Farah Ramzan Golan, CBE, est l'ancienne directrice exécutive de Girl Effect, un organisme créatif à but non-lucratif qui s'est associé à Gavi depuis 2016 pour placer les filles au premier plan des efforts fournis afin d'augmenter le recours au vaccin contre le virus du papillome humain (VPH) dans les pays en développement.

En 2018, en tant que défenseuse de Gavi, Farah va contribuer à éveiller les consciences sur les réussites de l'Alliance dans la préparation de la réunion à mi-parcours qui a lieu à Abou Dhabi, les 10 et 11 décembre.

Hébergée par les Émirats arabes unis, l'évaluation à mi-parcours fera le bilan de la progression de Gavi vers son objectif ambitieux de vacciner 300 millions d'enfants supplémentaires d'ici 2020, sauvant ainsi 5 à 6 millions de vies et obtenant des retombées économiques de 80 à 100 milliards de dollars américains au niveau mondial.

Farah Ramzan Golan, CBE, est l'ancienne directrice exécutive de Girl Effect, un organisme créatif à but non-lucratif qui s'est associé à Gavi depuis 2016 pour placer les filles au premier plan des efforts fournis afin d'augmenter le recours au vaccin contre le virus du papillome humain (VPH) dans les pays en développement.

En 2018, en tant que défenseuse de Gavi, Farah va contribuer à éveiller les consciences sur les réussites de l'Alliance dans la préparation de la réunion à mi-parcours qui a lieu à Abou Dhabi, les 10 et 11 décembre.

Hébergée par les Émirats arabes unis, l'évaluation à mi-parcours fera le bilan de la progression de Gavi vers son objectif ambitieux de vacciner 300 millions d'enfants supplémentaires d'ici 2020, sauvant ainsi 5 à 6 millions de vies et obtenant des retombées économiques de 80 à 100 milliards de dollars américains au niveau mondial.

Dans quelle mesure l'approche Girl Effect qui responsabilise les filles est-elle unique ?

Il est universellement admis que la distribution de services tels que la vaccination et l'éducation est indispensable au  progrès. Il est moins largement reconnu que, à eux seuls, ces services ne sont pas suffisants.

Alors que la prestation de ces services est absolument vitale, les attitudes négatives et les normes sociales empêchent souvent les filles d'y avoir accès même quand ils sont mis à disposition. Par exemple, un père peut ne pas laisser sa fille se rendre dans une clinique pour se faire vacciner, s'il existe dans leur communauté l'idée stigmatisante que seules les filles sexuellement actives sollicitent des services de santé.

Il est universellement admis que la distribution de services tels que la vaccination et l'éducation est indispensable au  progrès. Il est moins largement reconnu que, à eux seuls, ces services ne sont pas suffisants.

Alors que la prestation de ces services est absolument vitale, les attitudes négatives et les normes sociales empêchent souvent les filles d'y avoir accès même quand ils sont mis à disposition. Par exemple, un père peut ne pas laisser sa fille se rendre dans une clinique pour se faire vacciner, s'il existe dans leur communauté l'idée stigmatisante que seules les filles sexuellement actives sollicitent des services de santé.

Girl Effect s'attaque à cette partie de l'équation : la création d'une demande. À travers nos activités, une fille peut demander des informations et des conseils, afin de s'exprimer et de construire des relations vitales. En incluant sa communauté, nous l'aidons à accroître la conviction et le soutien de son entourage, afin qu'ils soient de son côté, et qu'elle se sente responsable et légitimisée dans ses besoins.

Nous sommes une organisation créative, à but non-lucratif, réunissant un ensemble unique de compétences en médias, téléphonie, marques, technologie et développement international. Nous élaborons des marques pour les jeunes, et des plates-formes mobiles avec lesquelles des millions de filles et de garçons adorent interagir : des applications qui créent des compétences, en passant par des feuilletons télé, jusqu'aux magazines écrits et distribués par des filles.

Girl Effect cherche à saisir une opportunité sans précédent afin de créer le changement en exploitant une nouvelle génération de jeunes, mondiale, comme jamais auparavant. Dans notre monde numériquement transformé, il s'agit d'une génération qui peut être responsabilisée afin qu'elle trouve sa voie et son importance, plus rapidement qu'on l'aurait cru possible.

