• Attendus à partir de 2029, des vaccins antituberculeux de nouvelle génération pourraient apporter des gains sanitaires et économiques majeurs. On estime qu’ils contribueraient à sauver 7,3 millions de vies, tout en générant jusqu’à 135 milliards de dollars US de retombées économiques pour les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire d’ici 2050 et en soutenant les efforts de lutte contre la résistance aux antimicrobiens.

  • Des mesures doivent être prises dès maintenant afin de s’assurer que les pays à la charge de morbidité la plus élevée puissent accéder à ces vaccins en quantité suffisante.

  • « Ces vaccins antituberculeux innovants pourraient devenir un nouvel outil incontournable de la vaccination, mais ils n’atteindront leur plein potentiel que si nous pouvons garantir un approvisionnement suffisant, prévisible et abordable aux pays qui en ont le plus besoin », a déclaré la docteure Sania Nishtar, directrice exécutive de Gavi.

Genève, le 14 septembre 2026 – De nouveaux vaccins antituberculeux, qui devraient être disponibles à partir de 2029, pourraient contribuer à sauver 7,3 millions de vies entre 2030 et 20501, d’après les estimations. Cela permettrait de générer jusqu’à 135 milliards de dollars US de retombées économiques dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, selon une nouvelle analyse portant sur leur impact potentiel. Avec de tels bénéfices, les nouveaux vaccins antituberculeux pourraient compter parmi les outils de vaccination ayant le plus fort impact de ces dernières décennies, représentant une technologie révolutionnaire pour la lutte contre la maladie infectieuse la plus meurtrière au monde.

Néanmoins, dans sa Feuille de route pour l’orientation précoce du marché des nouveaux vaccins contre la tuberculose (Early Market Shaping Roadmap for novel TB Vaccines) publiée aujourd’hui, Gavi, l’Alliance du Vaccin avertit qu’il convient de prendre des mesures dès maintenant pour préparer les gouvernements et les fabricants de vaccins à l’arrivée de ces nouveaux outils. D’après la feuille de route, la demande en vaccins parmi les pays à revenu faible et à revenu intermédiaire pourrait représenter en moyenne 86 millions de schémas vaccinaux par an. La demande devrait être plus importante les premières années, les pays à forte charge de morbidité cherchant à étendre la protection vaccinale à travers plusieurs groupes d’âge dans les zones à haut risque.

« Ces vaccins antituberculeux innovants pourraient devenir un nouvel outil incontournable de la vaccination, mais ils n’atteindront leur plein potentiel que si nous pouvons garantir un approvisionnement suffisant, prévisible et abordable aux pays où la charge de morbidité est la plus élevée », a déclaré la docteure Sania Nishtar, directrice exécutive de Gavi, l’Alliance du Vaccin. « Afin de garantir que les pays obtiennent le volume de doses nécessaires, nous commençons dès maintenant à collaborer avec nos partenaires pour créer les conditions qui permettront un accès rapide à ces vaccins dès qu’ils seront disponibles. »

Une feuille de route vers un nouvel outil puissant

En 2024, on a recensé 10,7 millions de cas de tuberculose et 1,2 million de décès dus à cette maladie dans le monde. Les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire sont de loin les plus touchés, ceux soutenus par Gavi représentant 77 % de l’ensemble des décès, d’après les estimations. Le seul vaccin actuellement homologué, le bacille de Calmette et Guérin, ou BCG, a plus de 100 ans. Bien qu’il protège les nourrissons et les jeunes enfants contre des formes graves de la maladie, son efficacité diminue au fil du temps, ce qui explique la nécessité de disposer de nouveaux outils pour prévenir l’apparition de la maladie chez les adolescents et les adultes.

Les nouveaux vaccins visent à combler cette lacune. Conçus pour prévenir la tuberculose pulmonaire infectieuse chez les adolescents et les adultes, ils représenteraient une nouvelle arme déterminante dans l’arsenal de la lutte contre la tuberculose. Associés à d’autres mesures de prévention, ces vaccins pourraient accélérer les progrès contre l’une des maladies les plus meurtrières au monde.

Alors que le premier de ces nouveaux vaccins candidats prometteurs pourrait obtenir l’autorisation réglementaire d’ici la fin de cette décennie, la feuille de route de Gavi a mis en évidence une série de risques susceptibles de freiner son déploiement rapide une fois l’autorisation obtenue. Il s’agit entre autres de risques liés aux politiques, notamment la possibilité que les recommandations soient limitées aux groupes les plus exposés en raison de lacunes dans les données disponibles, de risques susceptibles de freiner l’adoption par les pays, tels qu’un financement mondial et national insuffisant, et de risques liés à l’approvisionnement, dus, par exemple, à l’incertitude quant à la demande qui dissuade les fabricants d’investir dans les capacités de production nécessaires pour les candidats en phase avancée.

Afin de surmonter ces risques, Gavi met en lumière trois objectifs bien définis que l’organisation, s’appuyant sur son expertise en matière d’orientation des marchés et de financement innovant, entend poursuivre afin de s’assurer que les nouveaux vaccins atteignent les pays à revenu faible et intermédiaire qui en ont le plus besoin, de la manière la plus rapide et la plus équitable qu’il soit. Ces objectifs sont les suivants :

Objectif 1 – Garantir un approvisionnement suffisant, rapide et abordable des nouveaux vaccins antituberculeux afin de faire face à la demande.

Objectif 2 – Promouvoir une large adoption qui maximise l’impact sur la santé à travers la vaccination systématique et des campagnes de rattrapage ciblées.

Objectif 3 – Encourager une filière de nouveaux vaccins antituberculeux candidats qui soit concurrentielle et géographiquement diversifiée, afin de s’assurer que les produits sont adaptés aux préférences des pays.

Parallèlement à ces travaux, plusieurs pays à forte charge de morbidité, dont certains accueillent des essais cliniques sur les vaccins, préparent déjà le terrain en vue du déploiement des vaccins dès qu’ils seront disponibles. À travers le groupe de travail Finances et Accès du Conseil pour accélérer la disponibilité de vaccins antituberculeux de l’Organisation mondiale de la Santé, Gavi continuera de collaborer avec ses partenaires en sa qualité de coresponsable afin de soutenir ces efforts, dont l’objectif final consiste à fournir ces nouveaux vaccins antituberculeux aux personnes qui en ont le plus besoin, aussi rapidement que possible.