Après une année de défis, Gavi peut envisager l’avenir avec optimisme

Lorsque l’histoire de la santé mondiale sera écrite, 2025 apparaîtra sans doute comme une année charnière.

  • 5 février 2026
  • 3 min de lecture
  • par Sania Nishtar
Une mère avec son enfant au Kenya, après que celui-ci a reçu sa troisième dose du vaccin contre le paludisme. Crédit : Gavi/2023/Kelvin Juma
Une mère avec son enfant au Kenya, après que celui-ci a reçu sa troisième dose du vaccin contre le paludisme. Crédit : Gavi/2023/Kelvin Juma
 

 

L’année 2025 a été marquée par des coupes sans précédent dans l’aide publique au développement (APD), alors même que la fragilité s’est accrue dans de nombreux pays partenaires de Gavi, les conflits et les chocs liés au climat mettant davantage de vies et de systèmes de santé en danger.

Dans ce contexte, Gavi a été confrontée à trois défis majeurs.

Premièrement, si notre reconstitution des ressources peut être considérée comme un succès au regard de l’environnement extérieur, nous sommes restés à 2 milliards de dollars américains de notre objectif de financement. 

Cette situation a rendu nécessaire un réajustement attentif de notre stratégie 2026-2030. Ce processus, une première pour Gavi, a duré six mois et a débuté par un examen rigoureux des données probantes, suivi d’une vaste consultation des parties prenantes. 

Il s’agissait d’un exercice particulièrement difficile, sachant que chaque arbitrage a un impact sur la vie des enfants. Je suis toutefois convaincue que le plan présenté au Conseil d’administration représentait le meilleur résultat possible en termes d’impact sanitaire, compte tenu des contraintes. 

Les décisions difficiles prises en 2025 ont posé des bases solides pour la suite, en simplifiant nos modes de fonctionnement et en recentrant notre action sur l’accompagnement des pays. C’est, au fond, l’essentiel.

Le deuxième défi a consisté à restructurer le Secrétariat de Gavi en préparation de notre nouvelle période stratégique. 

Alors que notre plan initial prévoyait un retour des effectifs à leur niveau d’avant la pandémie, une seconde vague de restructuration a été rendue nécessaire par notre déficit de financement. Cela signifie que, au lieu d’une réduction de 25 %, nos effectifs seront cette année inférieurs de 33 % à leur niveau antérieur. 

Cette restructuration a suivi une approche claire, fondée sur des règles, avec une attention particulière portée à la refonte de nos modes de travail, y compris la création de certains postes afin de garantir notre capacité à mettre en œuvre efficacement la nouvelle stratégie. Nous disposons désormais d’une structure organisationnelle claire, pleinement alignée sur cette stratégie. 

La mise en œuvre du Gavi Leap a constitué notre troisième défi. Lancé en 2024, le Gavi Leap est un programme de transformation ambitieux, conçu dans un contexte de mutation rapide de l’écosystème mondial de la santé. 

Dans le but de simplifier radicalement nos modes de fonctionnement, la mise en œuvre s’est accélérée l’an dernier, avec la volonté de rationaliser notre interface opérationnelle avec les pays afin de respecter leur souveraineté, de leur donner davantage de marge de manœuvre dans l’utilisation des ressources de Gavi, et de gagner en efficacité grâce à la numérisation de bout en bout de nos processus de gestion des subventions. 

Je tiens à remercier sincèrement et chaleureusement l’ensemble des collègues de Gavi, notre Conseil d’administration, les agences partenaires et toutes les autres parties prenantes qui ont travaillé dans des conditions difficiles et sous une forte contrainte de temps pour nous aider à surmonter ces défis.

Parallèlement à la gestion de ces transformations, nous sommes restés concentrés sur notre cœur de mission en 2025. Je suis heureuse d’annoncer que l’an dernier a été marqué par de solides avancées vers nos objectifs stratégiques 2021–2025, avec un record de 300 millions de doses de vaccins délivrées. Nous avons également dépassé notre objectif ambitieux de vacciner 86 millions de jeunes filles contre le VPH et introduit les vaccins contre le paludisme dans 24 pays.

Alors que nous entrons dans notre sixième période stratégique, les réformes du Gavi Leap sont désormais bien avancées. Elles permettent à Gavi d’aborder un monde en profonde transformation dans de bonnes conditions. Dans un contexte où l’architecture mondiale de la santé est mise à rude épreuve, le Gavi Leap montre que la réforme est non seulement nécessaire, mais possible. Nous avons à cœur d’assumer pleinement ce rôle en partageant les enseignements de cette expérience avec d’autres organisations engagées dans des démarches de transformation comparables.

Je crois que le travail accompli au cours de l’année écoulée nous permet d’aborder l’avenir avec confiance. Les décisions difficiles prises en 2025 ont posé des bases solides pour la suite, en simplifiant nos modes de fonctionnement et en recentrant notre action sur l’accompagnement des pays. C’est, au fond, l’essentiel.