Quatre cancers sur dix sont évitables, selon l’OMS

Une nouvelle analyse, publiée en amont de la Journée mondiale contre le cancer, montre que la vaccination contre le virus du papillome humain constitue l’un des principaux leviers pour réduire l’incidence globale des cancers.

  • 6 février 2026
  • 3 min de lecture
  • par Priya Joi
Vaccin contre le VPH. Gavi/2025/Wilson Photographer
Vaccin contre le VPH. Gavi/2025/Wilson Photographer
 

 

En bref

  • Sur les 18,7 millions de cas de cancer recensés dans le monde en 2022, 7,1 millions auraient pu être évités, selon le nouveau rapport.
  • Parmi les facteurs de risque évitables figurent les pollutions environnementales, certains comportements comme le tabagisme ou la consommation d’alcool, et — pour la première fois dans ce rapport — des infections telles que le virus du papillome humain (VPH).
  • Responsable de la quasi-totalité des cancers du col de l’utérus, le VPH peut être prévenu par la vaccination, qui constitue un levier majeur pour faire reculer le nombre de cancers évitables.

La Journée mondiale contre le cancer s’accompagne d’un message clair : une part considérable de la charge mondiale du cancer pourrait être réduite en éliminant des facteurs de risque tels que l’alcool et le tabac, ainsi qu’en vaccinant contre les causes infectieuses du cancer comme le VPH.

Une nouvelle analyse de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) estime que 7,1 millions des 18,7 millions de cas de cancer en 2022 étaient dus à 30 facteurs de risque évitables, incluant — pour la première fois dans ce rapport — des causes infectieuses.

Selon le lieu de résidence, jusqu’à 38,2 % des cancers chez les femmes et 57,2 % chez les hommes étaient liés à ces expositions évitables, les cancers du poumon, de l’estomac et du col de l’utérus représentant à eux seuls près de la moitié de l’ensemble des cas potentiellement évitables.

Chez les femmes, les infections constituaient la principale cause de cancers évitables dans la plupart des pays, devant le tabagisme et l’excès de poids. La plus grande part des cancers évitables était liée au VPH.

Selon les dernières estimations, plus de 20 millions de nouveaux cas de cancer et près de 10 millions de décès liés au cancer ont été enregistrés en 2022, les projections indiquant une augmentation de 50 % des nouveaux cas d’ici 2040 si les tendances actuelles se poursuivent.

Le Dr André Ilbawi, responsable de l’équipe Cancer à l’OMS et coauteur de l’étude, a déclaré à VaccinesWork : « Cette étude de l’OMS sur les facteurs de risque du cancer a inclus pour la première fois les infections afin de montrer à quel point de nombreux cancers sont évitables, et de souligner que des virus comme le VPH constituent une cause majeure — mais évitable — de maladie. La vaccination contre le VPH, pilier central de la stratégie mondiale visant à éliminer le cancer du col de l’utérus, est un moyen puissant et éprouvé de protéger des générations entières contre un cancer que personne ne devrait avoir à affronter. »

Les infections prises en compte pour la première fois

Le rapport classe les causes du cancer en quatre catégories de risques : comportementaux, environnementaux, professionnels et infectieux. La composante infectieuse est particulièrement notable.

Trois cancers — du col de l’utérus, de l’estomac et du poumon — représentent à eux seuls la moitié des cancers évitables, et deux d’entre eux ont des causes infectieuses. La quasi-totalité des cancers du col de l’utérus est causée par une infection par le virus du papillome humain (VPH), et la majorité des cancers de l’estomac par des infections telles que Helicobacter pylori.

Chez les femmes, les infections constituaient la principale cause de cancers évitables dans la plupart des pays, devant le tabagisme et l’excès de poids. La plus grande part des cancers évitables était liée au VPH.

Chez les hommes, le tabagisme (responsable notamment du cancer du poumon) reste le facteur dominant, mais les infections demeurent des contributeurs majeurs, en particulier via les cancers du foie et de l’estomac liés aux virus des hépatites et à Helicobacter pylori.

Intégrer les infections dans le même cadre que le tabac ou la pollution de l’air pourrait transformer la manière de penser la prévention du cancer, en soulignant que le dépistage et des vaccins comme celui contre le VPH sont des outils clés pour réduire le nombre de cancers à l’avenir.

Accroître la couverture vaccinale contre le VPH

À l’échelle mondiale, on estimait à 660 000 le nombre de cas de cancer du col de l’utérus en 2022, une charge qui pèse de manière disproportionnée sur les femmes des pays à revenu faible et intermédiaire. Quatre-vingt-quatorze pour cent des 350 000 décès annuels dus à ce cancer surviennent dans ces pays.

Les vaccins contre le VPH préviennent l’infection par les types de virus responsables de la majorité des cancers du col de l’utérus, tandis que le dépistage fondé sur le VPH permet d’identifier précocement les lésions précancéreuses.

Puisque la majorité des cancers sont évitables, les auteurs estiment que leurs résultats renforcent l’urgence d’une prévention efficace, fondée sur un engagement politique durable et des investissements à long terme.