
Bujumbura, le 29 avril 2026 – Sous le leadership du ministère de la Santé Publique et avec le soutien de l’Alliance du Vaccin (Gavi), de l’UNICEF et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Burundi introduit, ce 29 avril 2026, le vaccin contre le virus du papillome humain (VPH) responsable du cancer du col de l’utérus.
Cette étape majeure marque un tournant décisif dans la lutte contre le cancer du col de l’utérus, une maladie évitable mais qui demeure l’une des principales causes de mortalité chez les femmes au Burundi. De 2017 à 2022, environ 1 581 nouveaux cas ont été diagnostiqués dont 1 126 femmes en sont décédées, ce qui illustre l’ampleur du défi sanitaire. [GLOBOCAN 2020/2022, OMS].
À l’échelle mondiale, le cancer du col de l’utérus est le 4ème cancer le plus fréquent. Au Burundi, il figure parmi les cancers les plus fréquents chez les femmes et constitue la première cause de décès par cancer féminin, en termes d’incidence et de mortalité.
Cette maladie est causée par une infection persistante au VPH, et touche de manière disproportionnée les pays à revenu faible ou intermédiaire, où l’accès à la vaccination et au dépistage reste limité.
Avec une population de plus de 12,3 millions d’habitants, dont plus de la moitié sont des femmes, et près de 3,5 millions de femmes âgées de plus de 15 ans, le Burundi fait face à un risque élevé de survenue de cette maladie. L’introduction du vaccin contre le VPH, principal agent responsable du cancer du col de l’utérus, constitue ainsi une réponse stratégique de santé publique.
Par ailleurs, cette introduction s’appuie sur les résultats probants d’une phase pilote menée entre 2016 et 2018 dans les districts sanitaires de Ngozi et Rumonge, au cours de laquelle plus de 12 000 jeunes filles âgées de 9 à 13 ans ont été vaccinées avec une couverture de 85 %, démontrant la faisabilité de cette intervention et l’adhésion des communautés.
Afin d’assurer une introduction réussie, coordonnée et largement acceptée, le ministère de la Santé Publique, à travers le Programme Élargi de Vaccination, mobilise l’ensemble des parties prenantes, décideurs, professionnels de santé, médias, leaders communautaires et partenaires, autour d’une stratégie nationale de communication cohérente et d’un engagement multisectoriel fort. La priorité est donnée à la sensibilisation et à la lutte contre la désinformation, pour informer sur les bénéfices du vaccin et renforcer la confiance des communautés.
« Le Gouvernement du Burundi fait de la lutte contre le cancer du col de l’utérus une priorité nationale. Avec l’introduction du vaccin contre le VPH, nous franchissons une étape décisive pour protéger les générations futures et sauver des vies », a déclaré Dr Fidèle Nkezabahizi, Ministre de la Santé Publique.
Guidée par un modèle qui vise à renforcer durablement les programmes d'immunisation, Gavi soutient la vaccination contre le HPV au Burundi en cofinançant, aux côtés du gouvernement, les vaccins, les fournitures d’injection et les opérations logistiques.
« Le cancer du col de l’utérus est la principale cause de décès par le cancer chez les femmes en Afrique. L’introduction du vaccin contre les HPV représente un tournant décisif en faveur de la prévention plutôt que le traitement, offrant à toute une génération de jeunes filles la perspective d’un avenir plus sain et plus prospère », a déclaré Dr Marthe Sylvie Essengue Elouma, Directrice des pays prioritaires de Gavi.
« L’introduction du vaccin contre le VPH est une avancée majeure pour la santé des filles au Burundi », a déclaré France Bégin, représentante de l’UNICEF au Burundi et chef de file des partenaires de la santé au Burundi. « Elle illustre notre engagement collectif à prévenir des maladies évitables et à offrir à chaque adolescente un avenir en bonne santé et porteur d’opportunités. Aux côtés du Gouvernement du Burundi, l’UNICEF soutient activement cette initiative, notamment à travers le renforcement des systèmes, la communication et la mobilisation des communautés », a-t-elle ajouté.
« L’introduction du vaccin contre le VPH s’inscrit dans la vision de l’Agenda pour la vaccination 2030 visant une vaccination équitable tout au long de la vie. En ciblant les filles de 9 à 14 ans, le Burundi investit durablement dans la prévention du cancer du col de l’utérus et contribue à l’atteinte de l’ODD 3. L’OMS demeure pleinement engagée aux côtés du Gouvernement pour assurer le succès de cette intervention et renforcer le système de santé vers la Couverture Sanitaire Universelle », a déclaré Dr Kaya Mutenda Sheria, Représentant a.i. de l’OMS au Burundi.
L’introduction du vaccin contre le VPH s’inscrit dans une dynamique plus large visant à renforcer le système de santé communautaire, promouvoir la prévention et mobiliser l’ensemble des acteurs autour d’un objectif commun : éliminer un cancer évitable et améliorer durablement la santé des filles et des femmes au Burundi.
A compter de la fin avril 2026, la vaccination contre le VPH sera intégrée au calendrier vaccinal de routine pour les filles âgées de 9 à 14 ans dans tous les districts sanitaires du pays. Cette démarche vise à assurer une protection efficace et à réduire significativement la morbidité et la mortalité liées à cette maladie. L’objectif est d’atteindre au moins 80 % des filles de cette tranche d’âge, qu’elles soient scolarisées ou non. La stratégie de déploiement repose sur une approche combinée, incluant la vaccination en milieu scolaire pour les filles inscrites dans les cycles fondamentaux, ainsi que des stratégies communautaires pour atteindre les filles non scolarisées, grâce à l’implication des agents de santé communautaires et des leaders locaux.
Le Burundi rejoint un nombre croissant de pays africains engagés dans la prévention du VPH Depuis 2019, le nombre de pays africains s’étant dotés de programmes de vaccination contre le VPH est passé de 12 à 35, et les taux de couverture sont passés de 5 % (en 2014) à 47 % (en 2024), ce qui place le continent au deuxième rang mondial en matière de couverture vaccinale, derrière les Amériques.
Cette initiative s’inscrit dans l’ambition mondiale d’éliminer le cancer du col de l’utérus en tant que problème de santé publique d’ici 2030, et marque une avancée majeure vers une génération de filles protégées, en meilleure santé et capables de réaliser pleinement leur potentiel.
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