• Introduction

    Rapport annuel de situation 2017

    Nous avons le plaisir de vous présenter le rapport annuel 2017 de Gavi, le deuxième des cinq rapports de la série couvrant la période stratégique en cours. Ce rapport met en lumière certains résultats très encourageants ; mais il montre aussi les difficultés que nous aurons à surmonter si nous voulons continuer à progresser.

    Parcourez cette version en ligne pour une analyse complète de la performance de notre Alliance par rapport à sa mission et ses objectifs stratégiques, ainsi qu'une section dédiée sur l'impact plus large de la vaccination sur la santé mondiale et le développement.

     

    INTRODUCTIONS : LES DIRIGEANTS DE GAVI


    Il faut un engagement collectif encore plus important ; il faut mettre davantage l’accent sur le renforcement des systèmes de vaccination de routine ; il faut innover continuellement et apprendre sans cesse.

     

    Dr Seth Berkley, Directeur exécutif

    En 2017, 65 millions d’enfants ont été vaccinés avec notre aide, soit 3 millions de plus qu’en 2016, et nous sommes bien positionnés pour atteindre notre objectif de 300 millions d’enfants vaccinés entre 2016 et 2020. L’étendue de la protection a également augmenté, passant de 37% à 41%, avec plus de pays offrant une gamme élargie de vaccins dans le cadre de leurs programmes de vaccination systématique.

    Ces progrès ont été réalisés malgré les difficultés d’approvisionnement que nous continuons à rencontrer avec certains vaccins, notamment le vaccin inactivé contre la poliomyélite (VPI) et le vaccin contre le virus du papillome humain (VPH). Les problèmes d’approvisionnement de ces deux vaccins, résultat de l’augmentation spectaculaire de la demande, expliquent pourquoi, en 2017, il n’a été possible de réaliser que 35 des 50 introductions prévues.

    La vaccination s’impose toujours comme l’intervention sanitaire la plus rentable. Depuis sa création en 2000, l’Alliance du Vaccin a permis d’élargir considérablement l’accès à la vaccination. Dans les pays qui bénéficient de notre soutien, nous sommes arrivés à réduire de moitié le nombre d’enfants qui échappent à la vaccination de base : ils étaient 28 millions en 2000, ils sont à peine plus de 16 millions aujourd’hui. Nous sommes parvenus à ce résultat malgré l’augmentation de 15%, depuis 2000, du nombre d’enfants survivant au-delà de l’âge de 12 mois.

    Au cours de cette période stratégique, nous avons constaté une amélioration appréciable de la couverture avec trois doses de vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche (DTC3), tel que le pentavalent, avec une augmentation d’un point de pourcentage par rapport à 2015. C’est un début, mais ce n’est pas autant que nous l’aurions souhaité. Nous sommes en-dessous du taux de croissance escompté, ce qui montre la nécessité d’accélérer les progrès. Pour cela, il faut un engagement collectif encore plus grand ; il faut mettre davantage l’accent sur le renforcement des systèmes de vaccination de routine ; il faut innover continuellement et apprendre sans cesse.

    Cela s’applique tout particulièrement aux pays et aux zones fragiles. Quelle que soit la cause de ces fragilités –conflits, déclin économique ou pressions dues au climat – les habitants des zones considérées comme fragiles ont davantage besoin de la protection offerte par la vaccination, mais ce sont par définition les plus difficiles à atteindre.

    Dans ces conditions, les campagnes de vaccination jouent souvent un rôle important en permettant de protéger rapidement un grand nombre de personnes vulnérables contre des maladies redoutables. Mais pour beaucoup de pays, le recours répété aux campagnes de vaccination peut aggraver le problème au lieu d’apporter une solution à long terme. Menées le plus souvent en réponse aux épidémies, les campagnes de vaccination de masse coûtent cher ; elles éloignent les agents de santé de leur lieu de travail régulier et les détournent de ce qui devrait être leur priorité – renforcer les services de vaccination de routine et participer à l’édification de systèmes solides de soins primaires. C’est une des raisons pour lesquelles la couverture vaccinale contre la rougeole n’a pas augmenté depuis 2015. Autre exemple, la fièvre jaune : les efforts et les ressources ont porté sur la lutte contre les épidémies avec plusieurs campagnes de vaccination, mais la couverture systématique est restée, ces cinq dernières années, en-dessous des niveaux d’avant 2009.

    Si la problématique de la couverture vaccinale reste critique, cela n’enlève rien aux progrès que nous avons réalisés dans d’autres domaines. Les efforts de Gavi pour façonner le marché, par exemple, ont continué à porter leurs fruits ; ils ont stimulé la concurrence, ce qui a permis d’assainir le marché des vaccins. Ainsi, le coût de la vaccination complète d’un enfant avec le vaccin pentavalent et les vaccins contre le pneumocoque et contre le rotavirus est tombé à 16,63 dollars US en 2017, soit une réduction de 12% par rapport à 2016. Autre témoignage du succès du modèle de Gavi, huit pays se passeront de notre soutien financier d’ici la fin de l’année, ce qui portera à 16 le nombre de pays ayant réussi leur transition. Cela signifie que nous sommes en très bonne voie d’atteindre notre objectif, à savoir que 20 pays puissent se passer de notre aide d’ici 2020.

    Tout cela nous positionne favorablement pour notre évaluation à mi-parcours qui aura lieu à Abou Dhabi en décembre 2018, quand nous rendrons compte de nos progrès à nos donateurs. À l’approche de 2020, nous commençons à réfléchir à notre prochaine période stratégique ; il est cependant indispensable de continuer à nous pencher sur les problèmes mis en évidence dans ce rapport. Comme la période 2021-2025 (dénommée « Gavi 5.0 ») apportera probablement son cortège de nouveaux défis, la priorité est maintenant de remettre la couverture vaccinale sur la courbe ascendante. Avec l’attention renouvelée des pays et des partenaires, nous pouvons assurer qu'aucun enfant ne sera laissé de côté.


    Pour maintenir les taux de vaccination à un niveau élevé après le retrait de l’appui de Gavi, nous poursuivrons notre engagement vis-à-vis des pays en transition et leur fournirons le soutien dont ils ont besoin pour réussir.

     

    Dre Ngozi Okonjo-Iweala, Présidente du Conseil d’administration

    L’un des thèmes récurrents de cette année était « les partenariats ». Tout au long de l’année 2017, Gavi a imaginé de nouvelles façons de collaborer avec ses partenaires pour arriver à surmonter les défis, anciens et nouveaux. Pour une alliance comme la nôtre, cela me paraît une évidence.

    Alors qu’elle compte maintenant plus de 60 partenaires, l’Alliance du Vaccin a mis en place un cadre d'engagement avec ses partenaires (PEF, pour Partners’ Engagement Framework) qui offre de nouvelles façons de travailler grâce à son approche intrinsèquement centrée sur les pays. Au cours de ses deux premières années de fonctionnement, le PEF a permis de financer plus de 200 postes pour les bureaux de pays de l'OMS et de l'UNICEF dédiés à la vaccination.

    Notre nouvelle politique relative à la fragilité, aux situations d’urgence et aux réfugiés nous permet de travailler différemment, en étroite collaboration avec les pays concernés. Mise en place en juin 2017, cette politique permet à Gavi de réagir plus vite et avec plus de flexibilité que jamais, et aux pays de vacciner davantage de sujets dans des milieux fragiles.

    Ceci n’a jamais été aussi nécessaire. En 2017, plus de 68 millions de personnes ont été chassées de chez elles, du jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale. Notre nouvelle politique vise à résoudre ce problème croissant, par exemple en permettant aux pays qui accueillent un grand nombre de réfugiés de demander une aide supplémentaire pour les vacciner. Le Bangladesh a été le premier pays à bénéficier de cette possibilité. Grâce au financement de Gavi, il a pu mener des campagnes de vaccination à Cox’s Bazar pour les réfugiés rohingyas à la fin de l’année 2017.

