Gavi se mobilise pour la vaccination des enfants en Syrie

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Le Conseil d’administration de Gavi décide également de renforcer la constitution de stocks d’urgence de vaccins et d’accélérer le programme de vaccination contre le virus du papillome humain (VPH) pour protéger 40 millions de jeunes filles contre le cancer du col de l’utérus d’ici 2020.

Syrian children

Crédit: UNICEF/UN018097/Al-Issa

Abidjan, le 8 décembre 2016 - Gavi, l’Alliance du Vaccin, annonce une mobilisation exceptionnelle, alignée sur le Plan d’intervention humanitaire pour la Syrie (HRP), pour aider ses partenaires à acheter les vaccins et l’équipements en chaîne du froid qui permettront de protéger les enfants qui vivent dans ce pays ravagé par la guerre contre les maladies infectieuses dévastatrices.

« En l’absence de solution politique en Syrie, et avec des millions de personnes privées d’accès aux soins de santé les plus élémentaires, nous voulons aider les enfants vulnérables qui sont maintenant exposés à des maladies meurtrières évitables par la vaccination, » a déclaré le Dr Ngozi Okonjo-Iweala, Présidente du Conseil d’administration de Gavi qui, jeudi, a approuvé cette décision.

Le Conseil d’administration a promis un montant annuel de 25 millions de dollars US en 2017 et 2018 pour l’achat de vaccins et d’équipements de la chaîne du froid par l’UNICEF. Les partenaires entendent vacciner autour de trois millions d’enfants de moins de cinq ans à travers la Syrie.

La Syrie est passée maintenant au quatrième rang mondial des pays où le taux de vaccination des enfants est le plus bas. Nous devons veiller à ce que tous les enfants soient vaccinés en Syrie.  

Dr Seth Berkley, Directeur exécutif de Gavi

« Gavi est disposé à soutenir les acteurs de l’action humanitaire, UNICEF, Organisation mondiale de la Santé (OMS), organisations de la société civile et autres partenaires opérationnels. Ils sont sur le terrain pour porter assistance à des millions de personnes, malgré d’énormes contraintes opérationnelles, problèmes de sécurité et difficultés de financement » a ajouté le Dr Okonjo-Iweala.

D’après l’OMS et l’UNICEF, la couverture vaccinale pour les vaccins essentiels a chuté de près de moitié, passant de 80% avant le début du conflit à 41% en 2015, ce qui signifie qu’en Syrie, des millions d’enfants ne sont pas vaccinés. De ce fait, la mortalité due aux maladies évitables par la vaccination a augmenté et le pays est confronté à un risque élevé d’épidémies, ce qui s’est récemment concrétisé avec les flambées épidémiques de poliomyélite, de rougeole et de méningite.

« La Syrie est passée maintenant au quatrième rang mondial des pays où le taux de vaccination des enfants est le plus bas, » a reconnu le Dr Seth Berkley, Directeur exécutif de Gavi. « Nous devons veiller à ce que tous les enfants soient vaccinés en Syrie. Il faut empêcher que cette tragédie ne soit encore aggravée par la perte de vies humaines pour cause de maladies infectieuses. »

L’aide de Gavi portera sur les vaccins contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, l’hépatite B, Haemophilus influenzae de type b (Hib), la poliomyélite (vaccin polio inactivé - VPI) la rougeole et la rubéole.

Gavi intervient dans des contextes fragiles, là où les besoins en matière de santé sont souvent les plus criants. Le Conseil d’administration de Gavi a également approuvé un ensemble de principes sur la façon dont Gavi doit intervenir dans les environnements fragiles, dans les situations d’urgence et avec les populations déplacées. Cette nouvelle politique sera développée au cours des prochains mois.

Soutien accru pour la constitution de stocks d’urgence et pour le programme de vaccination contre la fièvre jaune

Le Conseil d’administration a également répondu à l’augmentation du nombre d’épidémies dans les pays soutenus par Gavi, comme l’épidémie de fièvre jaune qui a éclaté récemment en Afrique centrale, en approuvant une nouvelle forme de soutien pour la constitution de stocks d’urgence de vaccins contre la méningite, le choléra et la fièvre jaune. Pour les maladies contre lesquelles l’approvisionnement en vaccins est limité, ces stocks permettront d’avoir rapidement accès à des vaccins en cas d’épidémie.

Selon cette nouvelle stratégie, Gavi s’engagera sur le long terme à fournir des financements qui permettront à nos partenaires d’établir des plans pour l’avenir et aussi de renforcer la sécurité de l’approvisionnement. Tous les pays soutenus par Gavi, quel que soit leur statut en matière de transition vers l’autofinancement, pourront bénéficier d’une aide pour la totalité du coût du vaccin et des coûts opérationnels. Les autres pays pourront avoir recours aux stocks d’urgence, mais ils devront rembourser le coût des vaccins une fois passée la situation d’urgence.

« Les stocks d’urgence peuvent jouer un rôle essentiel dans le cadre d’une stratégie globale de lutte contre les maladies et pour maintenir la sécurité sanitaire mondiale, mais il ne s’agit pas d’un remède miracle, » a précisé le Dr Berkley. « Il faut que ces stocks de vaccins fassent partie d’une stratégie plus large visant à renforcer les systèmes de santé et à améliorer la protection des enfants par la vaccination systématique et les campagnes de vaccination préventive. »

Gavi va également renforcer sa mobilisation en faveur des activités de lutte contre la fièvre jaune, en accordant un financement supplémentaire de près de 150 millions de dollars US pour la période 2016-2020. Depuis 2000, Gavi a investi plus de 300 millions de dollars dans la vaccination systématique contre la fièvre jaune dans les pays à haut risque, les campagnes de vaccination préventive de masse et la constitution de stocks d’urgence.

