Le Conseil d'administration de Gavi commence à définir la stratégie de l'Alliance pour la période 2021-2025

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Le Conseil d'administration de Gavi donne son accord de principe sur un ensemble de nouveaux programmes élargis de vaccination.

Genève, le 29 novembre 2018 – Lors d'une réunion de deux jours qui s’est tenue sur le Campus santé de Genève, le Conseil d'administration de Gavi a pris une série de décisions qui aideront à façonner la stratégie de l'Alliance pour la période 2021-2025. Les objectifs stratégiques 2021-2025 seront adoptés lors de la prochaine réunion du Conseil d’administration, en juin 2019.

« Le Conseil d'administration a longuement discuté de l'orientation future de Gavi, ce qui va donner lieu à un travail intense au cours des prochains mois pour définir une stratégie pour la période 2021-2025 - la cinquième de l'existence de Gavi », a expliqué Dre Ngozi Okonjo-Iweala, Présidente du Conseil d’administration de Gavi. « Le paysage mondial a fondamentalement changé depuis la création de Gavi en 2000 et l'Alliance a évolué avec lui. Tout en restant fidèle à sa mission actuelle d'accélérer l'accès aux vaccins et d'accroître équitablement la couverture vaccinale dans les pays les plus pauvres du monde, l’Alliance évolue pour répondre aux défis de demain. »

Tout en restant fidèle à sa mission actuelle d'accélérer l'accès aux vaccins et d'accroître équitablement la couverture vaccinale dans les pays les plus pauvres du monde, l’Alliance évolue pour répondre aux défis de demain.  

Dre Ngozi Okonjo-Iweala, Présidente du Conseil d’administration de Gavi

Dans le cadre de sa Stratégie d'investissement en faveur de la vaccination (VIS), le Conseil d'administration de Gavi a approuvé un nouvel investissement dans six nouveaux programmes élargis de vaccination, à condition qu’ils soient en ligne avec les éléments finalement retenus pour la stratégie 2021-2025 (Gavi 5.0) et que Gavi dispose de fonds suffisants suite à la prochaine reconstitution de ses ressources. Après une évaluation approfondie des vaccins actuels et des nouveaux vaccins, les projets suivants ont été retenus prioritairement :

  • vaccin contre l'hépatite B en dose unique à la naissance - pour prévenir l'infection chronique par le virus de l'hépatite B (VHB), qui se développe chez 90% des enfants infectés par le VHB à la naissance ou au cours de la première année de vie et peut entraîner un cancer du foie,
  • doses de rappel de vaccin contre la diphtérie, la coqueluche et le tétanos – soit trois doses administrées aux enfants de 12-24 mois, 4-7 ans et 9-15 ans - après la première série d’injections au cours de la première année de vie, ce qui permet de prolonger durablement la protection contre ces trois maladies,
  • vaccin oral contre le choléra (VCO) - pour réduire de manière proactive l'incidence d'une maladie qui touche principalement les personnes pauvres et marginalisées,
  • vaccin contre la rage humaine en prophylaxie post-exposition - pour assurer un accès équitable à la prévention de la rage humaine en cas de morsure par un chien suspect de rage,
  • vaccin conjugué contre la méningite - vaccin multivalent contenant les sérogroupes A, C et W pour étendre la protection aux sérogroupes autres que celui de la méningite A,
  • vaccin contre le virus respiratoire syncytial (VRS) - pour prévenir l'une des causes les plus courantes de bronchiolite et de pneumonie chez les enfants de moins d’un an.

« Contrairement à ce qui se faisait dans le cadre des stratégies d'investissement précédentes, la distribution de ces vaccins impliquera la mise en place de nouvelles plateformes qui renforceront les soins de santé primaires dans leur ensemble », a déclaré le Dr Berkley. « Cette approche de la vaccination, qui tient compte de tout le parcours de vie, peut aider à créer les fondements des soins de santé primaires dans leur ensemble, en augmentant les occasions de contact de enfants, des adolescents et des adultes avec les agents de santé ».