    La collaboration est également essentielle pour assurer la pérennité du modèle de Gavi. Des 16 pays qui ne sont plus soutenus par Gavi, six seulement montrent les signes d’une tendance à la baisse de la couverture vaccinale. Afin de maintenir les taux de vaccination à un niveau élevé après le retrait de notre aide, nous poursuivrons notre engagement auprès des pays en transition. En travaillant plus étroitement encore avec les partenaires clés tels que la Banque mondiale, le Fonds mondial et le Mécanisme de financement mondial, sur la question du financement de la santé et de la transition, nous pourrons apporter à ces pays l’appui dont ils ont besoin pour réussir.

    Ce soutien inclut également la mise en place de mécanismes permettant le partage des connaissances entre pairs, par exemple des partenariats Sud-Sud, l’organisation de rencontres et de voyages d'étude, ou l’installation d’une plateforme en ligne réservée aux membres, dont le but est de favoriser l’adoption des meilleures pratiques en matière de vaccination.

    Ces initiatives permettront de continuer à renforcer et à élargir nos liens de travail avec les partenaires clés. Notre collaboration avec le Fonds mondial, par exemple, couvre déjà un large éventail d'activités liées à la vaccination : gestion des risques, sensibilisation et mobilisation en faveur de la vaccination, renforcement des systèmes de santé, surveillance et évaluation. Aux côtés de l’OMS et d’Unitaid, le Fonds mondial est également l’un des principaux partenaires dans notre initiative commune de mettre au point un nouveau vaccin contre le paludisme. Des essais cliniques à grande échelle devraient débuter fin 2018.

    Avec des effets positifs sur l'éducation, la sécurité sanitaire mondiale et l’inscription à l’état civil, la vaccination constitue l’une des grandes voies d’accès à la couverture sanitaire universelle. Alors que l’importance du rôle de notre Alliance dans le domaine de la santé mondiale ne cesse de croître, nous prévoyons d’intensifier nos collaborations et d’élargir notre panel d’acteurs et de partenaires, pour travailler ensemble à la réalisation de nos objectifs communs.


     

    Le modèle de Gavi en action

    Gavi, l’Alliance du Vaccin, est un partenariat international qui réunit les secteurs public et privé autour d’un objectif commun : donner à tous les enfants un accès égal à la vaccination.

    Nous rassemblons tous les principaux acteurs de la vaccination mondiale autour de notre mission commune. Tous les partenaires contribuent au modèle économique de Gavi et répondent de ses résultats.

    En tirant parti des économies d’échelle, Gavi est en mesure de stabiliser le marché des vaccins et faire baisser les prix. Avec des prix bas et stables, davantage de pays sont capables de maintenir et de développer leurs programmes de vaccination après l’arrêt de notre soutien financier.

    Le modèle de fonctionnement de Gavi →  

     
  • Mesurer nos performances


    Mission et objectifs stratégiques

    La mission de l’Alliance du Vaccin pour 2016-2020 est de sauver la vie des enfants et protéger la santé des populations en favorisant un accès équitable à la vaccination dans les pays à faible revenu.

    Pour remplir notre mission, nous appliquons une stratégie quinquennale comprenant cinq indicateurs de mission, quatre objectifs stratégiques et un ensemble d’indicateurs clés de performance qui nous permettent de suivre nos progrès.

    Notre stratégie 2016–2020 → 

    La pérennité des programmes de vaccination est un autre objectif important pour l'Alliance. Nous nous efforçons de faire en sorte que les pays maintiennent les programmes de vaccination recommandés après l'arrêt de notre soutien financier.

    INDICATEURS RELATIFS À NOTRE MISSION

    Enfants immunisés

    Ce que nous mesurons

    Le nombre d’enfants vaccinés avec toutes les doses recommandées d’un des vaccins soutenus par Gavi, administrées dans le cadre des vaccinations de routine.a Les enfants vaccinés lors des campagnes de vaccination ou des activités de vaccination supplémentaires ne sont pas inclus.

    Performance 2017

    En 2017, les pays ont vacciné 65 millions d’enfants - souvent avec plusieurs vaccins soutenus par Gavi - soit 3 millions d’enfants de plus qu’en 2016. Cela porte à 127 millions le nombre total d’enfants vaccinés grâce à notre soutien depuis le début de cette période stratégique. Nous sommes en bonne voie pour aider les pays à vacciner 300 millions d’enfants entre 2016 et 2020.

    a – Pour être sûr de ne pas compter plusieurs fois les enfants qui reçoivent plusieurs vaccins, nous ne prenons en compte que la vaccination effectuée avec l’aide de Gavi présentant le niveau de couverture le plus élevé dans chaque pays.

    Nombre d’enfants vaccinés

    (millions)

    2017 : 65m

    127m  

    2015 : n/dobjectif 2020 : 300m

    Sources : Estimations OMS/UNICEF de la couverture vaccinale nationale (WUENIC) ; Division de la population de l’Organisation des Nations Unies, Perspectives de la population mondiale

    Décès futur évités

    Ce que nous mesurons

    Le nombre de décès évités à terme grâce aux vaccinations effectuées avec des vaccins financés par Gavi dans les pays qui bénéficient de notre aide.

    Performance 2017

    En 2017, les pays en développement ont évité à terme environ 1,3 million de décès, contre 1,2 million en 2016, grâce aux vaccins soutenus par Gavi. Nous sommes en bonne voie pour aider les pays à prévenir à terme 5 à 6 millions de décès, grâce aux vaccinations effectuées durant la période 2016-2020.

    Nombre de décès évités à terme

    (millions)

    2017 : 1,3m

    2,5m  

    2015 : n/dobjectif 2020 : 5-6m

    Source : Consortium pour la modélisation de l’impact de la vaccination

    Taux de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans

    Ce que nous mesurons

    La probabilité moyenne qu’un enfant né dans l’un des pays bénéficiant du soutien de Gavi meure avant d’atteindre l’âge de cinq ans.

    Performance 2017

    La mortalité des enfants de moins de cinq ans a baissé de 62 à 60 décès pour 1 000 naissances vivantes entre 2015 et 2016. Nous sommes donc en bonne voie pour atteindre notre objectif de 56 décès pour 1 000 naissances vivantes d’ici la fin de 2020. Les estimations pour 2017 seront disponibles fin 2018.

    Taux de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans

    Dans les pays éligibles au soutien de Gavi (per 1 000 naissances vivantes)

    2016:2017 données disponibles Q4 2018

    60/1 000  

    2015 : 62/1 000objectif 2020 : 56/1 000

    Sources : Groupe interagence de l’ONU pour l’estimation de la mortalité juvénile ; Division de la population de l’Organisation des Nations Unies, Perspectives de la population mondiale

    Années de vie en bonne santé gagnées

    Ce que nous mesurons

    Le nombre d’années de vie en bonne santé gagnées grâce aux vaccinations effectuées avec le soutien de Gavi. Elles s’évaluent en DALY (pour Disability-Adjusted Life Years), mesure du nombre d’années de vie en bonne santé perdues pour des raisons d’invalidité ou de décès prématuré.

    Performance 2017

    Grâce à notre appui, les pays ont gagné environ 55 millions d’années de vie en bonne santé en 2017, contre 50 millions en 2016. Nous sommes en bonne voie pour atteindre notre objectif de 250 millions d’années de vie en bonne santé gagnées d’ici 2020.

    2017 : 55m

    105m  

    2015 : n/dobjectif 2020 : 250m

    Source : Consortium pour la modélisation de l’impact de la vaccination

    Maintien des vaccinations après l’arrêt du soutien de Gavi

    Ce que nous mesurons

    Le pourcentage de pays qui continuent à administrer tous les vaccins recommandés dans le cadre de leurs programmes de vaccination systématique après l’arrêt du financement de Gavi. Cet indicateur couvre tous les vaccins recommandés par les autorités nationales pour la vaccination de routine, pas seulement ceux qui étaient pris en charge auparavant par Gavi.

    Performance 2017

    Tous les pays qui ne reçoivent plus de soutien financier de Gavi ont maintenu tous leurs programmes de vaccination de routine recommandés pendant l’année 2017.

