Une longue vie pour tous : réalisons cette utopie, pour tous les enfants d’Afrique

En exclusivité pour VaccinesWork, S.E. Madame Auxillia Mnangagwa, Première Dame de la République du Zimbabwe, Vice-Présidente de l'Organisation des Premières Dames d'Afrique pour le Développement, clôture la semaine mondiale de la vaccination avec un message simple : soyons reconnaissants pour les vaccins.

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S.E Madame Auxillia Mnangagwa, Première Dame de la République du Zimbabwe, Vice-Présidente de l'Organisation des Premières Dames d'Afrique pour le Développement
 

 

Une longue vie pour tous : c’est ce que nous avons appelé de nos vœux, lors de cette semaine africaine de la vaccination. Tous les ans, la dernière semaine d’avril est l’opportunité de rappeler la valeur inestimable des vaccins.

Imaginez une Afrique où chaque enfant peut réaliser son potentiel, sans craindre la menace des maladies infectieuses. Imaginez une Afrique sans rougeole, sans malaria. Bonne nouvelle : c’est possible ! Une longue vie pour tous, ce n’est pas juste un slogan : c’est une utopie réaliste, atteignable grâce au talent et à l’engagement de nos chercheurs, personnels de santé, organisations de société civile, autorités locales, nationales et internationales, pour faire en sorte que chacun bénéficie de l’innovation scientifique extraordinaire que constitue la vaccination pour vivre longtemps et en bonne santé.

Quelle chance nous avons de pouvoir être protégés de près de 30 maladies graves, depuis l’invention du tout premier vaccin contre la variole à la fin du 18e siècle jusqu’à celui contre la COVID-19, en passant par la rougeole et le cancer du col de l’utérus. Et ce n’est pas fini : la recherche avance à grande vitesse, nous faisant espérer, dans le futur, la fin de dizaines d’autres fléaux dont le VIH.

S'il y a une leçon à retenir de cette terrible pandémie, c’est que tout le monde, partout, doit avoir accès à la vaccination : il en va de notre santé à tous, et de notre futur. Ce sont les acteurs et décideurs de demain que nous devons protéger aujourd’hui, et personne ne doit être laissé de côté.

Soyons reconnaissants de disposer de cet outil qui non seulement fonctionne, mais qui est également tout à fait sûr. Les vaccins nous font voir le meilleur de ce que peut faire l’humanité, quand elle sait être collectivement intelligente et solidaire. Ces deux dernières décennies, plus d’1,1 milliard d’enfants ont été vaccinés, ce qui a permis de sauver 4 à 5 millions de vie chaque année, et réduit de moitié la mortalité infantile. Ce sont autant d’enfants qui peuvent aller à l’école, se faire des amis, et plus tard devenir des adultes épanouis, actifs, qui fondent des familles et contribuent à la société. Quelle joie, et quel soulagement de savoir que ces jeunes vies africaines ne seront pas impactées par la souffrance que représentent les maladies évitables grâce à la vaccination.

Remettre la vaccination de routine au premier rang des priorités

Cependant, cet enthousiasme ne doit pas nous empêcher de reconnaître les défis qui se sont dressés contre l’immunisation de tous les enfants. Force est de constater que la pandémie de COVID-19 que nous vivons a ralenti l’Afrique dans ses efforts de vacciner tous les enfants.

En 2020, 23 millions d’entre eux n’ont pas pu recevoir leurs vaccins de base, le plus haut nombre depuis 2009. C’est un risque immense non seulement pour eux, mais pour l’ensemble du continent qui voit croître le nombre de cas de maladies infectieuses comme la rougeole, qui coûte chaque année la vie à des dizaines de milliers d’Africains.

De même, la polio sauvage, qui a de nouveau surgi en Afrique australe nous rappelle à quel point la vaccination est précieuse. Des progrès immenses avaient été effectués : grâce aux campagnes de vaccination de masse, plus aucun cas de polio sauvage n’avait été détecté sur le continent depuis quatre ans. Mais 2020, l’OMS et l’Unicef ont estimé que 7,7 millions de nos enfants n’avaient pas reçu la première dose vitale des vaccins contre la diphtérie-tétanos-coqueluche, la rougeole et la polio, soit une hausse de 10% par rapport à l’année précédente.

Nous devons redoubler d’efforts pour que chaque enfant, dès la naissance, ait accès à la vaccination de routine, contre la rougeole, la polio ou encore la tuberculose, avec une priorité particulière donnée aux enfants zéro-dose, ceux que les programmes de vaccination échouent malheureusement à atteindre.

Aujourd’hui, l’OMS estime qu’un enfant sur cinq en Afrique ne reçoit pas ses vaccins de base, pourtant indispensable pour une enfance insouciante, et plus de 30 millions d’enfants de moins de cinq ans souffrent de maladies évitables grâce à la vaccination. A ce rythme, toujours selon l’OMS, il y aura 15 millions d’enfants zéro-dose en 2030.

Un accès équitable à la vaccination

S'il y a une leçon à retenir de cette terrible pandémie, c’est que tout le monde, partout, doit avoir accès à la vaccination : il en va de notre santé à tous, et de notre futur. Ce sont les acteurs et décideurs de demain que nous devons protéger aujourd’hui, et personne ne doit être laissé de côté.

C’est la raison pour laquelle je salue le travail accompli par Gavi, l’Alliance du vaccin, qui a aidé à protéger presque la moitié des enfants du monde depuis sa création en 2000 : en travaillant main dans la main avec les gouvernements, des organisations telles que l’OMS et l’Unicef, d’autres agences de l’ONU, la société civile et l’industrie des vaccins, Gavi reconnaît que l’objectif de vies longues pour tous, qui nous a animé lors de cette semaine africaine de la vaccination, est un travail d’équipe.

Nous, les Premières Dames d’Afrique pour le développement, et notre organisation dont j’assure la vice-présidence, prendront toute notre part dans cette noble cause, pour être défenseuses d’une meilleure santé sur notre continent.


Autrice

S.E Madame Auxillia Mnangagwa, Première Dame de la République du Zimbabwe, Vice-Présidente de l'Organisation des Premières Dames d'Afrique pour le Développement.