En se faisant vacciner pendant leurs grossesses, les mères peuvent se protéger et protéger leurs nourrissons contre certaines maladies au cours des premiers mois vulnérables de leur vie. Cette stratégie est une puissante approche permettant d’atteindre deux étapes de la vie souvent mal desservies par les programmes de vaccination actuels : la grossesse et la petite enfance. 

Des innovations sont en cours et la vaccination maternelle (VM) pourrait bientôt représenter la réponse tant recherchée à une cause répandue, mais souvent méconnue, d’infections respiratoires graves chez les jeunes enfants : le virus respiratoire syncytial (VRS). Plusieurs vaccins contre le VRS sont en cours de développement, l’un de ceux-ci étant au dernier stade des essais cliniques et très probablement disponible dès 2021, en fonction des résultats – il est, en outre, conçu pour la VM. Les chercheurs évaluent ses performances et ses avantages potentiels pour les mères immunisées et leurs nouveau-nés. S’il est homologué, il deviendrait le tout premier vaccin contre le VRS. Cependant, le développement d’un vaccin ne constitue qu’une partie du défi. Une fois que le vaccin expérimental approuvé pour une utilisation aux États-Unis (où il est fabriqué) et ailleurs, le monde doit être prêt et capable de l’utiliser, y compris les pays à revenu faible et intermédiaire (PRFI) où la capacité actuelle d’administration des vaccins dans le cadre des services de soins prénatals de routine pourrait être limitée.   

Une nouvelle feuille de route élaborée par la collaboration Advancing Maternal Immunization (AMI) et coordonnée par PATH et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) est désormais disponible en guise d’aide. Elle décrit les activités nécessaires pour éclairer la prise de décisions relative à la question de savoir si et comment intégrer les vaccins maternels contre le VRS de la phase de développement aux vaccinations de routine dans les PRFI. Elle met en évidence la possibilité pour les programmes de vaccination et de santé maternelle et infantile de s’unir comme jamais auparavant pour répondre aux questions en suspens et jeter les bases des stratégies de la VM qui renforcent davantage la prestation des services de vaccination et de soins prénatals. Le vrai travail ne fait que commencer. 

Définir la voie à suivre 

Un vaccin maternel contre le VRS a certes un potentiel mondial, mais il serait révolutionnaire dans des milieux aux ressources limitées. Facilement confondu avec un simple rhume chez les enfants plus âgés et les adultes, le VRS peut être mortel pour les nourrissons, en particulier ceux âgés de moins de six mois et vivant dans des PRFI, où sont signalés la quasi-totalité des décès dus au VRS. Sur plus de 30 millions de cas d’enfants dans le monde, le VRS cause chaque année 1,4 million d’hospitalisations au cours de la première année de vie et 120 000 décès avant l’âge de cinq ans dans le monde entier. Les complications graves incluent la pneumonie et la bronchiolite. En cas de succès, la VM contre le VRS donnerait aux mères le pouvoir de protéger leur bébé très tôt, ce qui est particulièrement important dans les milieux où les soins médicaux sont hors de portée et où les soins aux malades peuvent menacer les moyens de subsistance. Au-delà de cela, les mères seraient également protégées du VRS, et l’issue des grossesses pourrait en bénéficier et le risque de transmission de l’infection par le VRS d’une mère à son bébé après la naissance pourrait être réduit. 

Bien que la VM soit déjà utilisée en toute sécurité et efficacité dans de nombreux pays contre des maladies telles que le tétanos, la grippe et la coqueluche, des problèmes de livraison et des insuffisances d’information empêchent de l’utiliser à large échelle au-delà de la prévention du tétanos dans les PRFI. La disponibilité de vaccins contre le VRS pour la VM se profilant à l’horizon, il est maintenant essentiel de s’attaquer à ces problèmes. Ne pas le faire retarderait, voire empêcherait, l’introduction et la livraison dans les pays qui en ont le plus besoin.

A pregnant woman listening to an information session

Une feuille de route pour faire avancer la vaccination maternelle contre le VRS  

Sur la base d’une analyse de carence menée début 2018, la feuille de route d’AMI pour la VM contre le VRS est destinée à aider les chercheurs, les décideurs politiques, les professionnels de la santé, les bailleurs de fonds, les défenseurs et les autres parties prenantes aux niveaux mondial et national à déterminer quand et où diriger leurs efforts pour lever les obstacles inhérents à l’introduction de la VM contre le VRS. Elle décrit également les activités nécessaires pour donner aux pays les moyens de prendre des décisions en matière d’adoption dans le cadre de priorités de santé publique concurrentes. 

Les activités les plus urgentes sont spécifiquement axées sur l’appui au développement et à l’homologation des vaccins ; l’évaluation de l’impact potentiel de la VM contre le VRS sur la santé et le retour sur investissement pour éclairer les décisions en matière de politique et de financement ; la préparation du suivi post-introduction ; l’élaboration de stratégies de communication en faveur de la sensibilisation et de l’adhésion ; et l’assurance que les pays sont équipés pour administrer le vaccin dans le cadre des vaccinations de routine et de manière efficace et équitable dès qu’il est disponible. 

Au-delà de la prévention du VRS 

La VM peut donner aux mères les moyens de se protéger contre le VRS et de protéger leurs nouveau-nés à la naissance et plusieurs mois après – soulignant la capacité de la vaccination à protéger contre les maladies à tous les stades de la vie. Le vaccin maternel contre le VRS actuellement au stade de développement le plus avancé est sur le point de marquer l’histoire, non seulement en tant que premier vaccin protégeant contre le virus, mais également en tant que premier vaccin spécifiquement conçu pour la VM et l’un des premiers à cibler une disponibilité quasi simultanée aussi bien dans les pays à revenu faible que dans ceux à revenu élevé. C’est également une occasion naturelle de jeter des bases qui vont au-delà de la prévention du VRS étant donné que les plates-formes développées et renforcées à cet effet pourraient être utilisées pour d’autres VM futures et pour le renforcement des services de soins prénatals dans leur ensemble. 

Rien de tout ceci ne sera possible tant que nous ne pourrons pas prendre des décisions éclairées et nous préparer dès maintenant à l’introduction du vaccin contre le VRS. Nous devons mettre en œuvre la feuille de route afin de pouvoir administrer la VM dès qu’elle sera disponible – et travailler avec tous les programmes dans ce sens. Consultez le rapport pour voir comment vous pouvez contribuer à cela. 

La VM est un puissant outil de santé ; apprenons ensemble à le manier au maximum de ses capacités. 

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