Élargissement des programmes de vaccination contre le VPH

Avec un million de jeunes filles déjà vaccinées fin 2015, Gavi a atteint son objectif. C’est le bon moment pour renforcer encore notre impact contre ce fléau.  

Dr Ngozi Okonjo-Iweala, Présidente du Conseil d’administration de Gavi

Le conseil d’administration de Gavi a également décidé d’accélérer le programme de vaccination contre le virus du papillome humain (VPH), ce qui permettra aux pays bénéficiant de son soutien de protéger 40 millions de jeunes filles contre le cancer du col de l’utérus d’ici 2020, et d’éviter ainsi 900 000 décès.

Le VPH est la cause première de cancer du col de l’utérus, maladie responsable de 266 000 décès chaque année, principalement dans les pays à revenu faible et intermédiaire. D’après les dernières données disponibles, le cancer du col de l’utérus est également la première cause de décès par cancer chez les femmes en Afrique.

Depuis 2011, Gavi soutient la vaccination contre le VPH, par l’introduction du vaccin dans les programmes nationaux de vaccination ou par la mise en place de programmes pilotes de taille limitée pour aider les pays à se préparer à passer à l’échelle nationale.

Les pays vont pouvoir maintenant déposer directement auprès de Gavi des demandes de soutien pour l’introduction du vaccin contre le VPH dans les programmes nationaux de vaccination, sans avoir besoin de passer par le stade des programmes pilotes. L’Alliance du Vaccin soutiendra également les programmes visant à vacciner, lors de la première année, plusieurs cohortes de jeunes filles entre neuf et 14 ans.

La décision du Conseil d’administration fait suite à la recommandation émise récemment par le Groupe stratégique consultatif d’experts (SAGE) de l’OMS sur la vaccination, occasion unique pour Gavi d’élargir la protection contre le VPH. En ciblant une tranche d’âge plus large, l’Alliance du Vaccin espère obtenir plus rapidement une immunité de groupe et réaliser des économies et des gains d’efficacité opérationnelle.

« Avec un million de jeunes filles déjà vaccinées fin 2015, Gavi a atteint son objectif, » a affirmé le Dr Okonjo-Iweala. « C’est le bon moment pour renforcer encore notre impact contre ce fléau. En Afrique où les moyens de diagnostiquer et de traiter le cancer du col de l’utérus sont rares, la vaccination contre le VPH peut être une question de vie ou de mort pour beaucoup de femmes dans la fleur de l’âge. »

En septembre 2016, 23 des pays soutenus par Gavi avaient mis en place des programmes pilotes de vaccination contre le VIH tandis que le Rwanda, l’Ouganda et le Honduras avaient tous les trois introduit le vaccin dans leurs programmes nationaux de vaccination.

Gavi continuera à développer des synergies et des partenariats avec les organisations et les initiatives internationales comme Girl Effect, le Fonds mondial, le programme PEPFAR’s DREAMS et l’Organisation des Premières Dames d’Afrique contre le VIH/sida (OAFLA, pour the Organisation of African First Ladies Against HIV / AIDS), avec l’objectif de mieux intégrer la vaccination dans les interventions sanitaires s’adressant aux adolescents.

 

Gavi, l’Alliance du Vaccin est financée par des gouvernements [Afrique du Sud, Allemagne, Australie, Brésil, Canada, Danemark, Espagne, Etats-Unis d’Amérique, France, Inde, Irlande, Italie, Japon, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Qatar, République de Corée, République populaire de Chine, Royaume d’Arabie Saoudite, Royaume-Uni, Russie, Suède et Sultanat d’Oman], la Commission européenne, la Fondation Alwaleed Philanthropies, le Fonds de l’OPEP pour le développement international (OFID), la Fondation Bill & Melinda Gates, Son Altesse Cheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan ainsi que des partenaires privés et institutionnels [Absolute Return for Kids, Anglo American plc., la Fondation Children’s Investment Fund, Comic Relief, la Fondation ELMA pour les vaccins et la vaccination, Girl Effect, la Fédération internationale des répartiteurs pharmaceutiques, (IFPW), L’Alliance de la Jeunesse du Golfe, JP Morgan, la Fondation « la Caixa », LDS Charities, la Fondation Lions Clubs International, Majid Al Futtaim, Philips, UPS et Vodafone].

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Contact média

Frédérique Tissandier

Frédérique Tissandier
Gavi, l'Alliance du Vaccin
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Toutes les 2 minutes

Une femme meurt toutes les deux minutes d’un cancer du col de l’utérus – ce qui représente 266 000 décès chaque année. Plus de 85% de ces décès surviennent dans des pays en développement. Si les tendances actuelles se maintiennent et si rien ne change en matière de prévention et de lutte, les décès par cancer du col de l’utérus pourraient dépasser les décès maternels. Les vaccins contre le VPH sont capables de prévenir près de 90% des cas de cancer du col de l’utérus.

OMS

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