Il a été décidé d’investir dans des études visant d’une part à combler les lacunes dans les connaissances et d’autre part à renforcer l'impact des six nouveaux programmes élargis de vaccination. Le soutien à l'utilisation des stocks mondiaux de vaccins contre le choléra a également été prolongé jusqu'en 2020 par le Conseil d’administration.

Cette décision est dans le droit fil de la résolution adoptée en mai 2018 par l'Assemblée mondiale de la Santé sur la prévention et la lutte contre le choléra, qui reprend les engagements de l’initiative : Ending Cholera: A Global Roadmap to 2030 [Mettre fin au choléra : feuille de route mondiale jusqu’à 2030]. Forts de cette résolution, qui reconnaît le rôle de la vaccination dans le cadre d'une stratégie intégrée, les partenaires du Groupe spécial mondial pour la lutte contre le choléra (GTFCC : Global Task Force on Cholera Control) aideront les pays à faire baisser de 90% le nombre de décès dus à cette maladie d'ici 2030, notamment en utilisant les stocks mondiaux de vaccins.

« Le choléra est souvent un révélateur des inégalités et de la pauvreté, » a reconnu la Dre Ngozi Okonjo-Iweala. « Les épidémies de choléra sont actuellement en recrudescence ; elles dévastent des familles, des communautés et des pays tout entiers. L'extension du soutien au stock de vaccins contre le choléra pourrait aider à mettre fin à cette situation, en réduisant la menace que le choléra fait peser sur la santé publique, tant au niveau local qu'à l'échelle mondiale. »

Le soutien de Gavi à la création, en 2014, d'un stock mondial de vaccin oral contre le choléra (OCV) a entraîné une augmentation vertigineuse de la demande pour ce vaccin. Rien qu'en 2017, près de 10 millions de doses ont été utilisées, de la Sierra Leone à la Somalie en passant par le Bangladesh. Au cours des dix premiers mois de 2018, plus de 14 millions de doses ont déjà été utilisées dans le monde entier, principalement en riposte à des épidémies.

Cette approche de la vaccination, qui tient compte de tout le parcours de vie, peut aider à créer les fondements des soins de santé primaires dans leur ensemble, en augmentant les occasions de contact de enfants, des adolescents et des adultes avec les agents de santé.  

Dr Seth Berkley, Directeur exécutif de Gavi

Le Conseil d'administration de Gavi a également demandé au Secrétariat d'évaluer, avec l'OMS, la faisabilité et l'impact de la vaccination systématique des agents de santé contre la grippe, en préparation aux épidémies et pandémies de grippe. Il a également approuvé l'appui au renforcement des capacités de diagnostic de la fièvre jaune en Afrique, en mettant en place un mécanisme d’achat de diagnostics.

« La fièvre jaune est une maladie incurable et mortelle. En permettant de riposter plus rapidement aux épidémies, l’investissement dans le diagnostic de la fièvre jaune permettra de sauver des vies, » a affirmé le Dr Berkley. « La fièvre jaune présentant les mêmes symptômes que de nombreuses autres maladies, une fraction seulement des cas suspects sont effectivement dus à la fièvre jaune, d'où la nécessité de disposer d'un laboratoire de diagnostic solide. De nombreux pays africains ont des capacités diagnostiques limitées en raison de l'absence de kit diagnostique sur le marché. »

Le Conseil d'administration de Gavi a décidé de continuer à soutenir le vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) après 2020, à condition de disposer de fonds suffisants pour la période 2021-2025 et sous réserve de l’alignement sur la stratégie définie dans la version finale de Gavi 5.0 qui sera présentée lors de la réunion de juin 2019. Le Conseil d'administration a fait remarquer que ce financement devra s'ajouter aux autres investissements de Gavi, tout en reconnaissant que le programme de vaccination VPI s’intègre tout à fait dans sa stratégie de vaccination. Il a par ailleurs souligné l'importance d'une étroite collaboration entre Gavi, l'Initiative mondiale pour l'éradication de la poliomyélite (IMEP) et les partenaires de l'Initiative, et a demandé à l'IMEP d'inclure le coût du VPI dans sa stratégie programmatique 2019-2023.