    100%  

    2015 : n/dobjectif 2016-2020 : 100%

    Source : Estimations OMS/UNICEF de la couverture vaccinale nationale

    Nous mesurons les progrès de nos buts stratégiques 2016-2020 au moyen d’un ensemble d’objectifs et d’indicateurs.

    • L’objectif
      Vaccination

      Favoriser un accès équitable aux vaccins et améliorer la couverture vaccinale

    • L’objectif
      Systèmes de santé

      Renforcer les systèmes de santé pour augmenter l’efficacité des services de vaccination qui en font partie intégrante

    • L’objectif
      Durabilité

      Assurer la pérennité des programmes nationaux de vaccination

    • L’objectif
      Façonnage des marchés

      Façonner le marché des vaccins et des produits associés à la vaccination

     
  • L'objectif Vaccination


    Favoriser un accès équitable aux vaccins
    et améliorer la couverture vaccinale
     

    Coup d’oeil sur 2017

    ▶ La couverture moyenne obtenue avec les vaccins financés par Gavi dans les pays soutenus a atteint 41%, contre 37% en 2016.

    ▶ La couverture avec un cycle complet de vaccin pentavalent dans les pays soutenus par Gavi a stagné à 80%, soit en-dessous de notre objectif de 84% pour 2020.

    ▶ En moyenne, 84% des districts des pays soutenus par Gavi ont atteint le seuil correspondant à une couverture vaccinale équitable, ce qui laisse entrevoir que nous sommes en bonne voie pour atteindre notre objectif.

     

    ▶ Nous n’avons réalisé que 35 des 50 introductions prévues pour 2017, en grande partie à cause de problèmes d’approvisionnement.

    ▶ En 2017, l’OMS a préqualifié un nouveau vaccin, plus efficace, contre la fièvre typhoïde, ce qui a permis à Gavi d’ouvrir une opportunité de financement pour le soutenir.

     

    Atteindre ceux qui échappent à la vaccination

    Tous les enfants, filles et garçons, riches et pauvres, où qu’ils vivent, ont le droit d'être vaccinés contre les maladies mortelles et invalidantes. Pour aider les enfants du monde entier à avoir accès à ce droit fondamental qu’est la santé, notre Alliance continue de soutenir la distribution de 13 vaccins vitaux dans les pays les plus pauvres du monde, dont certains sont parmi les plus fragiles.

    Depuis sa création en 2000, Gavi a soutenu près de 400 introductions de vaccins et campagnes de vaccination et a contribué à augmenter de plus de 20 points de pourcentage les taux de couverture vaccinale obtenus en vaccination de routine dans l’ensemble des pays bénéficiant de son aide.

    Mais cette moyenne masque des inégalités dans la couverture vaccinale entre les pays. Dans les pays soutenus par Gavi qui ne sont pas en situation de fragilité, la couverture vaccinale a continué d’augmenter ; elle est maintenant au même niveau que la moyenne mondiale. Cependant, dans les 18 pays soutenus par Gavi et considérés en 2017 comme en situation de fragilité, la couverture vaccinale est restée inchangée au cours des sept dernières années.

    Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu de progrès : compte tenu de la croissance démographique et des énormes défis auxquels les pays fragiles sont confrontés, le maintien des niveaux de couverture vaccinale est déjà en soi un succès impressionnant. Mais nous reconnaissons qu’il nous faut redoubler d’efforts pour surmonter les obstacles (mauvais état des infrastructures, manque de personnel de santé sur le terrain, mauvaise gestion, barrières sociales et culturelles et obstacles liés au genre) qui nous empêchent d’atteindre tous les enfants de tous les pays et de réaliser nos objectifs.

    Nos objectifs

    Pour la période 2016-2020, nous avons non seulement l’ambition d’étendre la portée des programmes de vaccination de routine, mais aussi d’augmenter le nombre de vaccins reçus par chaque enfant. Sur ce dernier point, nous progressons bien.

    Malgré quelques retards dus à des problèmes d'approvisionnement, nous avons soutenu 80 introductions de vaccin et campagnes de vaccination entre janvier 2016 et décembre 2017, et nous en prévoyons au moins 150 de plus d'ici la fin de l’année 2020.

    Ces dernières années, une part croissante de notre appui a été consacrée aux campagnes de vaccination. Ces campagnes sont essentielles pour vacciner ceux qui échappent à la vaccination systématique, mais si elles sont trop fréquentes et insuffisamment préparées, elles risquent de détourner les ressources qui sont indispensables aux programmes de routine. Nous travaillons avec les pays pour améliorer la qualité des campagnes, en les planifiant mieux et en les évaluant de façon systématique, de façon à éviter qu’elles ne compromettent l’élargissement et le renforcement des programmes de vaccination systématique.

    L'augmentation de la couverture vaccinale et l’accès équitable à tous les vaccins dans les pays que nous soutenons restent toujours nos objectifs principaux, mais nous voulons également :

    • aider les pays à introduire des vaccins contre des maladies nouvelles et sérieuses et à étendre leur utilisation ;
    • répondre avec souplesse aux besoins spécifiques des enfants vivant dans les pays fragiles.

    Stratégie 2016-2020 : l'objectif vaccination →  

    Indicateurs relatifs à la vaccination

    1 Couverture vaccinale en routine

    Ce que nous mesurons

    Le pourcentage d’enfants ayant reçu trois doses de vaccin pentavalent, qui protège contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche (DTC), l’hépatite B et Hib, et la première dose de vaccin contre la rougeole dans les pays bénéficiant de l’appui de Gavi. Le vaccin pentavalent est administré en trois doses, toutes trois dans les six premiers mois de vie. Les enfants reçoivent la première dose de vaccin à valence rougeole avant leur premier anniversaire.

    L’estimation de la couverture avec ces deux vaccins, présents dans les calendriers de vaccination systématique de tous les pays soutenus par Gavi, fournit un indicateur fiable de la proportion d'enfants ayant accès aux services de vaccination de base.

    Performance 2017

    La couverture moyenne avec la première dose de vaccin contre la rougeole plafonne à 78% dans les pays soutenus par Gavi. Alors qu’elle a augmenté entre 2015 et 2016, la couverture avec trois doses de vaccin pentavalent a stagné au cours de l'année écoulée, ce qui signifie que nous ne sommes pas en très bonne voie d’atteindre notre objectif de 2020. Cette tendance est particulièrement évidente dans les pays fragiles, où la couverture vaccinale plafonne à 62% depuis 2010.

    Du fait de la croissance démographique, la stagnation des taux de couverture signifie toutefois que les pays vaccinent de plus en plus d’enfants. Dans les pays soutenus par Gavi, le nombre total d’enfants qui ont reçu trois doses de vaccin, comme le pentavalent, est passé de 62 millions en 2016 à près de 64 millions en 2017.

    Présentation de la stratégie 2016–2020 → 

    KPI  

    2 Étendue de la protection

    Ce que nous mesurons

    Le pourcentage d’enfants ayant reçu la totalité des doses des sept vaccins recommandés sur l’ensemble des pays soutenus par Gavi et la totalité des doses de trois vaccins spécifiques à certaines régions.a 

    Performance 2017

    La couverture avec neuf vaccins a été en moyenne de 41% en 2017, soit une augmentation de 4 points de pourcentage par rapport à 2016. Les progrès sont toutefois inférieurs à la cible fixée pour 2017, en grande partie à cause des problèmes d’approvisionnement. Nous sommes légèrement en retard par rapport à ce que nous nous étions fixés pour atteindre notre objectif de 62% en 2020.

    Présentation de la stratégie 2016–2020 → 

    a – En 2017, cet indicateur n’a suivi que six vaccins. Le vaccin contre le VPH n’avait pas été inclus en raison du manque de données.

    KPI  

    3 Équité : répartition géographique

    Ce que nous mesurons

    Le pourcentage moyen de districts dans l’ensemble des pays soutenus par Gavi, dans lesquels la couverture avec trois doses de vaccin pentavalent est égale ou supérieure à 80%. Dans le cadre d’un effort accru visant à garantir la disponibilité de données infranationales précises pour mesurer l'équité, l'OMS et l'UNICEF ont commencé à communiquer les données de couverture ventilées par région géographique sur une base annuelle.

