Une mpox longue ? Une étude montre que le virus pourrait causer des problèmes de santé bien après la fin de l’éruption cutanée
D’après une étude, des cicatrices et des problèmes intestinaux, urinaires et sexuels persistent plus d’un an après l’infection au clade II de la mpox.
- 23 janvier 2026
- 5 min de lecture
- par Linda Geddes
En bref
- Durant l’épidémie mondiale de mpox en 2022-2023, les travaux cliniques se sont largement concentrés sur les effets immédiats de la maladie – éruptions cutanées douloureuses, fièvre et hospitalisation occasionnelle – sans connaître véritablement ses effets à plus long terme.
- Une nouvelle étude publiée dans les Annals of Internal Medicine a évalué 154 personnes infectées au clade IIb de la mpox entre un et 18 mois après leur diagnostic. Cinquante-huit pour cent d’entre elles présentaient au moins un effet physique durable, le plus souvent des cicatrices, tandis que 13 % rapportaient des problèmes persistants tels que des troubles du contrôle intestinal ou urinaire, ou des dysfonctionnements sexuels.
- Les résultats de l’étude suggèrent que la mpox n’est pas toujours une maladie de courte durée. Un suivi à plus long terme peut être nécessaire, notamment des soins dermatologiques, psychosociaux et de santé sexuelle, parallèlement à la poursuite des efforts de prévention contre l’infection.
La mpox ne passe généralement pas inaperçue. Au départ, cette maladie peut se manifester par de la fièvre ou de l’épuisement, mais c’est l’éruption cutanée qui marque les esprits : des lésions douloureuses et boursouflées qui peuvent s’étendre sur l’ensemble du corps, souvent concentrées sur les parties génitales et sur l’anus, et parfois sur le visage.
Pour certains patients touchés durant l’épidémie de mpox de 2022–2023, la douleur était si intense que le simple fait de s’asseoir, d’uriner ou de dormir était devenu un supplice, les contraignant à l’hospitalisation.
Il y a peu encore, on présumait qu’une fois l’éruption cutanée guérie, le pire était passé. Pourtant, une nouvelle étude suggère que pour une minorité conséquente, la mpox ne se termine pas quand tombe la dernière croûte.
Une année ou plus après l’infection, une proportion notable de patients gardent encore des cicatrices et, dans certains cas, souffrent de problèmes persistants au niveau de leurs fonctions intestinales, vésicales et sexuelles.
L’épidémie de mpox de 2022-2023 est attribuable à une souche du virus connue sous le nom de clade IIb, qui s’est principalement propagée par contact physique étroit, en particulier parmi les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes dans des pays où la mpox n’était pas endémique auparavant.
Lorsque l’Organisation mondiale de la Santé a déclaré la fin de l’urgence de santé publique en mai 2023, plus de 87 000 cas et 140 décès avaient été signalés dans 111 pays.
On présumait qu’une fois l’éruption cutanée guérie, le pire était passé. Pourtant, une nouvelle étude suggère que pour une minorité importante, la mpox ne se termine pas quand tombe la dernière croûte.
Quelles sont les conséquences à long terme de l’infection à la mpox ?
Aux côtés de ses collègues et des Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies, le docteur Preetam Cholli a entrepris d’étudier les effets plus durables de la mpox sur l’apparence physique et la santé générale des personnes touchées.
L’étude a porté sur 154 adultes américains ayant reçu un diagnostic de mpox entre mai 2022 et janvier 2023. Des enquêtes et des examens physiques ont été menés entre 11 et 18 mois après l’infection, puis les résultats ont été comparés avec ceux de 201 adultes exposés au même risque d’infection à la mpox, mais n’ayant jamais été infectés par le virus.
L’étude, publiée dans les Annals of Internal Medicine, a conclu que 58 % des personnes qui avaient été infectées à la mpox souffraient encore d’au moins un effet physique persistant, majoritairement des cicatrices sur les zones où se trouvaient auparavant les lésions.
Ces zones comprenaient notamment le pénis et le tissu cutané qui l’entoure, l’aine et la région pelvienne, le visage et les oreilles, ainsi que le tronc et les membres supérieurs. La majorité des personnes examinées comptaient moins de dix cicatrices, généralement regroupées sur une ou deux zones du corps.
