Catherine et son mari font campagne pour protéger les enfants contre les maladies évitables par la vaccination dans leur pays d’origine, l’Australie, et à travers le monde entier. Leur travail permet de réunir des fonds pour la Fondation de l’hôpital Princess Margaret à Perth et de susciter des dons de vaccins à l’UNICEF. Catherine explique ici la tragédie personnelle qui l’a amenée à lancer la campagne et son importance pour tous les parents.

L’Australie est appelée le « pays chanceux », et j’ai certainement de la chance de vivre ici. Nous avons accès à de l’eau potable, à une excellente éducation et à des soins de santé de qualité. Nos enfants peuvent recevoir des vaccinations gratuites et la force de ces programmes de vaccination gratuite a permis d’éradiquer des maladies telles que la poliomyélite.

Photo: Riley Hughes

Au début de cette année, il est arrivé quelque chose de très malchanceux à notre famille.

Notre beau bébé, Riley, a contracté la coqueluche et est décédé à l’âge de 4 semaines, trop jeune pour son premier cycle de vaccination. Nos cœurs se sont brisés et il nous a fallu faire face à l’organisation des funérailles, à la soudaine attention des médias et à notre fille de trois ans qui ne comprenait pas vraiment où s’en était allé son petit frère bien-aimé. 

Comment se fait-il que, dans ce pays chanceux, notre fils soit décédé des suites d’une maladie évitable par la vaccination ?  Et, plus important encore, que pouvons-nous faire pour qu’aucun autre bébé ne connaisse le même sort en Australie ? 

Photo: Riley Hughes

Tout d’abord, le vaccin contre la coqueluche doit être administré à toutes les femmes enceintes.

Alors que Riley était en train de mourir à l’hôpital, j’ai découvert que de nombreuses femmes dans le monde avaient été vaccinées au troisième trimestre de leur grossesse pour protéger leur nouveau-né contre la coqueluche.  Pourtant, tout au long de ma grossesse, on ne m’a jamais parlé du vaccin contre la coqueluche.  C’est une recommandation en Australie depuis 2013, mais dans l’Australie occidentale où je vis, la plupart des femmes enceintes ne l’ont pas reçu.  Des études ont montré que les bébés nés de mères vaccinées pendant leur grossesse avaient 90 % moins de chances de contracter cette terrible maladie, et je crois sincèrement que si on m’avait administré ce vaccin, Riley serait peut-être encore là aujourd’hui.  Je pense qu’un message clair doit être envoyé à tous les parents : « La vaccination des enfants commence pendant la grossesse ».

Ensuite, il faut renforcer les programmes éducatifs afin d’améliorer « l’immunité communautaire »

De nombreux adultes ne réalisent pas que les effets du vaccin contre la coqueluche qu’ils avaient reçu dans leur enfance se sont déjà probablement dissipés et que des rappels de ce vaccin sont nécessaires tous les 5 ou 10 ans.  Bien que nous espérons qu’un vaccin à plus longue durée d’action soit développé un jour ou l’autre, la sensibilisation à propos de la nécessité des doses de rappel pour les adultes doit être renforcée dans nos communautés en attendant.

Les parents qui refusent de faire vacciner leurs enfants affectent également notre « immunité communautaire ».  De nombreux facteurs contribuent au refus de la vaccination dans notre société, des convictions relatives à une théorie du complot aux personnes préoccupées par les effets secondaires éventuels (et pourtant très improbables), en passant par celles qui pensent que tout ce qui est « naturel » est bon et que tout ce qui est « artificiel » est mauvais.  En raison du succès de la vaccination et de l’excellence de notre système de santé, nous ne sommes pas souvent confrontés aux maladies dont les vaccins nous protègent. Je pense que cela nous expose davantage à la complaisance et nous fait perdre de vue l’importance de ces vaccins. Je ne pense pas qu’il existe une solution simple à ce problème, mais je pense vraiment qu’éduquer les écoliers à la vaccination et aux maladies évitables par la vaccination pourrait être une étape positive.

Photo : rencontre au Parlement fédéral avec le sénateur Richard Di Natale, le professeur Robert Booy, expert en vaccination, et les défenseurs de la vaccination, Toni & Dave McCaffery, qui ont perdu leur magnifique fille, Dana, des suites d’une coqueluche en 2009.

La mort de Riley est, de loin, la chose la plus horrible et la plus dévastatrice qu’il me soit arrivé.

Mon mari et moi avons convenu que nous ne devrions pas laisser d’autres enfants connaître cette mort terrible et évitable et avons décidé de plaider en faveur de la prévention de cette maladie en mémoire de notre fils. Nous avons créé une page Facebook appelée « Light for Riley » pour rendre hommage à sa courte vie et sensibiliser sur l’importance de la vaccination des adultes, de la vaccination des enfants, ainsi que sur les maladies évitables par la vaccination. Nous avons saisi lors de chaque demande d’entrevue l’occasion de faire pression sur les gouvernements australiens afin qu’ils administrent gratuitement des doses de rappel aux femmes enceintes. Constatant que de nombreux adultes ne savaient pas de quels vaccins ils avaient besoin, nous avons également lancé une campagne pour un registre de vaccination « pour la vie », qui sera mis en place par notre gouvernement dans les 18 prochains mois environ.

Photo : rencontre au Parlement fédéral avec le sénateur Richard Di Natale, le professeur Robert Booy, expert en vaccination, et les défenseurs de la vaccination, Toni & Dave McCaffery, qui ont perdu leur magnifique fille, Dana, des suites d’une coqueluche en 2009.

Nous avons également décidé de participer à de nombreuses expositions Pregnancy, Baby & Children dans tout le pays, où nous racontons l’histoire de Riley, informons les futurs parents de l’importance de la vaccination pendant la grossesse et distribuons des brochures et des informations sur la vaccination.

Les voyages sont parfois épuisants, mais c’est si gratifiant de parler à des milliers de femmes enceintes et de leur dire comment elles peuvent protéger leur bébé des maladies évitables par la vaccination. En plus de sensibiliser, nous avons utilisé ces expositions comme une occasion de collecter des fonds. À ce jour, nous avons recueilli un peu plus de 70 000 dollars pour le projet de recherche sur la coqueluche de la fondation de l’hôpital Princess Margaret.

Photo : tout est mis en place pour l’exposition Pregnancy, Baby & Children à Sydney
Photo : tout est mis en place pour l’exposition Pregnancy, Baby & Children à Sydney
Photo : Publication sur le don de vaccins de l’UNICEF

 

En juillet, Riley aurait eu 6 mois s’il était encore en vie. Il aurait reçu ses vaccins de six mois et aurait enfin été totalement immunisé contre la maladie qui lui a si cruellement coûté la vie en mars. Nous avons décidé d’organiser une collecte de fonds pour l’UNICEF, faisant don de 200 vaccins antipoliomyélitiques en son honneur et des publications à ce sujet, dans l’espoir que d’autres personnes fassent pareil. Nous avons été très touchés et émerveillés d’apprendre que 45 600 vaccins avaient été offerts cette semaine-là en l’honneur de Riley – un geste d’une incroyable générosité !

Photo : Publication sur le don de vaccins de l’UNICEF

De là, nous espérons créer une fondation par le biais de laquelle nous pourrons continuer à sensibiliser sur l’importance de la vaccination en Australie. Nous espérons que nos campagnes de plaidoyer et de sensibilisation pourront contribuer à l’amélioration des taux de vaccination en Australie et, à terme, prévenir d’autres décès dus à des maladies évitables par la vaccination.


Pour suivre la campagne, visitez notre page Facebook à l’adresse : www.facebook.com/LightForRiley

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