La résistance aux antibiotiques est en train de devenir l’une des plus grandes menaces pour la santé mondiale au 21e siècle, mais elle est loin d’être un phénomène moderne. En réalité, comme le montre la récente découverte dans une grotte souterraine de souches bactériennes résistantes aux antibiotiques isolées de la surface depuis plus de quatre millions d’années, la résistance est non seulement antérieure à l’utilisation d’antibiotiques par l’homme, mais également à la race humaine elle-même.

Lorsqu’ils ont été découverts pour la première fois il y a plus de cinquante ans de cela, les antibiotiques ont rapidement été annoncés comme un miracle de la médecine moderne. À l’instar des vaccins, ils ont eu une très grande incidence en matière de prévention des décès au 20e siècle. Mais maintenant, après des décennies d’utilisation clinique, les bactéries développent une résistance à ceux-ci.

À cause de la surconsommation systématique et de la mauvaise utilisation des antibiotiques, nous avons créé les conditions idéales permettant aux souches résistantes de dépasser leurs parents moins résistants et de se propager rapidement. La semaine dernière, l’Organisation mondiale de la Santé a souligné le problème lors de la Semaine de sensibilisation mondiale aux antibiotiques, appelant les gens à limiter l’utilisation d’antibiotiques à moins de vouloir créer un monde dans lequel des infections mineures deviendraient à nouveau mortelles. Pourtant, les vaccins, autre intervention médicale majeure utilisée pour lutter contre les maladies bactériennes, ne sont pas confrontés au même problème. Pourquoi ?

Une revue publiée par la Royal Society indique que ce fait pourrait être expliqué par deux différences fondamentales entre les antibiotiques et les vaccins. La première est le moment d’administration ou d’utilisation : les antibiotiques sont généralement pris après qu’une infection bactérienne se soit déclarée et que la population bactérienne soit suffisamment importante pour provoquer la maladie. À ce stade, les bactéries se sont déjà multipliées à plusieurs reprises. Chaque fois que les bactéries se répliquent, leur ADN est copié. Lorsque des erreurs surviennent au cours de ce processus, cela peut créer des variations au sein de la population.

Cela signifie que lorsqu’un patient prend un antibiotique, la population bactérienne est déjà suffisamment importante et variée pour qu’une souche résistante apparaisse. Elle a alors plus de chance de prospérer dans cet environnement étant donné que les autres souches qui auraient pu lui faire concurrence sont tuées par l’antibiotique. Cette logique est étayée par des études qui montrent que plus une population microbienne est importante au moment du traitement, plus la résistance aux médicaments est susceptible d’évoluer.

En revanche, les vaccins sont administrés avant l’infection. Leur rôle est d’apprêter le système immunitaire à la lutte contre toutes les infections futures, de manière à ce qu’elles puissent être maîtrisées avant que les bactéries n’aient eu la chance de se multiplier.

Une deuxième différence est la sophistication de la manière dont les vaccins défendent le corps contre les infections bactériennes. Les antibiotiques ont tendance à agir en ciblant une protéine bactérienne ou un mécanisme bactérien spécifique. Dans certains cas, une seule mutation peut suffire à modifier la cible et empêcher sa reconnaissance par le médicament – ce qui rend alors la bactérie résistante. En revanche, certains vaccins peuvent exposer le système immunitaire à un très grand nombre de protéines bactériennes. Cela favorise le développement d’un vaste répertoire d’anticorps utilisant un grand nombre de lignes d’attaque pour prévenir les infections bactériennes. Les chances que les bactéries développent simultanément une résistance à l’attaque pour chaque type d’anticorps produit sont minces.

La vaccination peut permettre de lutter contre la surconsommation en empêchant les infections qui auraient nécessité un traitement antibiotique et en freinant la propagation des souches résistantes. Elle fournit également une défense cruciale contre des maladies qui ne peuvent plus être traitées avec des antibiotiques.

On pense déjà que les infections pharmacorésistantes sont responsables de plus de 700 000 décès par an. Certaines estimations suggèrent que, d’ici 2050, ce nombre pourrait s’élever à 10 millions, soit plus de victimes encore que n'en cause le cancer. Étant donné leur plus grande résistance par rapport aux antibiotiques, de nouveaux investissements dans les vaccins joueront un rôle essentiel dans notre réponse à cette menace croissante pour la santé mondiale.

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