    Performance 2017

    La proportion de districts dans lesquels la couverture avec trois doses de vaccin pentavalent est égale ou supérieure à 80% est passée de 80% en 2016 à 84% en 2017. Nous sommes en bonne voie pour atteindre notre cible de 89% en 2020.

    4 Équité : répartition des richesses

    Ce que nous mesurons

    La différence moyenne de couverture avec trois doses de vaccin pentavalent entre le quintile le plus pauvre de la population et les 20% les plus riches parmi les pays bénéficiant d'un soutien de Gavi et disposant de données récentes.

    Performance 2017

    L'écart moyen dans la couverture vaccinale entre le quintile le plus riche et le quintile le plus pauvre des pays soutenus par Gavi était de 19% en 2017. L'absence de mouvement sur cet indicateur depuis 2015 signifie que nous risquons de ne pas atteindre notre cible de 16% pour 2020. En raison du manque de données récentes, la mesure des progrès dans ce domaine reste cependant problématique.

    5 Équité : éducation des mères

    Ce que nous mesurons

    La différence moyenne de couverture vaccinale entre les enfants dont la mère (ou toute autre femme qui en a la garde) n’a pas été scolarisée et ceux dont la mère a au moins un niveau de fin d’études secondaires. Nous utilisons trois doses de vaccin pentavalent comme base pour cet indicateur, et l’évaluation porte sur tous les pays soutenus par Gavi disposant de données d’enquête récentes.

    Performance 2017

    La différence moyenne de couverture vaccinale avec trois doses de vaccin pentavalent entre les enfants de mères scolarisées et les enfants de mères non scolarisées a stagné à 19% au cours des dernières années dans les pays soutenus par Gavi. Nous ne sommes pas en voie d’atteindre notre objectif 2020 pour cet indicateur, bien que l’absence de données récentes pose des problèmes pour suivre correctement cet indicateur.

    KPI  

    KPI  

    KPI  

    Perspectives d’avenir
    • L'Alliance du Vaccin est bien partie pour aider les pays à vacciner 300 millions d'enfants supplémentaires sur la période 2016-2020 et contribuer à une augmentation significative du nombre de vaccins reçus par chaque enfant. Mais les taux de couverture sont en stagnation en ce qui concerne la vaccination systématique. L’Alliance s'efforce autant qu’elle peut de renverser cette tendance.

      La fréquence élevée des épidémies de maladies évitables par la vaccination est également préoccupante ; c’est souvent le signe de faiblesses persistantes dans les systèmes de vaccination de routine, en particulier dans les pays les plus pauvres et les plus fragiles. Nous travaillons avec un large éventail de partenaires pour aider ces pays à résoudre le problème, mais nous reconnaissons qu'il s'agit d'un processus qui prendra du temps.

    • Notre démarche se veut de plus en plus souple et adaptée aux besoins spécifiques des pays en situation de fragilité, pays où les services de vaccination de routine ont du mal à atteindre tous les enfants. Il va falloir trouver encore d’autres solutions innovantes et renforcer davantage les collaborations entre le secteur public et le secteur privé.

      Nous envisageons également de soutenir de nouveaux vaccins susceptibles de sauver des vies. Notre prochaine Stratégie d'investissement dans les vaccins, qui devrait être finalisée d'ici fin 2018, identifiera les nouveaux vaccins et produits associés à la vaccination à inclure à l'avenir dans notre portefeuille, en donnant la priorité aux produits les plus prometteurs.

    • En 2016, nous avons pris la décision d'appuyer les projets pilotes d'un vaccin contre le paludisme, avec le début d’essais cliniques à grande échelle en 2018. Compte tenu des taux élevés de mortalité dus au paludisme - en particulier chez les jeunes enfants - le vaccin pourrait avoir un fort impact s'il est utilisé en combinaison avec d'autres interventions, comme la pulvérisation d’insecticide et l’utilisation de moustiquaires.

      Il est indispensable de s’assurer que toutes les populations, partout dans le monde, soient pleinement protégées avec tous les vaccins dont elles ont besoin, si l’on veut prévenir les épidémies, protéger la santé mondiale et sauvegarder la vie des enfants, aujourd’hui et demain.

     
  • L’objectif Systèmes de santé


    Renforcer les systèmes de santé pour
    augmenter l’efficacité des services de
    vaccination qui en font partie intégrante
     

    Coup d’oeil sur 2017

    ▶ Dans les pays soutenus par Gavi, la couverture avec la première dose de vaccin pentavalent a stagné au cours des deux dernières années, preuve que certains systèmes de santé sont encore faibles.

    ▶ La proportion de pays soutenus par Gavi qui répondent à nos critères de référence en ce qui concerne la prestation de services de santé intégrés est passée de 34% en 2016 à 44% en 2017.

     

    ▶ Les pays ont obtenu une aide pour 66 000 réfrigérateurs et congélateurs de pointe et respectueux de l'environnement, grâce à notre plateforme innovante d'équipement de la chaîne du froid.

    ▶ Les pays soutenus par Gavi ont obtenu un score moyen de 68% pour leur gestion de la chaîne d’approvisionnement en vaccins, contre 67% en 2016.

     

    Une plateforme pour la santé

    Actuellement, dans les pays les plus pauvres du monde, 80% des enfants reçoivent toutes les doses recommandées des vaccins de base, et les campagnes de vaccination permettent d’en atteindre encore plus. Aucune autre intervention relative à la santé ne touche autant de monde, surtout pendant la première année de vie.

    Vacciner des millions d’enfants, en particulier ceux qui vivent dans certaines des régions les plus fragiles et les plus reculées du monde, est une entreprise complexe. Il faut informer les communautés des bénéfices de la vaccination, conserver les vaccins au frais pendant leur transport de l’entrepôt au dispensaire, former les agents de santé et les responsables de la chaîne d'approvisionnement, collecter et analyser les données de vaccination. Tous ces éléments, nécessaires pour réussir à vacciner les enfants, servent également de plateforme pour les autres services de santé.

    Dans les pays les plus pauvres, un enfant sur cinq ne bénéficie toujours pas de la vaccination de base ; ce « cinquième enfant » est généralement le plus difficile à atteindre. Il vit le plus souvent dans un pays fragile, déchiré par les conflits ou frappé par une catastrophe naturelle, ou encore dans une zone rurale isolée, hors de portée des agents de santé. Il peut aussi « se cacher » dans les bidonvilles urbains ou être né dans une communauté où l’on ignore les bienfaits de la vaccination.

    Il est nécessaire de renforcer les systèmes de santé pour atteindre ce « cinquième enfant » et remplir l'un des principaux objectifs de notre stratégie 2016-2020 : améliorer équitablement la couverture vaccinale.

    Nos objectifs

    L'un des principaux objectifs de notre Cadre de renforcement des systèmes de santé et de vaccination (RSSV), lancé en 2016, consiste à identifier et aplanir les obstacles qui empêchent d’obtenir une couverture vaccinale durablement élevée et équitable.

    Lorsqu’un pays soumet une nouvelle demande d’appui pour le renforcement des systèmes de santé (RSS), nous collaborons avec les autorités sanitaires et les partenaires du pays concerné pour nous assurer que la demande comporte une description de tous les types soutien dont il bénéficie de la part de Gavi sur les trois à cinq ans : soutien aux vaccins, soutien au renforcement des systèmes de santé et de vaccination (RSSV) (notamment en matière d’équipement de la chaîne du froid) et assistance technique.

    Cela permet de vérifier que les interventions prévues sont complémentaires et conformes aux programmes de santé nationaux, et donne également la possibilité de mieux cibler les activités de renforcement des systèmes de santé et de les adapter de façon à atteindre les enfants qui ont échappé jusque-là à la vaccination.