En parallèle des marques que les jeunes font vivre, la créativité et la narration reposent au coeur de tout ce que nous faisons. Ensemble, ils ont le pouvoir de changer la façon dont une fille, et tous ceux qui l'entourent, pensent, ressentent et se comportent envers elle. Grâce à un cadre de mesure solide, nous sommes capables de démontrer de quelle façon notre travail impacte des millions de vies.

En changeant les sentiments et les esprits, et en plaçant la narration autour des filles, un processus irréversible peut être créé.

Quel est votre meilleur souvenir en tant que directrice exécutive de Girl Effect ?

Woman speaking up

Lorsque j'ai rejoint Girl Effect pour la première fois en 2015, j'ai participé à un « voyage d'apprentissage dirigé par des filles » en Éthiopie.Cela comprenait de passer une journée dans la peau d'une fille éthiopienne - appelons-la Abeba- lui parler, faire ses corvées, manger avec sa famille et avoir un aperçu de la réalité de sa vie quotidienne.

Abeba avait 15 ans. Elle vivait dans une maison en torchis avec sa famille et sa fille de 1 an. Elle avait quitté l'école à la naissance de sa fille. Son père était décédé, sa mère trop malade pour travailler, et ses frères faisaient vivre la famille.

À la fin de ma journée avec elle, Abeba m'a dit de quelle façon elle avait eu son bébé.

Elle avait été violée par un ami de sa famille, est tombée enceinte et a donné naissance à l'enfant.

Mais ses confidences ne se sont pas arrêtées là. Elle m'a également dit qu'elle était vraiment douée en mathématiques et qu'elle voulait retourner à l'école, afin qu'elle puisse donner à sa fille et à elle-même la perspective d'une vie meilleure. Elle pourrait ainsi apprendre, puis ensuite travailler, et faire en sorte que l'horrible expérience qu'elle a vécu ne devienne pas ce qui caractériserait sa vie. Elle m'a également révélée qu'elle écoutait le feuilleton radio de Yegna, qui fait partie de la marque multi-média jeunesse de Girl Effect en Éthiopie, ce qui lui donnait l'impression qu'elle n'était pas seule. Les modèles de référence de l'émission, les thèmes abordés et les situations qu'ils vivaient étaient en résonance directe avec elle. Elle a dit que ces personnages lui ont donné la force et la conviction qu'elle pouvait améliorer sa vie et celle de sa fille.

L'histoire d'Abeba traite de l'énorme résilience et de l'espoir qui existent face à l'adversité. Abeba ne sera pas considérée comme une victime. Elle est drôle, intelligente, et courageuse. C'est une mère formidable. Elle est douée en mathématiques. Elle aimerait un coup de main, pas l'aumône.

C'est ce en quoi consiste le travail de Girl Effect.

Qu'est-ce qui a poussé Girl Effect à s'associer avec Gavi, et comment cela va-t-il induire une prise de conscience à propos du Vaccin contre le virus du papillome humain (VPH) ? 

Tuant plus de 260 000 femmes chaque année, le cancer du col de l'utérus représente une menace majeure pour les filles vivant dans les pays en développement. L'infection à VPH est la principale cause du cancer du col de l'utérus dans le monde. Sans interventions à grande échelle, tant en termes de prévention que de contrôle, le nombre de décès devrait atteindre 416 000 d'ici 2035. Gavi s'est fixé l'objectif ambitieux d'aider ces pays à vacciner 40 millions d'adolescentes d'ici 2020 grâce à l'introduction du vaccin anti-VPH. Des stratégies de communication innovantes qui créent une demande de vaccin anti-VPH sont indispensables afin d'atteindre la cible. 

C'est là que le travail de Girl Effect entre en jeu. Grâce à un partenariat innovant de 10 millions de dollars américains, nous travaillons avec Gavi pour exploiter le pouvoir des marques de Girl Effect afin d'accroître la demande de vaccin anti-VPH et de responsabiliser les filles pour qu'elles utilisent les services de santé aux moments critiques de leur vie. Nous voulons que les filles saisissent toutes les opportunités qui se trouvent à leur portée. 