Mais l’aspect esthétique ne représente qu’une partie du tableau. Treize pour cent des personnes ont signalé des troubles d’ordre fonctionnel persistants, notamment des difficultés à aller à la selle, des symptômes urinaires, des douleurs chroniques et, dans un petit nombre de cas, des atteintes neurologiques ou visuelles.
Dix-huit pour cent ont déclaré avoir perdu leur emploi parce qu’ils avaient contracté la mpox ou avoir dû changer d’emploi parce qu’ils n’étaient plus en mesure d’exercer le même travail après l’infection, tandis que 8 % ont signalé s’être vu refuser un emploi parce qu’ils avaient contracté la mpox.
Parmi les problèmes les plus fréquemment signalés, les difficultés persistantes à aller à la selle ou l’incontinence fécale touchaient environ 6,5 % des personnes (10 sur 154), suivies par les difficultés à uriner ou l’incontinence urinaire, qui touchaient 4,5 % d’entre elles (7 sur 154).
Malgré cela, près de neuf personnes sur dix ayant guéri de la mpox ont estimé que leur état de santé général était bon, très bon ou excellent lors de leur évaluation. Seuls quelques participants ont rapporté avoir encore certains besoins en matière de santé, recourant par exemple à des aides à la mobilité ou à des services de physiothérapie ou de soutien en santé mentale.
D’autre part, les retombées sociales à long terme sont courantes : près de la moitié des personnes interrogées ont déclaré que la mpox affectait encore leur vie sociale. Une personne sur cinq a rapporté des difficultés persistantes d’ordre sexuel, et 6 % ont affirmé que la mpox avait impacté leur travail.
« Certains participants de l’étude ont déclaré faire l’objet d’une stigmatisation liée à la mpox : 30 % se sont sentis blessés par la réaction de leur entourage à l’annonce de leur diagnostic, et 22 % ont signalé que certaines personnes hésitaient à les côtoyer depuis leur diagnostic », affirment les chercheurs.
Pour aller plus loin
« Par ailleurs, 18 % ont déclaré avoir perdu leur emploi parce qu’ils avaient contracté la mpox ou avoir dû changer d’emploi parce qu’ils n’étaient plus en mesure d’exercer le même travail après l’infection, tandis que 8 % ont signalé s’être vu refuser un emploi parce qu’ils avaient contracté la mpox.
Les personnes marquées par des cicatrices persistantes ou une décoloration de la peau étaient davantage susceptibles de signaler des répercussions négatives sur leur vie sociale que celles qui n’en présentaient pas, tandis que celles qui souffraient de problèmes physiques persistants étaient près de cinq fois plus susceptibles de signaler des problèmes d’ordre sexuel.
Que signifient ces résultats pour les personnes qui se remettent de la mpox ?
La mpox reste un problème de santé publique. En 2024, l’Organisation mondiale de la Santé a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale en réponse à la forte augmentation de cas liés au clade I de la mpox en République démocratique du Congo et dans les pays voisins.
Malgré la levée du statut d’urgence sanitaire en septembre 2025 à la suite de la baisse des cas, « l’épidémie a encouragé de nouveaux travaux de recherche sur les séquelles à long terme du clade I de la mpox », ont déclaré les chercheurs. Bien que leur étude se soit concentrée sur le clade IIb, ils soulignent que leurs conclusions fournissent des informations précieuses sur le type de répercussions physiques et psychosociales durables que le virus peut provoquer.
Par ailleurs, le clade IIb – la souche à l’origine de l’épidémie mondiale de 2022–2023 – continue de circuler à de faibles niveaux dans de nombreux pays, provoquant des cas sporadiques, mais sans plus entraîner de grandes épidémies internationales.
Ces conclusions récentes suggèrent que la mpox n’est pas toujours une maladie de courte durée. D’après les auteurs de l’étude, certains patients pourraient bénéficier d’un suivi à plus long terme, notamment en cas de cicatrices, de problèmes d’ordre sexuel et de répercussions psychosociales, tout en poursuivant les efforts pour prévenir l’infection.
Davantage de Linda Geddes
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