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La stratégie durable du Rwanda pour sauver des vies

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Agnes Binagwaho, Ministre rwandaise de la santé et Anisha Hedge, de l’école de médecine de l’Université de Virginia.

Le Rwanda a démontré l’importance des vaccins ces 15 dernières années. En effet, le lancement de vaccins nouveaux ou sous-utilisés nous a permis de réduire la mortalité des moins de cinq ans des deux tiers et d’atteindre le quatrième Objectif du millénaire pour le développement (OMD) par la même occasion. Cette année, alors que le monde évolue vers les Objectifs de développement durable (ODD) et que les partenaires visent à mettre fin à la pauvreté à l’horizon 2030, la vaccination doit rester au cœur du programme de santé. Les programmes de vaccination sauvent des vies par l’immunisation, mais leurs avantages ne s’arrêtent pas là. Ils permettent d’améliorer les services de santé et de favoriser l’intégration sociale, ce dont le Rwanda est la preuve.

1. Les campagnes de vaccination au centre du développement sociétal

Le Rwanda a accru sa couverture en vaccins essentiels (DTC3), et celle-ci est passée de 77 % en 2001 à 99 % en 2014. Ces sept dernières années, le Rwanda a introduit des vaccins nouveaux ou sous-utilisés contre le pneumocoque, le rotavirus, la rubéole et le papillomavirus humain (PVH), et son taux de couverture des vaccins traditionnels s’est maintenu à un niveau élevé. Les campagnes de vaccination permettent d’offrir à la population un éventail d’autres services de santé. Au cours de la campagne contre le pneumocoque en 2009, des conseils ont été dispensés sur les causes et les symptômes de la pneumonie afin de faciliter la détection précoce et l’accès aux soins. Les agents de santé communautaire ont également sensibilisé les parents aux bonnes pratiques de santé comme l’allaitement et l’alimentation saine.

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Lancement du vaccin antipneumococcique au Rwanda. Photo : Gavi/Riccardo Gangale

2. Atteindre l’égalité en matière de soins de santé 

Afin de favoriser un accès égal aux soins de santé, le Rwanda organise une Semaine de la santé maternelle et infantile deux fois par an. Ce pays offre un éventail de services de santé : des campagnes de vaccination contre la rubéole et le PVH à l’intention des adolescentes, la distribution de comprimés de fer aux femmes enceintes et allaitantes pour prévenir l’anémie, des suppléments de vitamine A pour tous les enfants de moins de cinq ans et une campagne de planning familial destinée aux femmes en âge de procréer.
Une mère et son bébé à l’occasion du lancement des vaccins antirotavirus, qui protègent d’une cause essentielle de diarrhée, au Rwanda en 2012. 

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Photo: Gavi/Diane Summers.

3. Nouer des partenariats nationaux

Les programmes de vaccination ont contribué à de nouvelles relations professionnelles entre diverses organisations gouvernementales ou non gouvernementales. Ce fait a été mis en évidence lors du lancement du vaccin anti-PVH dans des écoles rwandaises, fruit d’un partenariat entre le Ministère de la santé, le Ministère de l’éducation, le Ministère du genre et de la promotion de la famille ainsi que le Ministère des administrations locales, visant à vacciner les adolescentes dans les écoles et les communautés.
Un cliché de 2013, au moment où le Rwanda a lancé la première campagne visant à administrer le vaccin combiné antirougeoleux-antirubéoleux aux 5 millions d’enfants de moins de 15 ans. 

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Photo : Gavi/Charlie Whetham.

4. Renforcer les infrastructures sanitaires

Il est essentiel de disposer d’infrastructures sanitaires adéquates pour introduire les vaccins de manière efficace. Au Rwanda, cela s’est traduit par de meilleures installations d’évacuation des déchets pour l’élimination des matériaux contaminés, de nouvelles chambres froides pour un stockage à température contrôlée et une capacité accrue de stockage du matériel médical.
Matériel d’entreposage frigorifique au Kenya.

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Photo : Gavi/Doune Porter

5. Pérennité

À l’heure actuelle, le gouvernement rwandais autofinance tous les vaccins traditionnels, comme le vaccin BCG contre la tuberculose, et cofinance avec des partenaires internationaux la fourniture de vaccins nouveaux ou sous-utilisés. Cette tendance s’est constatée avec le vaccin antipneumococcique et s’observe actuellement avec le vaccin anti-PVH, qui protège des causes majeures du cancer du col de l’utérus. À l’avenir, nous espérons que l’accroissement de la demande entraînera la diminution du prix des vaccins, ce qui permettra de créer les conditions d’un approvisionnement durable en vaccins.

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Lancement du VPC au Rwanda. Photo : Gavi/Riccardo Gangale

À l’échelle mondiale, il reste encore du chemin à parcourir. Un enfant sur cinq vivant dans les pays soutenus par Gavi ne reçoit toujours pas l’ensemble des vaccins essentiels de l’enfance ; aux quatre coins du monde, 1,5 million d’enfants environ meurent chaque année de maladies à prévention vaccinale. Mais, comme notre pays l’a montré, la vaccination permet de s’attaquer durablement à cette iniquité, et bien plus encore. L’immunisation s’inscrivant dans la prochaine série d’objectifs pour le développement, nous pouvons et nous devons aider tous les pays à tirer au mieux parti de ces instruments vitaux — la vie, que l’on se trouve dans des coins reculés du Rwanda ou dans la banlieue de Londres, mérite que l’on se batte.

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