Une nouvelle ère d’appropriation par les pays : Gavi lance ses premiers budgets vaccinaux pour les pays
Plus simples, plus transparents et pensés pour donner aux pays les moyens de piloter leurs investissements, les budgets vaccinaux de Gavi marquent une avancée majeure pour la santé mondiale.
- 12 mars 2026
- 4 min de lecture
- par Sania Nishtar
En bref
- Gavi a introduit de nouveaux budgets vaccinaux pour les pays partenaires. Ils disposent désormais d’un budget unique, d’une subvention en espèces unique, obtenus via un seul processus de demande et gérés au moyen d’un système entièrement numérisé de gestion des subventions.
- Ce processus simplifié et transparent constitue un élément central du Gavi Leap, le programme de réforme de Gavi, ce qui signifie moins de temps consacré à la bureaucratie et une plus grande appropriation par les pays de la manière dont ils investissent les fonds de Gavi.
- Les budgets vaccinaux contribuent à garantir que l’ensemble des ressources disponibles de Gavi est réparti de manière équitable et prévisible, en fonction des besoins, plutôt que selon le principe du premier arrivé, premier servi.
La semaine dernière, notre programme de réforme Gavi Leap a franchi une étape importante. Fidèles à notre ambition de simplifier radicalement la manière dont nous travaillons avec les pays et de placer davantage l’appropriation entre leurs mains, nous avons envoyé des lettres aux 56 pays soutenus par Gavi pour leur présenter leur budget vaccinal pour les cinq prochaines années.
L’introduction des budgets vaccinaux, ainsi que d’autres éléments de la réforme Gavi Leap, est l’aboutissement d’un processus de 12 mois visant à repenser entièrement la manière dont nous décaisseons les financements destinés aux pays.
Au lieu d’une multitude de subventions distinctes pour chaque vaccin, chacune avec ses propres calendriers et procédures de demande, les pays reçoivent désormais un budget unique et une subvention en espèces unique, obtenus via un seul processus de demande et gérés par un système entièrement numérisé de gestion des subventions.
En plus d’une visibilité à long terme sans précédent sur leurs ressources financières consacrées à la vaccination, les pays disposent également d’une flexibilité beaucoup plus grande quant à l’allocation de leur budget disponible. Chaque budget vaccinal comprend une enveloppe de financement que les pays peuvent utiliser pour prioriser les vaccins du portefeuille de Gavi de leur choix, conformément à leurs stratégies nationales. C’est une première pour Gavi.
Pour aller plus loin
Le fait de donner aux pays une visibilité à l’avance sur le montant de leur budget vaccinal pour les cinq prochaines années aide les gouvernements nationaux à planifier de manière stratégique. Cela permet également de garantir que l’ensemble des ressources disponibles de Gavi est réparti de manière équitable et prévisible en fonction des besoins, plutôt que selon le principe du premier arrivé, premier servi. Tous les pays disposent de la même visibilité dès le début du processus, et aucun ne sera désavantagé ou avantagé de manière injuste en fonction de sa place dans la file des demandes.
Et avec moins de demandes à soumettre, moins de systèmes à naviguer et moins d’exigences administratives, les pays peuvent consacrer moins de ressources à la bureaucratie et davantage à l’amélioration des services de santé en première ligne.
Comment fonctionnent les budgets consacrés aux vaccins ?
Chaque budget vaccinal se compose de deux éléments distincts.
Le premier est un budget garanti qui couvre les engagements de Gavi pour certains programmes de vaccination essentiels et certaines campagnes de vaccination préventive. Il vise à donner aux pays la certitude qu’ils peuvent planifier en toute confiance leurs activités essentielles de vaccination pour les années à venir.
En complément, les pays reçoivent également un budget discrétionnaire qu’ils peuvent investir dans des programmes supplémentaires correspondant à leurs propres stratégies et à leurs besoins.
Afin de garantir que les allocations restent équitables, transparentes et fondées sur l’impact sanitaire dans un contexte de ressources limitées, la méthodologie utilisée pour calculer les budgets repose sur les taux nationaux de mortalité des enfants de moins de cinq ans comme indicateur des besoins de santé, ainsi que sur des facteurs économiques, notamment le revenu national et la capacité budgétaire.
Pour renforcer encore la solidité du processus, nous mettons en place un système de seuils minimums et de plafonds afin de garantir que les pays à plus faible revenu reçoivent le soutien dont ils ont besoin et qu’aucun pays ne reçoive plus que sa juste part.
Une nouvelle approche de la coopération au développement
Dans un récent Viewpoint publié dans The Lancet, j’ai soutenu que l’architecture mondiale de la santé a un besoin urgent de réforme, et que cette réforme devrait s’appuyer sur les quatre principes qui sous-tendent notre propre Gavi Leap : une approche centrée sur les pays ; l’autonomie nationale ; des mandats ciblés ; et des durées de vie institutionnelles limitées.
La crise actuelle du financement de la santé mondiale offre aux initiatives de santé mondiale une occasion historique de travailler ensemble pour créer un système efficace, ciblé et libéré de la fragmentation, de l’élargissement incontrôlé des missions et de la concurrence entre institutions. Un tel système, guidé par un objectif clair de simplification radicale, doit être capable de concilier, d’une part, la nécessité d’une coopération multilatérale pour améliorer les résultats sanitaires et l’équité en matière de santé et, d’autre part, l’aspiration des pays à une pleine souveraineté et à une plus grande autonomie sur les questions de santé.
Grâce au Gavi Leap et à l’introduction des budgets vaccinaux, nous espérons contribuer à cet objectif.