Déclaration de Gavi sur l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda

Genève, le 21 mai 2026 – Gavi, l’Alliance du Vaccin surveille de près l’épidémie d’Ebola causée par le virus Bundibugyo qui touche actuellement la République démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda, déclarée urgence de santé publique de portée internationale par le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé et urgence de santé publique de sécurité continentale par les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique).

Plus de 500 cas suspectés et plus de 130 décès ont été signalés en RDC. Des cas ont été confirmés à Kampala, en Ouganda, ce qui confirme une propagation transfrontalière et l’évolution rapide de la situation. En l’absence de vaccins ou de traitements homologués et compte tenu de la transmission au sein d’une population mobile, touchée par des conflits et difficile à atteindre, l’épidémie de maladie à virus Bundibugyo est extrêmement préoccupante, tant pour les pays et les communautés directement touchés que pour la sécurité sanitaire mondiale. La situation nécessite une riposte dirigée par les pays, hautement coordonnée et fondée sur des données probantes.

En sa qualité d’Alliance mondiale du vaccin, Gavi coordonne activement ses actions avec la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI), l’OMS, les CDC Afrique, l’UNICEF, la Banque mondiale, le Fonds de lutte contre les pandémies et d’autres partenaires, de même qu’avec les pays touchés, dans le but d’évaluer les besoins et de déterminer la meilleure manière d’appuyer les efforts de riposte à l’épidémie tout en aidant les pays à maintenir les services essentiels de santé publique, comme la vaccination systématique.

L’utilisation des vaccins pour la riposte aux épidémies

Il n’existe actuellement aucun vaccin homologué contre la maladie à virus Bundibugyo. Gavi finance la réserve d’urgence mondiale de vaccins contre Ebola, dont l’utilisation est homologuée contre l’ébolavirus Zaïre, une souche différente du virus Bundibugyo. Il n’y a pratiquement aucune donnée sur la protection croisée que procure ce vaccin contre les souches autres que Zaïre. Ainsi, toute décision concernant l’usage de ce vaccin pour la riposte à la maladie à virus Bundibugyo nécessite des évaluations supplémentaires et sera prise conformément aux directives de l’OMS, avec le consentement informé explicite des communautés affectées concernant le fait que l’efficacité de ce vaccin contre la maladie à virus Bundibugyo est pour l’instant inconnue.

Gavi collabore également avec la CEPI – avec laquelle un accord de coordination pour de telles situations a été conclu – et d’autres partenaires, y compris du secteur privé, pour évaluer l’efficacité et l’applicabilité de divers vaccins candidats actuellement au stade de la recherche et du développement (R&D), notamment l’accélération de la R&D pour soutenir la riposte à l’épidémie. Parmi ces vaccins candidats, deux sont d’un intérêt particulier pour l’OMS :

  • Un vaccin candidat basé sur la plateforme rVSV (la plateforme du vaccin homologué contre l’ébolavirus Zaïre, Ervebo), mais ciblé sur l’ébolavirus Bundibugyo. Cependant, aucune dose de ce candidat n’est disponible pour des essais cliniques. Selon les dernières estimations, la production de doses pour des essais cliniques pourrait prendre de 6 à 9 mois.
  • Un vaccin candidat basé sur la plateforme ChAdOx (utilisée pour des vaccins homologués contre la COVID-19) et ciblé sur le virus Bundibugyo. Cependant, aucune étude n’a été réalisée sur l’efficacité de ce vaccin chez un animal ou l’humain, et il n’y a aucune donnée sur son utilisation contre la maladie à virus Bundibugyo.

Disponibilité du soutien de Gavi

À la lumière de ces développements, Gavi envisage la possibilité de mobiliser son Fonds de première riposte pour la lutte contre cette épidémie.

Fruit des apprentissages tirés de la pandémie de COVID-19, le Fonds de première riposte a été approuvé par le Conseil d’administration de Gavi avec pour but premier de faciliter un accès rapide à des vaccins hors du portefeuille de vaccins de Gavi – y compris par des mécanismes d’achat à risque et d’orientation des marchés, comme les engagements d’achats anticipés – lors d’une urgence de santé publique. Dans le contexte actuel, ces mécanismes seraient utilisés pour stimuler la fabrication de vaccins candidats prometteurs, tout en adhérant strictement à une approche fondée sur des données probantes et en veillant à ce que les doses soient produites le plus rapidement possible. Gavi pourrait également utiliser son Fonds de première riposte et d’autres mécanismes pour le déploiement ciblé de ressources destinées à maintenir la vaccination systématique et à soutenir les efforts de renforcement des systèmes de santé liés à la vaccination. Le Fonds de première riposte a été mobilisé lors de la récente épidémie de mpox pour l’approvisionnement de 500 000 doses, ainsi que pour le soutien à la riposte et au maintien de la vaccination systématique. Gavi a ainsi décaissé près de 10 millions de dollars US en faveur de la vaccination.

Le Fonds de première riposte prévoit une enveloppe totale de 500 millions de dollars US pour toutes les situations d’urgence admissibles d’ici 2030. La directrice exécutive de Gavi peut, sur une base discrétionnaire, puiser jusqu’à 50 millions de dollars US dans le Fonds pour faciliter une riposte rapide. Toute ponction de ressources supplémentaires est sujette à l’approbation du Conseil d’administration de Gavi.