
La vaccination contre le papillomavirus humain (VPH) préviendra près d’un million de décès dus au cancer du col de l’utérus et générera des avantages économiques estimés à 1,8 milliard de dollars US dans les pays africains.
Le vaccin contre le paludisme est couramment administré dans 25 pays africains. Les résultats préliminaires font état d’une réduction importante de la mortalité, des formes graves de la maladie et des hospitalisations.
Alors que la transmission du paludisme continue d’augmenter dans certaines régions du continent, les progrès contre le paludisme et le cancer du col de l’utérus sont menacés par le déclin du financement.
Brazzaville/Genève, 24 avril 2026 — En Afrique, les programmes de vaccination systématique ont un impact à grande échelle sur la santé publique, qui se mesure en millions de vies sauvées et en familles et en communautés protégées contre les ravages des maladies évitables par la vaccination.
La couverture vaccinale a considérablement augmenté sur le continent. En 2000, seulement huit maladies évitables par la vaccination étaient incluses dans les schémas de vaccination systématique. Aujourd’hui, on en compte treize. L’introduction de vaccins contre le paludisme et le papillomavirus humain (VPH) offre une protection vitale aux enfants, aux filles et aux femmes.
En date de 2024, le vaccin contre le VPH a prévenu près d’un million de décès dus au cancer du col de l’utérus dans 29 pays africains. Certains des 25 pays qui administrent le vaccin contre le paludisme font déjà état d’un impact important, comme une réduction des formes graves de la maladie et des hospitalisations, selon une évaluation réalisée en Afrique par Gavi, l’Alliance du Vaccin et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) à l’approche de la Semaine africaine de la vaccination (24 au 26 avril) et de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme (25 avril).
Un chef de file mondial dans la protection des femmes et des filles contre le cancer du col de l’utérus
Les récentes introductions du vaccin contre le VPH et les campagnes de vaccination à grande échelle au Nigéria, au Ghana, en Éthiopie et en Angola ont permis de vacciner des millions de filles en quelques semaines, souvent par l’intermédiaire de modèles de prestation intégrés et basés dans les écoles, alors même que les systèmes de santé ripostaient à d’autres flambées épidémiques et devaient composer avec d’autres priorités. Depuis 2019, le nombre de pays africains s’étant dotés de programmes de vaccination contre le VPH est passé de 12 à 35, et les taux de couverture sont passés de 5 % (en 2014) à 47 % (en 2024), ce qui place le continent au deuxième rang mondial au chapitre de la couverture, derrière les Amériques. À l’échelle de l’Afrique, la vaccination contre le VPH a généré des avantages économiques (coûts de traitement évités, gains de productivité et vies sauvées) estimés à 1,8 milliard de dollars US.
L’impact immédiat du vaccin contre le paludisme
Grâce au programme de vaccination contre le paludisme financé par Gavi et mis en œuvre par les pays en partenariat avec l’OMS, l’UNICEF et d’autres organismes, plus de 52 millions de doses ont été administrées depuis 2023 dans certains des pays les plus touchés, les plus fragiles et les plus complexes sur le plan opérationnel. Les rapports préliminaires du Kenya, du Malawi, du Ghana et du Cameroun font état d’une réduction des formes graves de la maladie et des hospitalisations, des résultats qui corroborent ceux des projets pilotes. Une tendance semblable se dessine au Burkina Faso, où le vaccin a été introduit et déployé dans l’ensemble des 70 districts sanitaires du pays. Parallèlement à d’autres mesures de prévention, ces efforts ont déjà contribué à une baisse de 32 % des cas de paludisme notifiés entre 2024 et 2025. On a notamment constaté une forte réduction des cas chez les enfants de moins de cinq ans et une diminution de près de moitié des décès d’enfants liés au paludisme. Le ministère de la Santé burkinabè estime que ces résultats représentent, pour les ménages, des économies totalisant plus de 26,6 millions de dollars US en coûts de santé directs, ce qui montre que les vaccins, associés à de solides programmes nationaux, peuvent endiguer la transmission à grande échelle.
Pour que cet élan se traduise par un impact durable, l’OMS collabore avec ses partenaires et les gouvernements afin de renforcer les systèmes opérationnels qui sous-tendent le déploiement du vaccin contre le paludisme. Les plateformes politiques régionales, notamment l’Assemblée de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, offrent un espace important pour une participation ministérielle soutenue, à mesure que les pays passent de l’introduction des vaccins à leur intégration programmatique à long terme.
