La COVID longue s’installe au Nigéria

Les agents de santé n’ont pas de répit, s’agissant de soigner les patients atteints de COVID longue à Lagos, au Nigéria. Ils ont mis en place un centre de soins spécialisé et mènent des actions de sensibilisation et d’information.

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L'infirmière Omotolani Solarin lors d’une séance d’information sur la COVID longue.
 

 

Au cours des deux derniers mois, Lagos a enregistré de nouveaux cas de COVID-19, ce qui a généré une certaine inquiétude parmi les personnes qui souffrent de COVID longue.

Selon une étude publiée par PubMed, jusqu'à 70 % des survivants de la COVID-19 peuvent souffrir de complications médicales à long terme, et les symptômes qui persistent après l’élimination du virus peuvent durer des semaines, voire des mois, ce qui réduit considérablement leur qualité de vie.

« Nous n’en avons pas fini. Mais personne ne sera abandonné face à la COVID longue tant que nous serons là. »

Suivie au centre de soins d'Ipakodo, Kabira Ahmed, est bien placée pour le savoir : « J'étais fatiguée, j'avais des nausées et je n’arrivais pas me concentrer sur ce que je faisais », raconte-t-elle. « Au départ, je ne savais pas qu'il s'agissait de la COVID-19 longue jusqu'à ce que je vienne consulter au centre de santé. On m'a demandé de faire un test de paludisme et un test de typhoïde. Les résultats étaient négatifs. L'infirmière m'a conseillé de me faire vacciner. J'ai reçu le vaccin mais je souffrais toujours des mêmes symptômes. Je suis revenue consulter. On m'a alors orientée vers le centre post-COVID de l'hôpital universitaire de Lagos (LUTH), où ils seraient en mesure de gérer mes problèmes de santé et de me donner les soins appropriés ».

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« Je me sens un peu mieux tous les jours. Aujourd'hui, je suis ici pour recevoir ma deuxième dose de vaccin », ajoute Kabira.

Le LUTH est l'un des principaux hôpitaux de Lagos à prendre en charge les patients présentant des symptômes de COVID longue. Ce centre regroupe différents spécialistes en raison de la diversité des symptômes. Les patients sont examinés de manière approfondie et dirigés ensuite vers les spécialistes les plus qualifiés pour la suite du traitement.

Comme l’a annoncé publiquement le Dr Iorhen Akase, chef de l'Unité des maladies infectieuses de la faculté de médecine de l'université de Lagos, le centre post-COVID a entamé des recherches, en collaboration avec l'université North-Western aux États-Unis, pour pouvoir fournir les meilleurs soins possibles et comprendre au mieux le vécu de ces patients.

« Nous avons mis des ressources supplémentaires à la disposition de tous les patients qui ont accepté de participer à cette étude, pour qu'ils documentent leurs problèmes et que nous puissions mener ensuite des recherches à leur sujet. Nous disposons d’un personnel dédié au centre post-COVID. Nous avons également une ligne téléphonique dédiée - 09023309196 - à l’écoute des patients 24 heures sur 24 et prête à leur apporter de l'aide. La consultation clinique post-COVID du LUTH a lieu tous les mercredis à 12h00, mais nous sommes toujours disponibles pour nous occuper des patients en dehors des jours de consultation ».

« C'est ce qui se passe également au centre de santé d'Ipakodo », constate Omotolani Solarin. Cette infirmière, qui travaille comme agent de santé communautaire au centre de vaccination contre la COVID-19, reconnaît qu’ils font la même la même chose à Ipakodo qu’au centre post-COVID de Lagos.

Ipakodo Healthcare signage


« Nous enregistrons tous les symptômes dont se plaignent les patients atteints de COVID longue », explique-t-elle. « Nous leur demandons ce qu'ils ressentent et leur suggérons des tests pour en savoir plus sur ces symptômes et éventuellement exclure d'autres causes qui pourraient en être à l’origine. Nous effectuons des analyses de sang, vérifions leur pression artérielle et leur rythme cardiaque ; nous leur faisons passer une radiographie du thorax et mesurons leurs niveaux d'oxygène. Nous les envoyons ensuite chez le médecin pour qu'il les suive ou qu’il les oriente vers un spécialiste responsable du symptôme particulier dont ils souffrent. »

« Ce que nous faisons également, et qui est très important, ce sont des sessions d’information sur la COVID lors de nos journées de vaccination », ajoute-t-elle. « Nous leur parlons de l'importance du vaccin et nous leur parlons de la COVID longue ; nous leur disons de ne pas en avoir peur, car nous faisons en sorte que tout le monde soit bien pris en charge. Beaucoup d'entre eux sont encore victimes de stigmatisation. En tant qu'agent de santé, j'ai été confrontée à la même chose au plus fort de la pandémie de COVID-19 ; tout le monde m’évitait, mais ça va mieux maintenant ».

« Nous n’en avons pas fini. Mais personne ne sera abandonné face à la COVID longue tant que nous serons là », conclut Omotolani Solarin.