« L'éradication de la poliomyélite est toute proche, c’est pourquoi le VPI est une priorité mondiale en matière de santé », a reconnu Bill Roedy, Vice-Président du Conseil d’administration de Gavi. « Il peut préserver le monde de la poliomyélite pour les générations à venir. Mais toute erreur de manœuvre pourrait mener à une résurgence dramatique de cette horrible maladie. »

Le poliovirus sauvage reste endémique dans trois pays - l'Afghanistan, le Nigéria et le Pakistan - et il reste encore beaucoup à faire pour arrêter sa transmission. L'augmentation concomitante du nombre d’épidémies liées au poliovirus d'origine vaccinale a retardé l'éradication. Selon les données actuelles, l'éradication de la poliomyélite ne pourra pas être certifiée avant 2022, ce qui reporte à 2024 l’arrêt de l’utilisation du vaccin antipoliomyélitique oral bivalent (VPOb). L'IMEP est donc en train d’actualiser la Stratégie pour la phase finale (2019-2023) et la présentera à l'Assemblée mondiale de la Santé en 2019. Le Groupe stratégique consultatif d'experts sur la vaccination (SAGE) recommande d’utiliser le VPI pendant dix ans après le retrait du VPOb dans les pays n’hébergeant pas des « établissements essentiels » autorisés à détenir des stocks de poliovirus.

Dans le cadre de l’aide accordée à l’avenir au VPI, le Conseil d'administration de Gavi a approuvé le soutien de principe pour le vaccin hexavalent - qui inclut le VPI et protège également contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, l'hépatite B et Haemophilus influenzae de type b. Ce vaccin devrait être disponible en quantités suffisantes pour pouvoir être introduit au niveau des pays vers la fin de la nouvelle période stratégique, autour de 2024. Le Conseil d'administration de Gavi a également approuvé un soutien à l'Inde pour lapériode 2019-2021, pour atténuer l'augmentation des coûts du VPI. Cet accord sur le partage des coûts permet aux pays de continuer à s’approprier leurs programmes de vaccination avec le VPI tout en minimisant les risques qui pèsent sur la phase finale du programme mondial de lutte contre la poliomyélite.

Enfin, le Conseil d'administration de Gavi a félicité le gouvernement nigérian et le rôle éminent du ministre de la Santé, lesquels ont participé à la réunion du Conseil d’administration depuis Abuja par visioconférence, pour avoir élaboré un cadre de responsabilisation solide qui permettra aux partenaires de l'Alliance de suivre les progrès du programme de vaccination.

Pour la première fois, le Conseil d'administration de Gavi s'est réuni au siège de Gavi, situé sur le Campus santé, dans le bâtiment qu’elle partage avec le Fonds mondial, le Partenariat mondial Roll Back Malaria (dont l’objectif est de faire reculer le paludisme,) Stop TB (Halte à la tuberculose) et Unitaid. Gavi a emménagé dans ce bâtiment en juillet 2018.

 

Gavi est soutenue par les gouvernements [Australie, Brésil, Canada, Danemark, France, Allemagne, Inde, Irlande, Italie, Japon, Royaume d’Arabie Saoudite, Luxembourg, Pays-Bas, Norvège, République populaire de Chine, Principauté de Monaco, République de Corée, Russie, Afrique du Sud, Espagne, Qatar, Sultanat d’Oman, Suède, Suisse, Royaume-Uni et Etats-Unis d’Amérique], la Commission européenne, la Fondation Alwaleed Philanthropies, le Fonds de l’OPEP pour le développement international (OFID), la Fondation Bill & Melinda Gates, Son Altesse Cheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan, ainsi que des partenaires privés et institutionnels (Absolute Return for Kids, Anglo American plc., The Audacious Project, la Fondation Children’s Investment Fund, China Merchants Group, Comic Relief, Deutsche Post DHL, la Fondation ELMA pour les vaccins et la vaccination, Girl Effect, The International Federation of Pharmaceutical Wholesalers (IFPW), L’Alliance de la Jeunesse du Golfe, JP Morgan, la Fondation « la Caixa », LDS Charities, la Fondation Lions Clubs International, Majid Al Futtaim, Orange, Philips, Reckitt Benckiser, Unilever, UPS et Vodafone).

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Frédérique Tissandier
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