    La majorité de nos financements de RSS sont destinés à des « domaines d’intervention stratégiques. » Ce sont les domaines que nous considérons les plus susceptibles d'avoir un impact durable sur la couverture vaccinale et l'équité en matière de vaccination, et pour lesquels les partenaires de l'Alliance du Vaccin ont un avantage comparatif.

    À la fin de l’année 2017, nous avions défini quatre domaines d’intérêt stratégique : les données, la chaîne d'approvisionnement, la pérennité, ainsi que l’encadrement, la gestion et la coordination des programmes de vaccination. Au cours de l’année, l’Alliance a commencé à travailler sur un cinquième domaine stratégique potentiel qui est la génération de la demande.

    Nos objectifs pour 2016-2020 reflètent la nécessité d’intégrer les programmes de vaccination dans les systèmes de santé, d’investir dans l'amélioration d’une couverture vaccinale équitable, et de renforcer les collaborations entre les partenaires. Il s’agit de :

    • mettre en place des programmes de vaccination intégrés et complets, comprenant des éléments fixes, des éléments complémentaires et des éléments mobiles ;
    • améliorer les chaînes d'approvisionnement, les systèmes d'information sur la santé, la demande de vaccins et adopter des approches respectueuses de l’égalité entre les genres ;
    • renforcer la participation de la société civile, du secteur privé et des autres partenaires de la vaccination.

    Stratégie 2016-2020 : l’objectif Systèmes de santé → 

    Indicateurs relatifs aux
    systèmes de santé

    Performance de la chaîne d’approvisionnement

    Ce que nous mesurons

    La note moyenne obtenue par les pays bénéficiant de l’appui de Gavi qui ont procédé à l’évaluation de leur gestion des vaccins selon les critères de l’OMS pour la gestion efficace des vaccins (GEV). Cet indicateur aide les pays à évaluer la performance de leur chaîne d’approvisionnement en vaccins au fil du temps par rapport aux normes des meilleures pratiques, à identifier ses dysfonctionnements et à y remédier. Parmi les caractéristiques évaluées figurent la gestion des vaccins, les capacités de stockage, les ressources humaines et les systèmes d’information.

    Performance 2017

    Les pays soutenus par Gavi ont obtenu un score GEV moyen de 68% en 2017, contre 67% en 2016. La cible de cet indicateur sera définie à la fin de l’année 2018. Il est toutefois évident que les pays et les partenaires ont réalisé d’importants progrès dans la mise en application de notre stratégie relative à la chaîne d’approvisionnement :

    • Fin 2017, un financement avait été accordé à 34 pays pour l’achat de plus de 66 000 nouveaux réfrigérateurs et congélateurs à faible consommation d’énergie, dans le cadre de notre plateforme d’optimisation des équipements de la chaîne du froid (CCEOP, pour Cold Chain Equipment Optimisation Platform). Nous prévoyons de moderniser les équipements de la chaîne du froid dans 40 à 50 pays d’ici fin 2020.
    • Les responsables de la chaîne d’approvisionnement de 15 pays soutenus par Gavi ont satisfait aux exigences en matière de compétences en gestion, après avoir achevé le programme STEP de formation stratégique pour les cadres (STEP – Strategic Training Executive Programme). D’ici 2020, nous espérons avoir des responsables qualifiés dans 35 pays.
    • 54 pays ont mené au moins deux évaluations GEV chacun, et 35 d’entre eux ont montré des améliorations. Notre objectif est que tous les pays soutenus par Gavi aient mis en œuvre des plans de gestion de la chaîne d’approvisionnement d’ici 2020.
    • Au moins 31 pays utilisent différents systèmes d’information pour surveiller leur stock et gérer leurs inventaires de la chaîne du froid. Notre cible pour 2020 est de 30 à 40 pays.
    • L’analyse de la conception des systèmes a débuté dans 11 pays ; 7 appliquaient déjà leurs conclusions pour améliorer l’efficacité de leur chaîne d’approvisionnement. Notre cible est que 10 pays aient achevé ce processus d’ici 2020.
     

    KPI  

    Qualité des données

    Ce que nous mesurons

    La proportion de pays bénéficiant de l’aide de Gavi dont les différentes estimations de la couverture vaccinale diffèrent de moins de 10 points de pourcentage.

    Cet indicateur reflète le degré de cohérence entre les différentes estimations de la couverture vaccinale. La « couverture vaccinale administrative » fait référence aux estimations fondées sur les données nationales communiquées chaque année par le pays lui-même. La « couverture vaccinale d’après les enquêtes » fait référence aux estimations fondées sur les données collectées dans le cadre des enquêtes auprès des ménages, telles que les enquêtes démographiques sur la santé, généralement réalisées tous les trois à cinq ans.

    Performance 2017

    47% des pays ont déclaré des données de couverture administrative présentant moins de 10 points de pourcentage de différence avec les estimations obtenues par les enquêtes, soit la même proportion qu’en 2016. Cela signifie que nous risquons de ne pas atteindre notre cible de 53% en 2020.

    Présentation de la stratégie 2016–2020 → 

    KPI  

    Couverture avec la première dose de vaccin pentavalent et taux d’abandon entre la première et la troisième dose

    Ce que nous mesurons

    La couverture avec la première dose de vaccin pentavalent et le taux d’abandon entre la première et la troisième dose dans les pays que nous soutenons.

    Prises ensemble, ces deux mesures donnent une bonne idée de la capacité des systèmes de santé en matière de services de vaccination. Une couverture élevée avec la première dose associée à de faibles taux d’abandon entre la première et la troisième dose caractérise les systèmes de santé solides, capables d’atteindre et de vacciner pleinement les enfants avec le nombre requis de doses. Les services de vaccination plus faibles peuvent réussir à atteindre les enfants avec la première dose mais pas avec trois doses.

    Performance 2017

    Dans les pays soutenus par Gavi, la couverture avec une première dose de vaccin pentavalent est restée stable autour de 86% depuis 2015 ; nous risquons de ne pas atteindre notre cible de 90% en 2020.

    Le taux d’abandon (7%) n’a pas bougé par rapport à 2016. Nous arrivons tout juste à tenir le cap pour atteindre notre cible pour cet indicateur.

    Présentation de la stratégie 2016–2020 → 

    KPI  

    Prestation de services de santé intégrés

    Ce que nous mesurons

    Le pourcentage de pays bénéficiant de notre appui qui atteignent notre objectif de prestation intégrée de services de soins prénatals et de vaccination. Pour satisfaire ce critère, les niveaux de couverture pour quatre interventions (soins prénatals et administration des vaccins contre le tétanos néonatal et contre la rougeole et du vaccin pentavalent) doivent tous dépasser 70% et se situer à moins de 10 points de pourcentage les uns des autres.

    Cet indicateur reflète le niveau d’intégration entre la vaccination et les autres prestations fournies dans le cadre du système de routine. Si ces services complémentaires atteignent des niveaux de couverture similaires, on peut généralement en déduire que les liens qui les unissent sont forts et qu’ils sont bien coordonnés.

    Performance 2017

    44% des pays soutenus par Gavi ont répondu aux critères de référence pour la prestation de services intégrés, soit une augmentation de près de 10 points de pourcentage par rapport à l’année précédente. Rien qu’en 2017, près de 64 millions d’enfants vivant dans les pays soutenus par Gavi ont reçu trois doses d’un vaccin contenant les antigènes DTC (comme le vaccin pentavalent, par exemple). Cela équivaut à plus de 190 millions de contacts entre ces enfants et le système de santé primaire, et autant d’occasions de leur proposer, à eux et à leurs familles, d’autres interventions sanitaires essentielles.

    Nous partons du principe que la vaccination offre une plateforme idéale pour la prestation d’autres services de santé. Par exemple, la supplémentation en vitamine A a été associée avec succès aux campagnes de vaccination et aux services de vaccination systématique dans de nombreux pays.

