqu’elle a décidé en 2006 de financer l’introduction des vaccins antirotavirus dans le cadre de son nouveau programme de financement des nouveaux vaccins.

De concert avec Merck et GlaxoSmithKline, le RVP a mené des essais cliniques essentiels pour démontrer l’innocuité et l’efficacité des vaccins antirotavirus dans le monde entier. C’est sur cette recherche clinique que s’est appuyé l’OMS dans sa recommandation de 2009 prônant l’introduction universelle. En outre, le RVP a soutenu des études ayant montré des réductions importantes du nombre d’hospitalisations dues aux infections à rotavirus graves après l’introduction des vaccins (voir « L’enjeu »).

Démonstration

Dans sa recommandation de 2009 concernant les vaccins antirotavirus, l’OMS s’appuyait sur deux études cliniques menées dans des régions d’Afrique et d’Asie appauvries et à forte mortalité :

  • Étude clinique en Asie (Bangladesh et Viet Nam) : au cours de la première année de vie, moment où les enfants sont les plus exposés à la morbidité et à la mortalité due à la diarrhée, le vaccin antirotavirus a réduit de manière considérable – 51 % – l’infection à rotavirus grave1.
  • Étude clinique en Afrique subsaharienne (Ghana, Kenya et Mali) : la vaccination contre le rotavirus a permis d’éviter 64 % des infections à rotavirus graves au cours de la première année de vie des nourrissons africains, moment où les enfants sont les plus vulnérables à la morbidité et à la mortalité dues au rotavirus2.
  • Étude clinique en Afrique du Sud et au Malawi : les vaccins antirotavirus ont permis de sensiblement réduire l’infection à rotavirus grave – de 61 % – au cours de la première année de vie des nourrissons africains, moment où surviennent la plupart des infections graves et des décès par rotavirus3.

1 Source: Zaman K, Dang DA, Victor J, et al. Efficacy of pentavalent rotavirus vaccine against severe rotavirus gastroenteritis in infants in developing countries in Asia: a randomised, double-blind, placebo-controlled trial. The Lancet. 2010;376(9741):615-623.

2 Source: Armah GE, Sow SO, Breiman RF, et al. Efficacy of pentavalent rotavirus vaccine against severe rotavirus gastroenteritis in infants in developing countries in sub-Saharan Africa: a randomised, double-blind, placebo-controlled trial. The Lancet. 2010;376(9741):606–614.

3 Source: Madhi SA, Cunliffe NA, Steele D, et al. Effect of human rotavirus vaccine on severe diarrhoea in African infants. New England Journal of Medicine. 2010;362(4):289–298.

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