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Sur le terrain avec la Brigade Jeunes Anti-COVID-19 de Lomé

Au Togo, plusieurs initiatives ont vu le jour ces dernières années pour lutter contre la pandémie de COVID-19. Parmi elles, une brigade de jeunes identifiables dans les lieux à forte affluence pour rappeler aux populations que la pandémie n’est pas terminée.

  • 24 février 2023
  • 6 min de lecture
  • par Nephthali Messanh Ledy
Koffi Guelih de la Brigade Jeunes Anti-COVID-19 parle de la pandémie aux commerçants du marché. Crédit : Nephthali Ledy
Koffi Guelih de la Brigade Jeunes Anti-COVID-19 parle de la pandémie aux commerçants du marché. Crédit : Nephthali Ledy
 

 

Ce jeudi, Monsieur Kokouvi (nom d’emprunt), boucher au marché de Nukafu – situé en plein centre de Lomé –, a fini d’installer sa marchandise comme d’habitude. Soudain, il reçoit la visite d’une équipe de jeunes habillés en uniforme, avec la mention « Brigade Jeunes Anti-COVID-19 » (BJAC). « Qu’ai-je fait ? », demande-t-il, surpris.

« Rassurez-vous monsieur, vous n’avez rien fait », lui répond Koffi Guelih, le chef de l’équipe. « Nous sommes la Brigade Jeunes Anti-COVID-19, et nous sensibilisation les populations au sujet de la maladie et de la vaccination », ajoute-t-il.

En dehors des marchés et de la stratégie du porte-à-porte, les lieux de regroupements sont ciblés : gares routières, églises, mosquées, couvents vaudou, écoles, carrefours, centres commerciaux, bars, places de fêtes… et même cimetières.

Désormais rassuré, le boucher pose ses questions : près de trois ans après la détection du premier cas dans le pays, et après toutes les mesures qui ont été prises, la maladie n’est pas encore terminée ? « Non, pas du tout », lui répond Thierry Abiabal Kparaki, adjoint au commandant de la BJAC. « La courbe d’infection a baissé, certes, mais nous devons toujours et encore observer les mesures barrières pour éviter une nouvelle vague de contamination. En plus, nous devons nous faire vacciner !», exhorte-t-il.

« Il est bien vrai que vous portez tous des masques de protection, c’est bien. Mais de grâce, sachez que ce n’est pas pour le plaisir, ni pour la forme. Ces masques sont toujours recommandés parce que le virus peut toujours circuler parmi nous », plaide le chef d’équipe à travers son dispositif de sonorisation. Et de rappeler que le Togo enregistre toujours des cas positifs, et que la vaccination reste le moyen le plus efficace pour lutter contre les formes graves de la maladie.

Boucher marché Lomé
Les jeunes de la BJAC appellent à ne pas baisser la garde contre la COVID-19.
Crédit : Nephthali Ledy

Comme Monsieur Kokouvi, presque tous les revendeurs et revendeuses, ainsi que les riverains de ce quartier auront reçu, ce jour, la visite d’une équipe de la brigade mise en place en août 2020. L’objectif était de venir en aide et d’accompagner les efforts du gouvernement en termes de sensibilisation et de rappel des mesures barrières dans la lutte contre la pandémie.

« Au lendemain de l'apparition du premier cas de contamination au Togo, la Jeunesse en mission pour le développement (JEMD) s'est dit qu’il faut, avec ses vaillants membres représentés activement dans les sept communes de la Préfecture du Golfe (qui couvre une grande partie du grand Lomé, Ndlr), jouer sa partition pour accompagner les efforts du gouvernement dans la riposte en relayant et les informations surtout par la sensibilisation des populations. C'est en cela que le travail a commencé jusqu'à être officialisé sous la bannière de la Brigade-Jeunes Anti-COVID le 15 août 2020, explique Edzodzinam Komi Alagbo, commandant en chef de la BJAC, et président exécutif de la JEMD, une organisation apolitique à but non lucratif créée en janvier 2010.

« Plus tard, les missions se sont élargies à la mobilisation et à la conscientisation des populations pour la vaccination en masse contre la pandémie. Des missions de vérification des preuves de vaccination aux portails des administrations se sont aussi ajoutées aux tâches quotidiennes de la BJAC », nous explique celui qui conduit lui-même une équipe de sensibilisation sur le terrain, précisément à la plage ce jour-là.

Au moins 150 jeunes « brigadiers » déployés

A travers cette organisation qui regroupe actuellement 150 jeunes, l’association vise à prouver l'engagement de la jeunesse aux côtés du gouvernement, à cultiver l'esprit du civisme, de la citoyenneté et du volontariat au sein de la jeunesse et à contribuer à la fin de la pandémie.

« La plupart des activités de la JEMD était beaucoup plus des activités de masse (les tournois de football couplés à de la sensibilisation, les ateliers et conférence de formation, les activités culturelles, etc.) qui rassemblaient vraiment de monde. Mais d'un seul coup, ces activités ont connu une pause à cause des restrictions liées à la COVID-19. Étant très concernés en tant qu'organisation de jeunes et de jeunesse, la JEMD n'a donc pas hésité à lancer cette initiative pour faire face à la situation », raconte Edzodzinam Komi Alagbo.

Ainsi, en dehors des marchés et de la stratégie du porte-à-porte, les lieux de regroupements sont ciblés : gares routières, églises, mosquées, couvents vaudou, écoles, carrefours, centres commerciaux, bars, places de fêtes… et même cimetières. Une fois l’équipe déployée, le chef d'équipe conduit la mission avec ses membres dans le temps imparti et rend compte instantanément au commandant. Ce dernier rend compte, à son tour, aux autorités administratives, sécuritaires, sanitaires et traditionnelles qui donnent, au besoin, des instructions pour une meilleure conduite des missions.

BJAC Lomé
Les équipes de la BJAC vont également rendre visite aux habitants pour échanger sur la pandémie et la vaccination.
Crédit : Nephthali Ledy

« Depuis la création du Groupe mixte de surveillance (par le gouvernement), nous travaillons de concert avec ces entités civiles. Dans la préfecture du Golfe, c’est la Brigade des Jeunes Anti-COVID qui fait office d’entité civile », déclarait encore le responsable GMS Anti-COVID du Golfe, le commissaire principal de police Latifou Bayor, à l’occasion de la célébration du tout premier anniversaire de l’organisation.

Mais sur le terrain, tout ne se passe pas toujours comme prévu. Les jeunes de la brigade font état, depuis le début de leurs activités, de cas d’injures, de menaces et même d’agressions auxquelles ils font occasionnellement face sur le terrain, de gens qui ne croient pas que la COVID-19 existe.

Appel à la vigilance

Depuis le lancement de ses activités, le BJAC a reçu une aide matérielle de la part du Comité local de gestion de la riposte de la Préfecture, du Bureau de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) au Togo, de la Direction préfectorale de la Santé, et de l'institut National d'Assurance Maladie (INAM), ainsi qu’une collaboration avec l’Agence nationale du volontariat (ANVT).

« Une telle initiative qui vise à renforcer les différentes actions gouvernementales est à saluer. Cela témoigne de l'engagement citoyen de ces jeunes qui veulent à travers ce projet rappeler aux populations que la COVID-19 est toujours d'actualité. Nous devons donc tous exercer une grande vigilance notamment en adoptant les mesures préconisées par les autorités publiques et en se vaccinant », conclut Samiroudine Ouro Sama, le président de l’Initiative Citoyenne des Jeunes la Voix des Enfants (ICJ-VE).

Suivez l'auteur sur Twitter : @NephLedy