    De même, l’administration de vermifuge est souvent effectuée en même temps que la vaccination. En 2012, plus de 78 millions d’enfants d’âge préscolaire ont reçu un traitement vermifuge en même temps que leurs vaccins ou leur supplémentation en vitamine A, ce qui correspond à près de 25% des enfants nécessitant ce traitement. Souvent, une distribution de moustiquaires est organisée conjointement avec la première dose de vaccin pentavalent, de DTC ou avec le BCG, ou encore avec la première ou la seconde dose de vaccin contre la rougeole.

    Présentation de la stratégie 2016–2020 → 

    KPI  

    Participation de la société civile

    Ce que nous mesurons

    Le pourcentage de pays bénéficiant de notre soutien qui répondent à nos critères de participation de la société civile dans les programmes nationaux de vaccination, dans le but d’améliorer la couverture vaccinale et l’équité.

    Nous utilisons trois critères pour évaluer le niveau de participation de la société civile :

    • participation des organisations de la société civile (OSC) à l’élaboration des programmes nationaux de vaccination, avec des activités clairement définies ;
    • inscription des programmes et activités des OSC au budget du PEV (ou justification du fait qu’elles n’y figurent pas) ;
    • disponibilité d’éléments prouvant que les programmes des OSC ont été réalisés et/ou sont en cours de mise en œuvre.

    Performance 2017

    12 (57%) des 21 pays bénéficiant de l’aide de Gavi pour lesquels des données sont disponibles ont satisfait aux trois critères, contre 40% en 2016. La cible de cet indicateur sera définie à la fin de l’année 2018.

    Présentation de la stratégie 2016–2020 → 

    KPI  

    Perspectives d’avenir
    • Depuis la création de Gavi en 2000, les taux de couverture avec les vaccins de base ont augmenté de plus de 20 points de pourcentage. Le nombre d’enfants bénéficiant des vaccins vitaux est plus élevé que jamais.

      Mais néanmoins, les pays ne profitent pas tous pleinement des avantages de la vaccination ; certains sont à la traîne. Les pays fragiles, notamment ceux qui sont déchirés par les conflits ou frappés par des catastrophes naturelles, luttent pour mettre en place des systèmes de vaccination suffisamment puissants pour pouvoir protéger leurs populations contre les maladies mortelles.

    • À l’avenir, nous continuerons à chercher des solutions flexibles et sur mesure pour aider chaque pays, et notamment ceux qui sont en situation de fragilité, à améliorer leurs systèmes de santé, afin que tous les enfants puissent bénéficier des vaccins vitaux.

      Nous nous efforcerons, en travaillant avec les secteurs public et privé, d’éliminer les goulots d’étranglement et les obstacles à la vaccination, que ce soit l’obsolescence des chaînes d’approvisionnement, l’insuffisance des données ou la médiocrité de leur qualité et de celle des technologies utilisées, ou encore les défaillances au niveau de l’encadrement, de la gestion et de la coordination des programmes de vaccination.

    • La vaccination est l’une des pierres angulaires des soins de santé primaires. C’est la voie qui mène à la couverture sanitaire universelle. C’est la seule intervention qui permette à la majorité des familles d’entretenir des contacts réguliers avec les services de santé, en particulier pendant la première année de vie des enfants, la plus importante. Rien que pour cela, les systèmes de vaccination jouent un rôle clé dans les services de soins de santé primaires universels.

     
  • L’objectif Durabilité


    Assurer la pérennité des programmes
    nationaux de vaccination
     

    Coup d’œil sur 2017

    ▶ Huit pays supplémentaires sont maintenant entièrement responsables du financement de leurs vaccins, ce qui porte à 16 le nombre total de pays qui financent eux-mêmes leurs programmes de vaccination.

    ▶ Les pays ont participé à hauteur de 136 millions de dollars US au coût des programmes de vaccination soutenus par Gavi.

     

    ▶ Les pays ont entièrement financé eux-mêmes 27 programmes de vaccination initialement introduits avec l’aide de Gavi, contre 21 en 2016.

    ▶ Les pays qui remplissent les conditions requises pour obtenir un soutien de Gavi et les pays en transition ont investi 48 millions de dollars US dans des programmes de vaccination auparavant financés par Gavi, contre 20 millions en 2016.

    Stratégie 2016-2020 : l’objectif Durabilité → 

    Aider les pays à devenir autonomes

    La durabilité est au cœur du modèle Gavi. Dès le début, nous travaillons avec les pays concernés pour les aider à s'approprier le financement de leurs programmes de vaccination et à renforcer leurs systèmes dans la perspective de l’arrêt de notre soutien financier.

    Tous les pays avec lesquels nous avons des partenariats sont tenus de contribuer au coût des vaccins introduits avec notre aide. Ces obligations de cofinancement augmentent en fonction de leur croissance économique tandis que parallèlement, nous commençons à réduire le montant de notre soutien financier. Le processus selon lequel un pays assume progressivement le coût des vaccins soutenus par Gavi est appelé « transition » et s’étale généralement sur cinq ans. À la fin de cette période, les pays doivent entièrement financer eux-mêmes l’ensemble de leurs programmes de vaccination.

    Vingt pays devraient commencer à se passer de l’appui de Gavi entre 2016 et 2020. Seize d’entre eux - l’Angola, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Bhoutan, l’État plurinational de Bolivie, le Congo, Cuba, la Géorgie, le Guyana, le Honduras, l’Indonésie, les Kiribati, la Moldavie, la Mongolie, le Sri Lanka et le Timor-Leste – ne remplissent plus les conditions requises pour obtenir un soutien de Gavi à la fin de l’année 2017.

    Nos objectifs

    Nous avons été les premiers à prôner la pérennité, et nous mettons constamment notre expérience à profit pour affiner notre modèle. Aujourd'hui, notre approche va bien au-delà de la pérennité du financement des vaccins. Pour nous, la durabilité signifie l’extension des programmes nationaux de vaccination et le maintien d’une couverture vaccinale élevée et équitable après l’arrêt de notre appui. Cela implique également que les pays disposent de systèmes de santé suffisamment robustes et de processus décisionnels suffisamment efficaces pour faciliter l’introduction de nouveaux vaccins, et que la vaccination serve de plateforme pour les autres interventions de santé primaire.

    Dans ce but, nos objectifs de pérennité sont les suivants :

    • renforcer l'engagement politique national et infranational en faveur de la vaccination ;
    • faire en sorte que les pays attribuent à la vaccination les ressources humaines et financières dont elle a besoin par les voies législative et budgétaire appropriées ;
    • préparer les pays à maintenir les taux de vaccination après l’arrêt de notre aide.

    Ces objectifs se retrouvent dans le plan de transition de chaque pays, ainsi que dans les objectifs de pérennité programmatique et financière à long terme que nous fixons pour nos investissements. Ils façonnent la manière dont les programmes sont conçus et exécutés dès le début de notre soutien. La durabilité a été identifiée comme l’un des domaines d’intérêt stratégique de Gavi pour la période 2016-2020.

    Indicateurs relatifs au durabilité

    1 Les pays en voie de réussir leur transition vers l’autonomie

    Ce que nous mesurons

    Le pourcentage de pays en phase de transition accélérée qui sont en passe de réussir leur transition. Un pays est sur la bonne voie si :

    • au moins 75% des activités définies à l’avance à mener durant la phase de transition (par exemple la création d’une instance nationale de réglementation opérationnelle) ont été réalisées en temps voulu ;
    • la couverture avec trois doses de vaccin DTC (DTC3) a augmenté au cours des trois dernières années (si le pays avait déjà atteint une couverture d’au moins 90% avec le DTC3, il doit avoir maintenu ce niveau pendant trois ans) ;
    • il respecte ses obligations en matière de cofinancement et n’a pas été en défaut de paiement l’année précédente.

    Performance 2017

    À la fin de l’année 2017, 53% des pays en phase de transition accélérée étaient en passe de réussir leur transition. Les sept pays qui n’étaient pas en bonne voie n’étaient pas arrivés à remplir les critères de couverture vaccinale ; pour cinq d’entre eux, l’appui de Gavi s’est néanmoins arrêté le 31 décembre 2017. Afin de résoudre ces problèmes, nous avons adopté un ensemble de mesures combinant des approches adaptées à la situation de chaque pays, des engagements sur la période suivant la fin de l’aide financière et l’attribution de subventions pour faciliter la transition.

