Le Sri Lanka, qui fait état d’un taux de couverture vaccinale proche de 100%, est l’un des quatre pays devant assumer l’intégralité du coût de son programme de vaccination en 2016, après sa transition hors du soutien de Gavi. Le Dr Ananda Amarasinghe, de l’unité d’épidémiologie du ministère de la Santé, révèle les secrets du succès de la vaccination dans le pays, et explique comment ils comptent maintenir ces résultats.

1. Sensibiliser les familles aux vaccins

Il est à noter que des mères qui avaient tout perdu à la suite d’une guerre civile dans le nord-est ou du tsunami de 2005 qui avait dévasté le sud du pays possédaient toujours les carnets de vaccination de leurs enfants. « Cela indique qu’elles reconnaissent que la vaccination est l’une des garanties d’un avenir meilleur pour leurs enfants », a déclaré le Dr Ananda.

Cela montre également l’importance des taux d’alphabétisation élevés au Sri Lanka, les mères et les pères étant très conscients des avantages des soins préventifs. Par exemple, ils préfèrent les accouchements dans les hôpitaux à ceux effectués à domicile. Lorsque le déploiement du vaccin 5-en-1 a été suspendu en 2008, après que des réactions indésirables au vaccin ont été signalées, le ministère de la Santé a rapidement été en mesure de rassurer les familles sur l’innocuité du vaccin. « Les mères ont temporairement remis en question le vaccin pentavalent, mais elles n’ont jamais perdu leur foi en la vaccination », a déclaré le Dr Ananda.

Il est à noter que des mères qui avaient tout perdu à la suite d’une guerre civile dans le nord-est ou du tsunami de 2005 qui avait dévasté le sud du pays possédaient toujours les carnets de vaccination de leurs enfants. « Cela indique qu’elles reconnaissent que la vaccination est l’une des garanties d’un avenir meilleur pour leurs enfants », a déclaré le Dr Ananda.

Cela montre également l’importance des taux d’alphabétisation élevés au Sri Lanka, les mères et les pères étant très conscients des avantages des soins préventifs. Par exemple, ils préfèrent les accouchements dans les hôpitaux à ceux effectués à domicile. Lorsque le déploiement du vaccin 5-en-1 a été suspendu en 2008, après que des réactions indésirables au vaccin ont été signalées, le ministère de la Santé a rapidement été en mesure de rassurer les familles sur l’innocuité du vaccin. « Les mères ont temporairement remis en question le vaccin pentavalent, mais elles n’ont jamais perdu leur foi en la vaccination », a déclaré le Dr Ananda.

2. Partenariat avec la communauté

Le taux de couverture vaccinale incroyablement élevé du Sri Lanka est en grande partie dû à un réseau national de 4 000 agents de santé communautaires. Il y a environ un agent de santé pour 5 000 Sri-Lankais. Des visites régulières en porte-à-porte, habituellement en vélo ou en scooter, garantissent que chaque soignant est informé de l'état de santé de ses patients.

Les agents de santé organisent régulièrement des consultations dans les dispensaires pour sensibiliser le public aux soins prénatals, à la vaccination et à la santé maternelle et infantile – et également pour enregistrer les nouvelles naissances. Si une mère ou un père n’amène pas son enfant à une séance de vaccination, l’agent de santé se rend à son domicile et, dans certains cas, accompagne personnellement l’enfant à son dispensaire pour le faire vacciner.

Le taux de couverture vaccinale incroyablement élevé du Sri Lanka est en grande partie dû à un réseau national de 4 000 agents de santé communautaires. Il y a environ un agent de santé pour 5 000 Sri-Lankais. Des visites régulières en porte-à-porte, habituellement en vélo ou en scooter, garantissent que chaque soignant est informé de l'état de santé de ses patients.

Les agents de santé organisent régulièrement des consultations dans les dispensaires pour sensibiliser le public aux soins prénatals, à la vaccination et à la santé maternelle et infantile – et également pour enregistrer les nouvelles naissances. Si une mère ou un père n’amène pas son enfant à une séance de vaccination, l’agent de santé se rend à son domicile et, dans certains cas, accompagne personnellement l’enfant à son dispensaire pour le faire vacciner.

3. Construire un système de santé descendant

Le système de santé publique du Sri Lanka, qui remonte aux années 1920 et à l’époque de la domination britannique, fournit un mélange de services curatifs et préventifs aux niveaux national, des districts et des divisions. « Nos colonisateurs ont établi de bonnes bases », a déclaré le Dr Ananda. Il garantit un flux régulier d’informations des communautés de base au ministère de la Santé pour le suivi et l’évaluation. Des mises à jour régulières des taux de couverture vaccinale locaux sont transmises à Colombo et sont souvent disponibles en ligne grâce à un nouveau système d’enregistrement en ligne.

Le système fonctionne dans les deux sens. Lors du lancement du vaccin cinq-en-un en 2008, le ministère a mis en application une nouvelle politique relative aux flacons ouverts en rencontrant les responsables de la vaccination de 26 districts, qui, à leur tour, ont informé les 330 bureaux de division. « Nous leur avons demandé de ne pas jeter les doses restantes », a expliqué le Dr Ananda. Au lieu de 10% de perte, le ministère de la Santé en a enregistré moins de 1% – suffisamment de flacons pour assurer tout un mois de vaccination.

