Quand les systèmes de santé sont fragmentés, les femmes en paient le prix. Le Gavi Leap peut réduire ces inégalités

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la Dre Sania Nishtar explique comment des systèmes de santé moins fragmentés pourraient lever certains des principaux obstacles qui empêchent encore les femmes d’accéder aux soins dans de nombreux pays à faible revenu.

  • 10 mars 2026
  • 3 min de lecture
  • par Sania Nishtar
Gavi CEO Dr Sania Nishtar meets with a mother and child in the Barumbu Mother & Child Centre, Kinshasa, Democratic Republic of the Congo. Credit: Christian Mokili/2025
Gavi CEO Dr Sania Nishtar meets with a mother and child in the Barumbu Mother & Child Centre, Kinshasa, Democratic Republic of the Congo. Credit: Christian Mokili/2025
 

 

Trop souvent, les femmes paient le prix de systèmes de santé fragmentés

Lorsque j’étais médecin en formation au Pakistan, j’ai immédiatement été frappée par l’inégale répartition des responsabilités entre les femmes et les hommes lorsqu’il s’agit de chercher des soins pour les membres de la famille. Dans de nombreux pays, les normes de genre font que c’est souvent à la femme qu’il revient, par exemple, d’emmener les enfants se faire vacciner. Pourtant, comme je l’explique dans l’annexe de mon dernier article publié dans The Lancet, pour les femmes vivant dans des pays à faible revenu, accéder à des services essentiels comme la vaccination peut simplement signifier devoir surmonter toute une série d’obstacles liés au genre.

Les mères ne devraient pas avoir à porter le poids d’un système défaillant simplement parce qu’elles veulent offrir la meilleure protection possible à leurs enfants.

Imaginons une jeune mère qui, pour accéder à des soins essentiels pour sa famille, doit renoncer à une journée de salaire et entreprendre un trajet éprouvant avec ses jeunes enfants. Elle peut être confrontée à une chaleur extrême, à des infrastructures défaillantes et à de nombreux défis logistiques pour atteindre le centre de santé.

Si elle pouvait accéder à l’ensemble des interventions de santé essentielles en une seule visite, elle bénéficierait non seulement de meilleurs résultats de santé pour elle-même et sa famille, mais elle éviterait aussi les coûts et les risques liés à un autre trajet difficile et à une nouvelle perte de revenus. Mais la réalité est souvent plus dure : elle, comme tant d’autres femmes, paie le prix de systèmes de santé fragmentés. Au lieu de pouvoir accéder à un ensemble de services essentiels en un seul point de soins, beaucoup de femmes doivent naviguer dans un paysage de services de santé complexe et déroutant. Des interventions essentielles comme la vaccination des enfants et la nutrition, par exemple, ne sont pas toujours intégrées et peuvent nécessiter des démarches parallèles auprès de différents prestataires, dans des lieux différents.

Converger au dernier kilomètre

La fragmentation des systèmes de santé n’est pas une fatalité, et elle ne devrait pas l’être. Chez Gavi, l’Alliance du Vaccin, un élément clé de notre programme de réforme, le Gavi Leap, vise précisément à faciliter la vie des mères. Les mères ne devraient pas avoir à porter le poids d’un système défaillant simplement parce qu’elles veulent offrir la meilleure protection possible à leurs enfants.

Nous avons déjà radicalement simplifié nos processus de financement afin d’offrir aux pays davantage de flexibilité dans les modèles de prestation de la vaccination, ainsi que dans la manière dont le soutien de Gavi est déployé pour renforcer les systèmes de santé. Nous renforçons également les partenariats au dernier kilomètre afin d’atteindre et de protéger davantage d’enfants, y compris ceux vivant dans des contextes fragiles et humanitaires.

Plutôt que de dupliquer le travail d’autres organisations, Gavi optimise les synergies grâce à la collaboration, en s’appuyant sur ses avantages comparatifs dans la structuration des marchés, les achats groupés et les mécanismes de financement innovants afin de sauver des vies et de renforcer la sécurité sanitaire mondiale.

Lors de mon récent déplacement au Soudan, j’ai rencontré des mères confrontées au conflit, au déplacement et à un accès fragmenté aux services de santé. J’ai été frappée par leur détermination et leur résilience, et j’ai vu leur soulagement en constatant que des vaccins financés par Gavi étaient disponibles dans une clinique mobile installée au milieu du désert, à la périphérie de Port-Soudan. Ce sont ces familles que Gavi a été créé pour servir. Et au Soudan, comme dans tous les autres pays soutenus par Gavi, nous continuerons à travailler étroitement avec les gouvernements et les partenaires pour lever les obstacles à l’accès aux vaccins en contribuant à bâtir des systèmes de santé solides et résilients.