    Au total, 15 pays sortis du soutien de Gavi ou en transition ont intégralement financé eux-mêmes 27 programmes de vaccination, contre 14 pays et 21 programmes en 2016. En 2017, les contributions des pays pour les programmes entièrement autofinancés ont représenté un montant de 48 millions de dollars US.

    Huit autres pays - l’Angola, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la République du Congo, Cuba, la Géorgie, l’État plurinational de Bolivie et le Timor-Leste – se passent de notre appui financier depuis la fin de l’année 2017, ce qui porte à 16 le nombre de pays qui financent eux-mêmes entièrement leurs vaccins. Sept d’entre eux ont déjà atteint des taux de couverture de 90% ou plus avec le DTC3. En revanche, six autres ont vu leur couverture vaccinale diminuer entre 2016 et 2017.

    Présentation de la stratégie 2016–2020 → 

    KPI  

    2 Cofinancement

    Ce que nous mesurons

    Le pourcentage des pays ayant rempli leurs engagements de cofinancement à la fin de l'année ou ayant payé intégralement leurs arriérés au cours des 12 derniers mois.

    Performance 2017

    Au cours de l’année 2017, tous les pays ont respecté leur engagement de cofinancement pour 2016 ou ont payé la totalité de leurs arriérés. En outre, 58 pays sur 63 (92%) ont rempli leurs obligations de 2017 dans les délais.

    Cinq pays, le Cameroun, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la Sierra Leone et le Tchad se sont retrouvés en défaut de paiement de leur contribution de 2017. Globalement, cela correspond à la performance de 2016 en matière de cofinancement.

    En termes de nombre de programmes cofinancés ou autofinancés, 2017 s’est toutefois avérée l’année la plus réussie, avec 197 programmes cofinancés ou autofinancés (contre 184 l’année précédente). Les pays ont déjà payé globalement 136 millions de dollars US sur leurs obligations de cofinancement de 2017.

    KPI  

    3 Investissements des pays dans la vaccination systématique

    Ce que nous mesurons

    Le pourcentage de pays qui ont augmenté le montant de leur investissement par enfant dans la vaccination systématique, par rapport à 2015. Cet indicateur prend en compte l’ensemble des vaccins inclus dans le programme national, et pas seulement ceux qui sont pris en charge par Gavi. Il intègre également les dépenses relatives à des produits connexes, comme par exemple le matériel d’injection.

    Performance 2017

    Un peu plus de la moitié des pays soutenus par Gavi ont augmenté leurs investissements dans la vaccination de routine entre 2015 et 2016. Les données de 2017 seront disponibles en novembre 2018. La cible fixée pour 2020 est une augmentation par enfant des investissements consacrés à la vaccination dans tous les pays soutenus par Gavi.

    KPI  

    4 Capacité institutionnelle

    Ce que nous mesurons

    Le score moyen obtenu par les pays soutenus par Gavi par rapport à nos critères en ce qui concerne le processus décisionnel relatif aux programmes nationaux de vaccination, la gestion et le suivi de ces programmes. Par le biais de cet indicateur, nous évaluons la performance et l’efficacité des instances impliquées dans la gestion des programmes de vaccination, notamment le Programme élargi de vaccination (PEV), les mécanismes de coordination entre les différents organismes et les groupes techniques consultatifs sur la vaccination (GTCV).

    Performance 2017

    les pays soutenus par Gavi ont obtenu un score moyen de 2,4 sur 4,0 lors de l'évaluation de leur capacité institutionnelle. Un score de 4,0 signifie que le pays maintient lui-même de façon autonome le niveau de ses systèmes, de ses processus et de ses capacités. Un score de 3,0 indique que le processus de prise de décision du gouvernement fonctionne bien, que la coordination est satisfaisante et que le pays est capable de gérer le PEV avec une assistance technique.

    La note moyenne relativement faible reflète le fait que plusieurs pays soutenus par Gavi sont encore en train de mettre en place de nouveaux mécanismes de planification, de gestion et de suivi des programmes de vaccination ou de renforcer les mécanismes existants. La cible de cet indicateur sera définie fin 2018.

    KPI  
    Perspectives d’avenir
    • L’approche novatrice de Gavi visant à assurer la pérennité de la vaccination fonctionne, la plupart du temps, de manière satisfaisante. Il faut toutefois reconnaître que certains pays continuent de rencontrer des difficultés dans leur progression vers l’autonomie. Avec nos partenaires, nous mettons tout en œuvre pour que tous les pays puissent devenir autosuffisants.

      Près de la moitié des 20 pays ayant déjà atteint l’autonomie ou devant y parvenir d’ici 2020 n'ont introduit qu'un ou deux des quatre principaux vaccins du portefeuille de Gavi : le vaccin pentavalent, les vaccins contre le pneumocoque, le rotavirus et le virus du papillome humain. Pour remédier à cette situation, nous avons prolongé la période pendant laquelle les pays en phase de transition peuvent demander un nouveau soutien pour les vaccins.

    • Notre modèle de durabilité a beaucoup évolué sous d’autres aspects importants depuis 2000. En 2017, nous avons franchi un cap important en officialisant notre engagement avec les pays déjà autonomes et en nous entendant avec certains de nos principaux partenaires - la Banque mondiale, le Fonds mondial et le Mécanisme de financement mondial – pour continuer à élargir notre collaboration aux différents aspects du financement de la santé et de la transition des pays.

      Nous étudions également comment l'Alliance peut continuer à influer sur le marché des vaccins pour répondre aux besoins auprès des pays qui ont déjà terminé leur transition.

    • Les initiatives de mise en réseaux d’homologues et les collaborations Sud-Sud ouvrent aux pays de nouvelles possibilités de partager leurs connaissances et d’échanger leurs informations sur les meilleures pratiques. Nous aidons les pays à s'approprier véritablement cette transition et à devenir eux-mêmes des experts au sein d'une communauté ouverte et dynamique, ce qui leur permettra de préserver leurs avancées bien après la fin de notre soutien financier.

     
  • L’objectif Façonnage des marchés


    Façonner le marché des vaccins et des
    produits associés à la vaccination
     

    Coup d’œil sur 2017

    ▶ Le prix moyen pondéré de la vaccination complète d’un enfant avec les vaccins pentavalents, antipneumococcique et antirotavirus est tombé à 16,63 dollars US, soit une baisse de 12% par rapport à 2016.

    ▶ L’achat de deux nouveaux vaccins au volume réduit permettra de diminuer la pression sur les systèmes de la chaîne du froid.

    Stratégie 2016-2020 : l’objectif Façonnage des marchés → 

    ▶ Les marchés de trois vaccins ont été considérés comme relativement sains, soit un de plus qu’en 2016.

    ▶ L’Alliance a élargi ses activités de façonnage des marchés pour y inclure l’accélération de l’innovation, le soutien aux décisions appartenant aux pays eux-mêmes et l’évaluation des conséquences inattendues des activités de façonnage du marché.

     

    Pourquoi il est important de façonner le marché

    Une part essentielle des activités de l’Alliance consiste à insuffler une dynamique saine au marché des vaccins. Le fait que Gavi finance les vaccins et autres produits associés à la vaccination pour des pays qui représentent près de 60% de la cohorte annuelle des naissances nous place dans une position unique pour influer sur les marchés.

    Nos activités dans ce domaine visent à garantir que l'offre soit en adéquation avec la demande ou, plus précisément, que les fabricants produisent les bons vaccins, en bonne quantité et au juste prix pour répondre aux besoins des programmes soutenus par Gavi. Nous travaillons avec l'industrie pour les aider à prévoir les niveaux de la demande, et avec les pays pour nous assurer qu'ils sont en mesure d'accéder aux vaccins dont ils ont besoin à un prix abordable. En façonnant les marchés de cette manière, nous pouvons augmenter la rentabilité des investissements des donateurs et maximiser notre impact.