Le système de santé publique du Sri Lanka, qui remonte aux années 1920 et à l’époque de la domination britannique, fournit un mélange de services curatifs et préventifs aux niveaux national, des districts et des divisions. « Nos colonisateurs ont établi de bonnes bases », a déclaré le Dr Ananda. Il garantit un flux régulier d’informations des communautés de base au ministère de la Santé pour le suivi et l’évaluation. Des mises à jour régulières des taux de couverture vaccinale locaux sont transmises à Colombo et sont souvent disponibles en ligne grâce à un nouveau système d’enregistrement en ligne.

Le système fonctionne dans les deux sens. Lors du lancement du vaccin cinq-en-un en 2008, le ministère a mis en application une nouvelle politique relative aux flacons ouverts en rencontrant les responsables de la vaccination de 26 districts, qui, à leur tour, ont informé les 330 bureaux de division. « Nous leur avons demandé de ne pas jeter les doses restantes », a expliqué le Dr Ananda. Au lieu de 10% de perte, le ministère de la Santé en a enregistré moins de 1% – suffisamment de flacons pour assurer tout un mois de vaccination.

4. Garantir un soutien politique

Même pendant la guerre civile, des cessez-le-feu temporaires permettaient aux hôpitaux et aux cliniques de dispenser des services de vaccination et d’autres services de santé de base. Les administrations sri-lankaises successives ont également privilégié la gratuité de la santé et de l’éducation.

En 2014, le gouvernement a mis en place une politique nationale de vaccination garantissant à chaque citoyen le droit à la vaccination. Une ligne distincte du budget national pour la vaccination garantit la continuité de l’administration des vaccins et une disponibilité constante des vaccins. « Il est de la responsabilité de nos populations de se faire vacciner, donc le gouvernement garantit la disponibilité des vaccins », a expliqué le Dr Ananda.

La doctoresse Nimalka Pannila Hetti, épidémiologiste régionale, parle de la sensibilisation des responsables politiques à l’importance des vaccins. Photo : Gavi/Mithra Weerakone

5. Investir dans la formation à long terme

Pour garantir la viabilité à long terme de son programme de vaccination, le ministère de la Santé investit dans la formation des futures générations d’inspecteurs de la santé publique et d’agents de santé dans six centres de formation régionaux et un centre national. « Quel que soit le nombre de cliniques qu’on construit, on ne peut fournir aucun service sans ressources qualifiées », a déclaré le Dr Ananda. « Nous voulons que nos successeurs fassent encore mieux que nous ». Depuis la fin de la guerre civile en 2009, le centre de formation de Vavuniya, dans le nord du Sri Lanka, a formé plus de 600 agents de santé afin de contribuer à la reconstruction du système de santé dans l’ancienne zone de conflit. 

Du temps du système administratif colonial, tous les représentants du gouvernement apprenaient leur métier dans les zones rurales avant de partir dans les grandes villes. Aujourd’hui, le personnel de santé publique du Sri Lanka doit également acquérir une vaste expérience de travail au niveau des divisions, puis des districts avant de passer au ministère à Colombo. « Avant de venir au centre, nous devons connaître la réalité à la périphérie », a expliqué le Dr Ananda.

Pour garantir la viabilité à long terme de son programme de vaccination, le ministère de la Santé investit dans la formation des futures générations d’inspecteurs de la santé publique et d’agents de santé dans six centres de formation régionaux et un centre national. « Quel que soit le nombre de cliniques qu’on construit, on ne peut fournir aucun service sans ressources qualifiées », a déclaré le Dr Ananda. « Nous voulons que nos successeurs fassent encore mieux que nous ». Depuis la fin de la guerre civile en 2009, le centre de formation de Vavuniya, dans le nord du Sri Lanka, a formé plus de 600 agents de santé afin de contribuer à la reconstruction du système de santé dans l’ancienne zone de conflit. 

Du temps du système administratif colonial, tous les représentants du gouvernement apprenaient leur métier dans les zones rurales avant de partir dans les grandes villes. Aujourd’hui, le personnel de santé publique du Sri Lanka doit également acquérir une vaste expérience de travail au niveau des divisions, puis des districts avant de passer au ministère à Colombo. « Avant de venir au centre, nous devons connaître la réalité à la périphérie », a expliqué le Dr Ananda.

Le ministère de la Santé sait comment s’y prendre pour que les vaccins fonctionnent pour les citoyens. Leur défi actuel est de maintenir ces bons résultats en fixant toujours des prix justes pour les futurs achats de vaccins. « C’est dans ce domaine que Gavi peut nous apporter son aide », a déclaré le Dr Ananda. « Nous voulons compter sur nous-mêmes. Nous disposons de l’argent nécessaire et pouvons acheter le vaccin. Cependant, avec notre faible population, nous ne sommes pas en mesure de négocier avec les fabricants. C’est ce que nous demandons maintenant aux organisations internationales : pouvez-vous jouer pour nous le rôle de négociateurs ? »

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