Vaccins contre le VPH : ce que montrent deux décennies de recherche
Après avoir analysé des centaines d’études et plus de 20 ans de données, une revue indépendante conclut que les vaccins contre le VPH sont sûrs et efficaces pour prévenir le cancer du col de l’utérus.
- 11 mai 2026
- 4 min de lecture
- par Linda Geddes
En bref
- Des chercheurs du Vaccine Integrity Project ont analysé des centaines d’études publiées sur plus de vingt ans afin de réévaluer l’innocuité et l’efficacité des vaccins contre le VPH, et d’examiner les données de plus en plus nombreuses suggérant qu’un nombre réduit de doses pourrait offrir une forte protection.
- Cette analyse confirme les données établies de longue date montrant que les vaccins contre le VPH sont très sûrs et efficaces pour prévenir les infections persistantes au VPH, les lésions précancéreuses du col de l’utérus et le cancer du col de l’utérus, sans mettre en évidence de lien crédible avec des risques graves pour la santé à long terme.
- Les résultats suggèrent également qu’une seule dose de vaccin pourrait offrir, chez les femmes, une protection comparable à celle des schémas vaccinaux traditionnels à plusieurs doses pour les principaux indicateurs étudiés.
Plus de 20 ans après l’introduction des premiers vaccins contre le VPH, une vaste revue des données vient renforcer l’un des grands succès de la santé publique : la prévention de l’une des principales causes de décès par cancer chez les femmes.
Cette analyse indépendante menée par le Vaccine Integrity Project – une initiative du Center for Infectious Disease Research and Policy de l’Université du Minnesota – a passé en revue des décennies de données venues du monde entier, notamment 121 études publiées entre septembre 2024 et janvier 2026.
Elle conclut que les vaccins contre le VPH sont sûrs et très efficaces pour prévenir le cancer du col de l’utérus, les lésions précancéreuses et les infections persistantes au VPH, tandis que des données émergentes suggèrent également une protection contre d’autres cancers et lésions précancéreuses liés au VPH.
Elle vient aussi renforcer les données de plus en plus nombreuses indiquant qu’une seule dose de vaccin pourrait offrir une protection comparable à celle des schémas traditionnels à deux ou trois doses contre les infections persistantes au VPH et les lésions précancéreuses du col de l’utérus.
« Cette revue confirme ce que des décennies de recherche sur la vaccination contre le VPH ont montré : les vaccins contre le VPH sont extrêmement sûrs et très efficaces pour prévenir l’une des principales causes de décès par cancer chez les femmes dans le monde », a déclaré Emily Kobayashi, Directrice des programmes de vaccination à Gavi, l’Alliance du Vaccin.
« Les pays qui ont introduit le vaccin avec le soutien de Gavi ces dernières années peuvent s’attendre à une forte baisse des infections au VPH, des lésions précancéreuses et des cancers, à condition de maintenir leur engagement en faveur de ces programmes. »
Pourquoi les chercheurs ont-ils passé en revue les données sur les vaccins contre le VPH ?
Approuvés pour la première fois en 2006, les vaccins contre le VPH sont aujourd’hui utilisés par plus de 128 pays dans le monde comme outil essentiel de prévention du cancer du col de l’utérus.
Dans les pays qui les ont adoptés tôt, les données en conditions réelles montrent de plus en plus clairement une chute spectaculaire des taux de maladies du col de l’utérus.
Parallèlement, les chercheurs continuent d’étudier la meilleure façon d’administrer ces vaccins, notamment pour déterminer si une seule dose suffit réellement à assurer une protection durable contre le VPH et les maladies qu’il provoque.
« Alors que les sociétés médicales définissent leurs recommandations vaccinales, cette revue offre l’évaluation la plus à jour des données disponibles sur l’innocuité et l’efficacité des vaccins contre le VPH », a déclaré la Dre Angela Ulrich, directrice de recherche au CIDRAP, qui a dirigé cette revue.
Les chercheurs ont combiné les données issues de 121 nouvelles études évaluées par les pairs, publiées entre septembre 2024 et janvier 2026, portant sur l’innocuité et l’efficacité des vaccins contre le VPH, ainsi que sur leur capacité à stimuler une protection immunitaire. Ils les ont mises en regard de 153 études prises en compte dans deux grandes revues publiées en 2025 par la Cochrane Collaboration, un réseau international indépendant qui examine les données médicales.
L’analyse s’est concentrée sur les vaccins contre le VPH actuellement ou précédemment autorisés aux États-Unis, notamment Cervarix et Gardasil, qui sont largement utilisés dans les programmes de vaccination soutenus par Gavi dans les pays à faible revenu.
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Que dit la science sur les vaccins contre le VPH ?
La revue a conclu que les vaccins contre le VPH demeurent très sûrs et efficaces pour prévenir les infections persistantes au VPH, les lésions précancéreuses du col de l’utérus et le cancer du col de l’utérus.
Les personnes vaccinées présentaient un risque de développer un cancer du col de l’utérus réduit d’environ 65 %, avec une protection encore plus marquée chez celles vaccinées à l’âge de 16 ans ou avant.
Elle n’a trouvé aucune donnée crédible établissant un lien entre la vaccination et des événements indésirables graves, notamment l’infertilité, les complications de grossesse, les affections neurologiques ou d’autres risques pour la santé à long terme, confirmant ainsi le solide profil d’innocuité établi par de précédentes études de grande ampleur.
Point important, elle a également mis en évidence des données de plus en plus nombreuses suggérant qu’une seule dose de vaccin pourrait offrir une protection comparable à celle des schémas traditionnels à plusieurs doses, sans différence significative en matière d’innocuité, d’issue de grossesse ou de protection contre les infections persistantes au VPH après cinq ans de suivi.
Les chercheurs ont toutefois indiqué que des données supplémentaires restaient nécessaires sur la durée de la protection conférée par une dose unique, en particulier chez les hommes et pour les maladies liées au VPH autres que le cancer du col de l’utérus.
« Les données montrent à quel point la vaccination contre le VPH est importante pour prévenir les infections persistantes au VPH qui peuvent entraîner un cancer », a déclaré Angela Ulrich.
« Cette revue contribue également à renforcer l’ensemble des données en faveur d’un schéma à une seule dose, tout en reconnaissant les domaines dans lesquels des données supplémentaires sont encore nécessaires, notamment sur la durée de cette protection à long terme et sur son efficacité pour prévenir certains types de cancers, en particulier chez les hommes. »
Ces résultats renforcent la confiance dans les programmes de vaccination contre le VPH dans le monde entier et suggèrent que des schémas plus simples, à dose unique, pourraient rendre les campagnes de vaccination moins coûteuses, plus faciles à mettre en œuvre et plus accessibles, en particulier dans les pays à faible revenu, où la mortalité liée au cancer du col de l’utérus reste la plus élevée.