    Au cours de la période stratégique actuelle, nous avons élargi la portée de nos activités de façonnage du marché pour répondre à l’évolution des besoins des pays. C’est ainsi que nous nous intéressons non seulement aux vaccins, mais aussi aux produits associés à la vaccination comme les équipements de la chaîne du froid. Étant donné l’augmentation du nombre de pays qui s’émancipent de l’appui de Gavi, nous axons de plus en plus nos efforts sur la pérennité du marché des vaccins.

    Pour jeter les bases de programmes durables, nous nous attachons également à aider les pays à prendre des décisions éclairées en matière de priorisation et d’achat de produits. De plus, nous cherchons à améliorer nos méthodes de prévision et à évaluer les conséquences inattendues que peuvent avoir nos activités de façonnage du marché.

    Nos objectifs

    En matière de façonnage du marché, le principal objectif des efforts de Gavi a toujours été de faire en sorte que le marché fonctionne au profit des pays les plus pauvres, et que le plus grand nombre de personnes possible puissent bénéficier du potentiel vital de la vaccination. Aux débuts de l’Alliance, nous nous sommes attachés essentiellement à équilibrer la demande et l’offre, tout en encourageant une saine concurrence, de façon que les prix soient suffisamment abordables pour les pays que nous soutenons.

    Bien que ces aspirations demeurent au cœur de notre stratégie, nous adoptons désormais une vision plus globale de la santé des marchés. C’est ainsi que nous travaillons à mieux adapter les vaccins et les autres produits de vaccination au marché des pays en développement.

    Les objectifs de notre travail de façonnage du marché sont les suivants :

    • assurer un approvisionnement suffisant en vaccins de qualité ;
    • faire baisser durablement le prix des vaccins et des autres produits de vaccination à un niveau convenable ;
    • encourager le développement de vaccins et autres produits associés à la vaccination adaptés et innovants ;
    • augmenter le nombre de vaccins disponibles sur un marché sain.
     
    Indicateurs relatifs au marché

    1 Un approvisionnement suffisant et ininterrompu

    Ce que nous mesurons

    Le nombre de vaccins du portefeuille de Gavi disponibles sur le marché de façon constante et en quantité suffisante pour répondre à la demande.

    Performance 2017

    À la fin de l’année 2017, l’approvisionnement du marché était suffisant et constant pour huit vaccins, contre neuf en 2016.

    Le niveau de l’offre a répondu à la définition d’un approvisionnement constant et suffisant pour les vaccins contre l'encéphalite japonaise, la fièvre jaune, la méningite A, le pneumocoque, la rougeole, le vaccin combiné rougeole-rubéole, le vaccin pentavalent et le vaccin oral contre le choléra, ce qui représente 73% de la cible de 2020, fixée à 11 vaccins.

    KPI  

    2 Coût de la vaccination complète d’un enfant avec les vaccins pentavalent, antipneumococcique et antirotavirus

    Ce que nous mesurons

    Le prix moyen pondéré des vaccins pentavalent, antipneumococcique et antirotavirus pour la vaccination complète d'un enfant.

    Performance 2017

    À la fin de l’année 2017, le coût global des vaccins pentavalent, antipneumococcique et antirotavirus nécessaires pour la vaccination complète d'un enfant s'élevait en moyenne à 16,63 dollars US. Cela représente une baisse de 17% par rapport à la valeur de référence de 2015 (20 dollars US), et de 12% par rapport au prix de 2016 (19 dollars US).

    Ces progrès sont dus en grande partie à la réduction du prix moyen pondéré de la dose de vaccin pentavalent, qui est passé à 0,88 dollar US en 2017, soit une baisse de 43% par rapport à 2016. Le prix le plus bas obtenu pour ce vaccin a été de 0,68 dollar US la dose.

    La réduction du coût du vaccin contre le pneumocoque a également participé à cette baisse du prix global ; en 2017, deux fournisseurs ont baissé leurs prix, passant respectivement de 3,30 et 3,40 dollars US la dose, à 3,05 dollars US la dose.

    KPI  

    3 Innovation

    Ce que nous mesurons

    Le nombre de vaccins et autres produits connexes dont les propriétés ont été améliorées par rapport à l’année de référence.

    Performance 2017

    Depuis 2015, cinq nouveaux produits améliorés ont été préqualifiés par l'OMS et achetés par Gavi, trois en 2016 et deux autres en 2017. Pour 2020, notre cible est de 10 produits.

    Les deux nouveaux produits achetés en 2017 comprenaient une présentation nouvelle et améliorée du vaccin oral contre le choléra et un vaccin conjugué contre le pneumocoque en flacon multidose.

    Ces deux produits vont permettre d’alléger la charge imposée aux chaînes du froid des pays. Le nouveau vaccin oral contre le choléra livré en tube plastique prend 30% de place en moins et pèse 50% de moins que le flacon de verre utilisé précédemment. Il est aussi 25% moins cher. La présentation en quatre doses du vaccin antipneumococcique présente également l’avantage d’un volume réduit.

    KPI  

    4 Une dynamique de marché saine

    Ce que nous mesurons

    Le nombre de vaccins du portefeuille de Gavi dont la dynamique de marché est considérée comme saine ou relativement saine. Le marché de chaque vaccin peut s’évaluer en termes de dynamique, laquelle peut être très saine, relativement saine, faiblement saine ou nulle.

    Performance 2017

    les marchés de trois vaccins ont été évalués comme présentant une dynamique de marché relativement saine en 2017, contre deux en 2016. Aucun marché n'a encore été classé dans la catégorie « dynamique très saine. »

    Le marché du vaccin pentavalent est l'un des trois à avoir été jugés comme relativement dynamique en 2017. Il a conservé la même notation que l'année précédente, en partie en raison de la baisse substantielle des prix survenue au cours de l'année. La dynamique de marché des deux autres vaccins, contre la fièvre jaune et contre le pneumocoque, est passée de faiblement saine à relativement saine, en raison des améliorations de l’offre et de l’accroissement de la stabilité du marché.

    En revanche, le marché du vaccin contre le VPH est passé de relativement à faiblement sain car l'offre n'a pas suivi le rythme de la demande croissante des pays.

    Le marché des huit vaccins restants a été classé comme ayant une dynamique « faiblement saine » ou « nulle » en raison de problèmes liés à la sécurité de l'approvisionnement et de l'incapacité à satisfaire les préférences des pays.

    KPI  

    Perspectives d’avenir
    • Nous allons poursuivre nos efforts tout au long de cette période stratégique et au-delà, pour réguler le marché des vaccins et diversifier notre base de fournisseurs, en nous engageant fermement auprès de l’industrie et des pays bénéficiaires.

      Alors qu'un nombre croissant de pays s’émancipent de notre aide, il est plus que jamais nécessaire de suivre et de prévoir la demande. Les pays en transition apporteront de nouveaux éléments qui impacteront le marché des vaccins, tant du côté des achats que du côté du financement. Cela demande plus de flexibilité et un engagement encore plus grand de la part des partenaires de l’Alliance.

    • Constatant que la diversité augmente au niveau du marché des vaccins dans lequel nous opérons, nous reconnaissons qu’il nous faudra continuer à développer des approches sur mesure pour chacun des vaccins et définir nos objectifs en conséquence. Par exemple, il n’est peut-être pas possible de viser une dynamique de marché très saine pour chacun d’eux.

      Pour être sûr de bien percevoir la dynamique et la santé du marché des vaccins, nous continuerons à peaufiner et à améliorer nos modèles de la demande et nos fonctions d'analyse des données. Parallèlement, nous continuerons à évaluer la combinaison des interventions financières et non financières nécessaires pour optimiser la santé de chaque marché.

    • Depuis 2000, Gavi a contribué avec succès à accroître les taux de vaccination dans les pays qui bénéficient de son appui. Nous voyons maintenant un nombre croissant de pays se procurer et financer eux-mêmes leurs vaccins. Mais pour nous, cela ne veut pas dire que notre rôle s’arrête là - nous continuerons à aider les pays à maintenir leurs programmes de vaccination pendant longtemps encore.

     
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