Docteur Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, ministre de la Santé du Burkina Faso : « Pendant des décennies, le paludisme a été un lourd fardeau pour le système de santé burkinabè et les familles, en particulier pendant la saison des pluies. Grâce à un engagement politique fort qui a conduit à l’expansion de la vaccination contre le paludisme dans l’ensemble des 70 districts sanitaires, ainsi qu’à la distribution de moustiquaires, à la chimioprévention saisonnière et à la mobilisation communautaire en faveur de l’assainissement et de l’élimination des gîtes larvaires, nous enregistrons une baisse remarquable et sans précédent des cas et des décès, une diminution du nombre d’hospitalisations et de réelles économies de coûts de santé. »
Thabani Maphosa, directeur de la Mise en œuvre dans les pays, Gavi, l’Alliance du Vaccin : « Les vaccins contre le VPH et le paludisme ont repoussé les limites de la lutte contre des affections parmi les plus meurtrières et anciennes d’Afrique. Le succès de ces programmes témoigne de l’engagement et du travail acharné des gouvernements, des partenaires et du personnel de la santé, et aussi de la grande confiance des communautés dans la capacité des vaccins à sauver des vies et à protéger des familles. Aujourd’hui, ces acquis durement gagnés sont menacés, et des centaines de milliers d’enfants risquent d’être laissés pour compte. Le monde doit continuer à prioriser l’investissement dans la vaccination. »
Docteur Mohamed Janabi, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique : « En Afrique, les vaccins représentent l’une des interventions les plus efficaces à notre disposition, qu’il s’agisse de la prévention du cancer du col de l’utérus avec le vaccin anti-VPH ou de la lutte contre le paludisme avec de nouveaux outils et protocoles. La vaccination contre le VPH apporte des bienfaits exceptionnels en santé publique et nous rapproche de l’élimination du cancer du col de l’utérus. Dans le même temps, la lutte contre le paludisme entre dans une nouvelle phase, sous l’impulsion des pays qui prennent l’initiative. L’élimination de ces maladies est possible, si nous agissons de manière décisive et concertée. »
Une progression menacée
Forte de plusieurs années de planification, de participation communautaire et de sensibilisation, l’Afrique est prête à changer la donne dans la lutte contre le cancer du col de l’utérus et le paludisme. Dix pays africains prévoient d’introduire le vaccin contre le VPH avec le soutien de Gavi d’ici 2030. Cinq autres prévoient d’introduire le vaccin contre le paludisme avec le soutien de Gavi d’ici 2030. Globalement, le programme vise à vacciner 50 millions d’enfants sur le continent avec un schéma complet de vaccination contre le paludisme d’ici la fin de la décennie.
Or, cette progression est menacée. Alors qu’ils parviennent à mobiliser un financement record pour la vaccination, les pays à faible revenu doivent maintenant prioriser les investissements dans la vaccination et mobiliser davantage de ressources nationales – tel que recommandé par l’Alliance et ses partenaires, comme les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) – pour maintenir la cadence et réaliser le plein potentiel de ces programmes vitaux. La lutte contre le paludisme souffre d’un déficit de financement de près de 30 % qui a entraîné une réduction du soutien aux programmes. Un financement additionnel des pays eux-mêmes et des donateurs sera nécessaire pour combler ce déficit et protéger le plus grand nombre possible d’enfants vulnérables.
Au cours de la période 2026-2030, les programmes de lutte contre le VPH et le paludisme, parallèlement à d’autres vaccins soutenus par Gavi, seront financés pour la première fois par des budgets vaccinaux pour les pays. Ce faisant, Gavi confie directement aux pays le pouvoir décisionnel sur plus de 90 % de son budget consacré aux achats. En cette période de contraintes financières, l’approche permet aux gouvernements de planifier leurs ressources sur cinq ans et leur accorde la capacité de choisir les vaccins à privilégier en fonction de la stratégie, du contexte et des besoins du pays. Cependant, en raison du déficit de financement, les pays devront faire des choix difficiles qui, selon les estimations de Gavi, conduiront à une réduction du nombre de vies sauvées de 600 000 d’ici la fin de la décennie.
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