Girl receiving vaccine against HPV in Rwanda- GAVI/2012/Diane Summers

Le partenariat sur 4 ans a été lancé en 2016. À l'origine, Gavi et Girl Effect collaboraient afin de mieux comprendre ce que les filles et les communautés savaient déjà du cancer du col de l'utérus et du vaccin anti-VPH, ainsi que la façon dont ils considéraient l'accès des filles aux services de santé, de façon plus générale. Cette approche va ensuite exploiter les marques jeunesse de Girl Effect - les magazines, les émissions de radio, la musique et d'autres chaînes de communication - afin d'accroître les connaissances des filles en faisant changer leur attitude et celle de leur communauté envers le vaccin anti-VPH et d'autres services de santé, contribuant ainsi à augmenter l'utilisation de ce vaccin. 

Le partenariat inclut des processus solides de suivi et d'évaluation qui non seulement surveillent l'impact de nos marques jeunesse sur l'utilisation du vaccin anti-VPH, mais mesurent également la capacité des marques à engendrer des résultats positifs plus étendus en matière de santé. Il va mesurer de manière rigoureuse l'impact de la contribution de Girl Effect sur la mobilisation sociale pour les programmes nationaux de vaccination anti-VPH dans 3 pays africains : L'Éthiopie, le Malawi et le Rwanda. 

Notre approche factuelle plaidera en faveur de davantage de stratégies holistiques, centrées sur les filles, pour mener un changement de comportement et créer de nouvelles opportunités par le biais de l'intégration de modèles de santé adolescents. Ensemble, nous avons pour objectif de prouver l'impact de notre innovation. 

J'ai mentionné le fait que ce partenariat va plaider en faveur de davantage de stratégies holistiques qui piloteront un changement de comportement. Chez Girl Effect, nous avons conscience que les adolescentes du monde entier vivent des existences complexes. Leur réalité est interconnectée : l'âge auquel une fille a son premier enfant a un impact sur sa scolarité ; le temps qu'elle passe à l'école a un impact sur sa future sécurité financière ; le manque de ressources financières a un impact sur sa santé.

Les filles ne pensent ou n'agissent pas en fonction d'interventions individuelles. Les problèmes qu'elles rencontrent, et les rêves qu'elles cultivent, recoupent chaque facette de leur vie. Notre approche holistique et responsabilisante représente une innovation que, nous l'espérons, de nombreuses autres personnes adopteront.

Les Journées européennes du développement constituent une incroyable plate-forme pour mettre cette approche en valeur. Nous sommes fiers de partager la scène avec Gavi et leur vision progressiste pour le rôle que les vaccins - et particulièrement le vaccin anti-VPH - jouent dans le grand écosystème de la santé des adolescents.

Si vous deviez délivrer un seul message aux participants de la réunion à mi-parcours de Gavi à Abou Dhabi en décembre prochain, quel serait-il ?

Mon message est très simple : les filles peuvent être responsabilisées afin de devenir des actrices du changement.

Elles ne sont pas, et ne doivent pas être considérées comme des bénéficiaires passives du vaccin anti-VPH, ou de toute autre forme d'intervention. Leur engagement actif est important, mais pas seulement pour l'impact continu du vaccin anti-VPH dans la prévention du cancer du col de l'utérus, ni simplement pour le succès de l'introduction d'un nouveau vaccin dans le programme de vaccination national.

C'est également important car une expérience positive peut influencer une fille tout au long de sa vie et l'encourager à se tourner vers les soins -- pour elle-même, ses futurs enfants et les générations à venir.

Ethiopia-Farah-Maria-and-girls

Girl Effect et Gavi collaborent pour protéger les filles du cancer du col de l'utérus

Girl Effectet Gavi ont conclut un partenariat innovant afin de protéger les filles contre le cancer du col de l'utérus dans les pays en développement.

Dans le cadre de ce partenariat intégré, Gavi soutient les pays dans leur achat de vaccin anti-VPH, pendant que Girl Effect débloquera la demande en attirant l'attention des filles sur l'importance de recourir à la vaccination anti-VPH au Rwanda, en Éthiopie et au Malawi.

Girl Effect concrétise cela en tirant profit de ses marques culturelles - des marques enracinées dans la culture locale, reflétant la réalité des filles, leurs histoires et les difficultés qu'elles rencontrent chaque jour.

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